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Attaques contre Tidjane Thiam, reconquête d’Okrouyo, hommage à Djédjé Mady : Zadi Zadi Patrick (Cadre du Pdci-Rda) dit tout

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Face aux attaques répétées visant la direction du Pdci-Rda et après une période d’observation, Zadi Zadi Patrick monte au créneau. Le cadre et conseiller régional de la Nawa appelle à l’union sacrée des cadres, jeunes et femmes du plus ancien parti de Côte d’Ivoire. Tirant les leçons de sa défaite à Okrouyo, il fixe le cap pour sortir le parti des querelles de clocher.

Par Fidès Symphorien

Avant d’aborder l’actualité politique, le Pdci-Rda vient de perdre une grande figure en la personne du Professeur Alphonse Djédjé Mady. Quel hommage souhaitez-vous lui rendre ?

Je m’incline avec respect et émotion devant la mémoire du Professeur Alphonse Djédjé Mady. Sa disparition est une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour le Pdci-Rda. J’ai eu l’honneur de connaître le Professeur Djédjé Mady. Au-delà de l’homme politique et des fonctions qu’il a exercées, j’ai découvert un homme d’expérience, de conviction, de rigueur et de devoir, attaché à la transmission et à l’intérêt supérieur du parti et du pays. Ministre de la santé, Secrétaire général du Pdci-Rda, Président du conseil régional du Haut-Sassandra, il a consacré une grande partie de sa vie au service de la Côte d’Ivoire. Sa disparition nous rappelle aussi que notre parti perd progressivement plusieurs de ses grandes figures historiques. Ce sont des pans entiers de notre mémoire politique qui s’en vont. À sa famille, à ses proches, aux populations du Haut-Sassandra et à toute la famille du Pdci-Rda, j’adresse mes condoléances les plus attristées. Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de préserver ce qu’il nous a légué et de préparer dignement la relève. Que Dieu lui accorde Sa miséricorde et qu’Il console sa famille.

Vous avez été un très actif soutien du Président Tidjane Thiam. Mais depuis les dernières législatives, vous avez choisi d’observer le silence. Pourquoi décidez-vous de rompre ce silence aujourd’hui ?

J’ai toujours considéré que le silence pouvait, dans certaines circonstances, être une forme de sagesse. Après les dernières législatives, j’ai donc fait le choix de prendre du recul, d’observer et d’écouter. Je voulais analyser ce qui s’était passé et en tirer les enseignements avec sérénité. Je ne voulais surtout pas que mes prises de parole soient perçues comme une réaction à une défaite personnelle ou comme la volonté de régler des comptes. Ce silence était donc un choix. Mais le silence ne signifie ni l’indifférence ni le renoncement à ses convictions. Aujourd’hui, le contexte est différent. Le débat politique s’est intensifié, le Président du Pdci-Rda fait l’objet d’attaques répétées et certaines polémiques risquent de nous éloigner de l’essentiel. Face à cette situation, je considère qu’il est devenu nécessaire de parler. François Mitterrand disait qu’il existe de bons silences, mais que certains silences, lorsqu’ils conduisent à taire l’essentiel, peuvent finir par désagréger une famille. Cette réflexion me paraît particulièrement pertinente pour notre famille politique. J’ai donc choisi de sortir de mon silence non pas pour alimenter les polémiques, mais pour contribuer à les dépasser. Je reprends la parole pour réaffirmer mon soutien total, entier et sans ambiguïté au Président Tidjane Thiam. Mais ce soutien n’est pas fondé sur une fidélité personnelle ou sur une logique de circonstance. Je soutiens une ambition qui dépasse sa personne : celle d’un Pdci-Rda rassemblé, capable de porter une vision et de reconquérir la confiance des Ivoiriens, et celle d’une Côte d’Ivoire réconciliée, apaisée, prospère et tournée vers l’avenir. Je sors donc de mon silence parce que je considère que ma responsabilité, aujourd’hui, est de contribuer au rassemblement, au travail et à la défense de ce qui me paraît essentiel.

