Du 25 au 28 août 2026, Nairobi accueille la 6e Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD). Placée sous le thème : « De la fragmentation à l’influence : Faire progresser la position commune africaine », cette rencontre phare rassemble la société civile et des représentants gouvernementaux du continent autour d’une urgence commune : stopper le piège de l’endettement.
Par Bosco de Paré
Le constat dressé à l’ouverture est sans appel. En raison notamment de la non-convertibilité de ses monnaies, l’Afrique perd environ 5 milliards de dollars US (près de 2 810 milliards Fcfa) chaque année. Avec un niveau de dette atteignant 170 % et des taux d’intérêt frôlant les 10% bien supérieurs à ceux appliqués aux pays développés, le continent étouffe. Pire, l’Afrique verse chaque année 74,5 milliards de dollars US (environ 41 867 milliards Fcfa) de plus que les pays développés au seul titre du service de la dette, dont 28 milliards de dollars US (environ 15 700 milliards Fcfa) uniquement en intérêts.
Face à cette asphyxie financière, Barbara Kalima-Phiri, Présidente du Conseil d’administration de l’African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD), l’organisation initiatrice de l’événement, a appelé à un front uni des États africains. « La crise ne peut pas être celle d’un seul pays. La solidarité et la négociation sont nécessaires afin de trouver des solutions à la crise de la dette en Afrique », a-t-elle affirmé, avant de trancher d’un ton incisif : « L’Afrique ne doit pas négocier sa souveraineté. L’Afrique n’a pas besoin de permission pour exercer son pouvoir ».
Même son de cloche du côté de Institute for Social Accountability (TISA). Sa Directrice exécutive, Mme Diana Gichengo, a exhorté le continent à rompre définitivement avec la posture de subordonné face aux pays développés. « Nous devons parler fort. C’est l’esprit de la conférence. Nous devons nous réorganiser pour l’espace africain (…) Le futur de la dette africaine doit être écrit par les Africains (…) qui doivent agir comme des faiseurs de lois et pas des receveurs de lois ».