La bataille pour le contrôle politique du Gôh en 2028 n’attendra pas l’échéance. Abel Djohoré Gbakayoro, ancien député d’Ouragahio-Bayota et actuel Président du Conseil d’administration de l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences (Aigf), monte au créneau. Visé par des attaques récurrentes sur son passé dans la rébellion, le cadre du Rhdp a décidé d’asséner ses coups.
Par Bosco de Paré
Dans une sortie sur les réseaux sociaux, l’ancien parlementaire évite de citer nommément ses détracteurs, mais le message est limpide. À ceux qui brandissent son passé pour plomber ses ambitions régionales, il oppose une fin de recevoir. « Nous voulons apporter le développement à notre région et certains parlent de rébellion », tranche-t-il, avant de recadrer ses troupes : « Ne leur répondez pas, ne vous expliquez pas, ils sont à court d’arguments ». Mais Abel Djohoré ne compte pas tendre l’autre joue. Il promet une mise au point musclée autour de cinq questions bien ciblées. « Qui a fait quoi pour qui ? Qui a aidé qui ? Qui a risqué sa carrière politique pour qui ? » Interroge-t-il, avant de rafraîchir les mémoires sur un épisode précis : « Qui est resté dans les locaux de la P.J de 9h à 17h pour faire sortir qui des griffes de la P.J ? » Et de porter le coup de grâce financier : « Qui a réglé les primes des scrutateurs de qui ? »
L’ancien député de Ouragahio-Bayota hausse le ton et prévient les bénéficiaires d’hier devenus amnésiques aujourd’hui. « Rien ne sera passé en pertes et profits désormais. La reconnaissance est une dette morale. Plus tu l’exprimes, léger est ton fardeau », estime-t-il, puis d’avertir : les « héros des temps de paix » et les « profiteurs éhontés » devront répondre de leurs « forfaitures nauséabondes ». « Nous parlerons et le peuple de Gagnoa jugera », assène le cadre du parti présidentiel.
Cette offensive intervient alors qu’Abel Djohoré vise ouvertement la présidence du Conseil régional du Gôh lors des élections locales de 2028. Une position qui aiguise déjà les appétits, y compris au sein de sa propre famille politique. Pour éviter que le débat sur son passé ne pollue sa marche vers le Conseil régional, le Président du conseil d’administration de l’Aigf demande à ses partisans de garder le cap. « Soyez sereins, concentrés sur l’objectif qui est à notre portée », invite-il, avant de lancer ce qui ressemble à un vrai slogan de précampagne : « 2028, c’est maintenant ».
En rappelant les services rendus et les loyautés d’hier, Abel Djohoré pose ses conditions et prépare le terrain. Le ton est donné, les hostilités sont désormais ouvertes dans le Gôh.