Le Président du Pdci-Rda fait l’objet d’attaques répétées. Cela fragilise-t-il l’unité du parti et comment y répondre ?

En politique, il faut toujours privilégier le débat sur le fond. Lorsque le débat se transforme en attaques personnelles, nous nous éloignons des préoccupations essentielles des Ivoiriens. Nos compatriotes attendent de nous des réponses concrètes : des perspectives pour leur jeunesse, davantage de justice sociale, une amélioration de leurs conditions de vie et une vision claire pour l’avenir du pays. Notre responsabilité est donc de ne pas nous laisser enfermer dans les polémiques, les rumeurs et les divisions. Le Pdci-Rda est une grande famille politique. Il a traversé de nombreuses périodes difficiles et a toujours su préserver l’essentiel : ses valeurs, son identité et sa capacité à rassembler. Nous devons respecter les instances du parti et faire confiance à sa direction légitime. L’unité ne signifie pas que nous avons tous eu les mêmes parcours, ni que nous avons toujours eu les mêmes opinions. L’unité signifie que, lorsque l’intérêt supérieur du parti et de la Côte d’Ivoire est en jeu, nous savons nous retrouver autour de l’essentiel. Notre diversité doit être une richesse et non une source de division. Les divergences d’hier ne doivent pas devenir les divisions de demain. Nous avons besoin d’un Pdci-Rda rassemblé, discipliné, ouvert et surtout présent sur le terrain. Les attaques font du bruit pendant un temps. Mais, au bout du compte, ce sont les idées, le travail et notre capacité à répondre aux attentes des populations qui feront la différence.

Quel appel lancez-vous aux cadres, aux jeunes et aux femmes du parti ?

Aux cadres, j’appelle à la responsabilité, à la hauteur de vue et à l’exemplarité. Dans les périodes de tension, un cadre doit être une partie de la solution et jamais une partie du problème. Notre rôle ne consiste pas seulement à défendre nos propres positions. Nous devons être des acteurs de cohésion, de transmission et de rassemblement. Nous avons aussi le devoir de préparer l’avenir du parti et du pays. Aux jeunes, je dis : ne laissez personne vous détourner de votre avenir. Engagez-vous. Formez-vous. Travaillez. Prenez vos responsabilités et faites entendre vos propositions. Le renouvellement de la classe politique passera nécessairement par une nouvelle génération. Mais cette relève doit se construire sur la compétence, le mérite, le travail et la présence sur le terrain. Aux femmes, je rends hommage à leur engagement constant. Elles sont au cœur de la mobilisation et de la vie de notre parti. Leur proximité avec les familles et les communautés en fait des actrices essentielles de notre implantation. L’héritage houphouëtiste auquel nous sommes attachés repose sur le dialogue, la paix, le travail et la fraternité. Ce ne sont pas seulement des mots. C’est par nos actes que nous devons les faire vivre.

Au-delà des polémiques, quelle vision le Président Tidjane Thiam porte-t-il pour la Côte d’Ivoire ?

Je retiens la vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée, prospère et respectée, où chaque citoyen, quelle que soit son origine, sa région ou son appartenance politique, peut se sentir pleinement chez lui. Nous devons renforcer la culture du dialogue, consolider la justice sociale et faire en sorte que le développement bénéficie à l’ensemble du territoire. Il faut surtout remettre l’humain au cœur de l’action publique : une école de qualité, un système de santé accessible, des opportunités pour notre jeunesse et une agriculture mieux valorisée. Lors de son passage à Soubré en juin 2024, le Président Tidjane Thiam avait notamment insisté sur l’importance de l’Indice de développement humain. Cette approche me paraît fondamentale. Le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses infrastructures ou à ses grands chiffres économiques. Il se mesure aussi à la qualité de vie des populations, à l’accès aux services essentiels, à l’éducation, à la santé et aux opportunités offertes à chacun. C’est cette approche qui, à mes yeux, remet l’Ivoirien au centre de la politique.

Quels seraient, selon vous, les trois chantiers prioritaires pour réconcilier et développer la Côte d’Ivoire ?

Je retiens trois grandes priorités. Première priorité : la réconciliation nationale. Nous devons favoriser un dialogue politique sincère et inclusif afin d’apaiser durablement le climat politique et de créer les conditions d’échéances électorales sereines. Deuxième priorité : l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes. Notre jeunesse est une richesse considérable. Elle a besoin de formation, de financement, d’accompagnement et surtout de perspectives concrètes pour créer de la valeur et participer pleinement au développement du pays. Troisième priorité : le pouvoir d’achat et l’agriculture. Nous devons mieux soutenir nos producteurs, renforcer la transformation locale et permettre à ceux qui travaillent la terre de vivre dignement de leur activité. Parallèlement, la question du coût de la vie doit rester au cœur de nos préoccupations. Ces trois priorités sont liées : pas de développement durable sans cohésion sociale, et pas de cohésion durable sans perspectives pour la jeunesse. Ce sont des axes qui doivent être au cœur du projet de société que le PDCI-RDA prépare pour les Ivoiriens.

Vous étiez candidat indépendant aux dernières législatives à Okrouyo. Le Pdci-Rda a perdu le siège. Quels sont vos plans pour contribuer à sa reconquête ?

Il faut d’abord avoir l’humilité de tirer les enseignements de cette défaite. Une défaite doit être une occasion de comprendre, de corriger et de repartir plus fort. Mon expérience comme candidat indépendant à Okrouyo m’a permis de mieux connaître les réalités de la circonscription et les attentes de nos populations. J’ai beaucoup appris au contact du terrain, des jeunes, des femmes, des agriculteurs, des chefs de communauté et de l’ensemble des forces vives de la circonscription. Aujourd’hui, j’ai une responsabilité : contribuer à la reconquête du siège par le Pdci-Rda. Cette reconquête reposera sur trois choses. Le rassemblement, d’abord. Nous devons réunir toutes les forces du Pdci-Rda dans la circonscription. Les divergences d’hier ne doivent pas devenir les divisions de demain. Le terrain, ensuite. Il faut être présent dans les villages et les quartiers, écouter les populations, comprendre leurs difficultés et construire avec elles. La méthode, enfin. Nous devons proposer un projet concret pour Okrouyo : agriculture, infrastructures, services sociaux de base, emploi des jeunes, autonomisation des femmes et développement local. Je ne suis pas dans une logique de revanche personnelle. Je suis dans une logique de reconquête collective. La victoire ne sera celle ni d’un individu ni d’un clan. Elle sera celle du Pdci-Rda et surtout celle des populations d’Okrouyo. Au fond, ce que nous devons reconstruire à Okrouyo, c’est une relation de confiance durable entre le Pdci-Rda et les populations. Parce qu’une reconquête électorale durable ne se décrète pas. Elle se construit par la proximité, l’écoute, le travail et la confiance.

Quel est votre dernier mot ?

Je vous remercie de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer. Je sors du silence pour dire une chose simple : Le Pdci-Rda n’a pas besoin de divisions. Il a besoin de victoires. Et je considère que Tidjane Thiam est une véritable opportunité pour le Pdci-Rda et pour la Côte d’Ivoire. J’apporte donc au Président Tidjane Thiam un soutien total, entier et sans ambiguïté. Mais c’est un soutien de responsabilité : responsabilité de travailler, de mobiliser, d’écouter, d’être présent sur le terrain et de respecter tous ceux qui partagent ou non nos convictions. À la base militante, je dis simplement : Restons debout. Restons unis autour de notre Président. Et restons concentrés sur l’essentiel. Allons sur le terrain. Parlons aux Ivoiriens. Écoutons leurs préoccupations. Convainquons par nos propositions et par notre capacité à rassembler. Nous ne travaillons pas seulement pour gagner une élection. Nous travaillons pour servir la Côte d’Ivoire et préparer son avenir. La Côte d’Ivoire mérite que nous soyons à la hauteur de ses attentes.

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