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Défense- Fofié Kouakou quitte le théâtre ivoirien, ce que l’on sait du célèbre chef du Fansara 110

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Martin Kouakou Fofié a rangé l’arme à gauche. Ce dimanche 9 août 2026, sans bruit et sans prévenir, la triste nouvelle du décès de Fofié est venue troubler la quiétude dominicale. Le communiqué de l’Etat -Major général des Armées fait mention du <<décès du Colonel-Major Fofié Kouakou, Commandant de la 2è Région Militaire de Daloa, survenu le dimanche 9 août 2026 des suites  d’une longue maladie.>>

<<Le programme des obsèques sera  communiqué ultérieurement>> a fait savoir le communiqué signé par le Général d’armée Lassina Doumbia, le Chef d’Etat-Major Général des Armées.

L’annonce de ce décès subit a créé une onde de choc chez tous ceux qui ont connu l’homme qui s’était révélé à la Côte d’ivoire, dès le 19 septembre 2002, date de déclenchement de la rébellion. Après avoir pris le contrôle des régions Centre, Nord et Ouest du pays, Fofié Kouakou devint le responsable de la sécurité de Korhogo. La ville était alors sous le commandement de l’adjudant-chef Messamba Koné. Avec pour adjoint commandant des opérations, l’adjudant-chef Ousmane Coulibaly dit Ben Laden pour sa barbe hirsute, frêle de corps, la voix fluette, le sens du commandement.

Après le commandement de Messamba Koné, il collabora avec le Cdt Diarrassouba avant de devenir le Commandant de la zone 10 des Forces Nouvelles. Celui qui décida de nommer son unité Fansara 110, en souvenir à la cellule 110 de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan [MACA] où il avait été enfermé lors de la purge de l armée par le général Robert Guéi.

Quand il subit la ruade des éléments pro-Ib, Ata Bibi Chérif, Koffi Kouadio, Kané Adama et bien d’autres, en difficulté, il lui a fallu l’intervention secourable de Hervé Touré et de la brigade mystique pour le sortir du bourbier. Le ratissage va connaître des débordements avec le ramassage de jeunes gens au quartier Dem, pour être enfermés dans les containers au camp CTK. Plusieurs en mourront. Une tache d’huile dans le parcours de cet homme affable qui vit le soldat au quotidien. Mais, plus tard, on saura que des civils proches des FN avaient saisi cette attaque pour opérer dans son dos et lui faire porter le chapeau en tant que premier responsable militaire de la zone 10.

Après la crise postélectorale de 2010, et suite à l’interpellation de Laurent Gbagbo, conduit à la résidence présidentielle de Korhogo, c est bien entendu lui qui a la lourde charge de veiller sur le précieux prisonnier jusqu’à son transfèrement à la prison de Scheveningen, à la Haye, aux Pays Bas. 

Il va atterrir à Daloa pour y prendre le commandement de la 2è Région Militaire. Fofié Kouakou était un homme de caractère mais humain. Il a su réorganiser la ville de Korhogo, déplacer les gares routières aux quatre points cardinaux. Là où les politiques avaient échoué, le fils du Zanzan avait imprimé sa marque d’agent de développement. Son amour pour Korhogo l a conduit à y investir dans l’hôtellerie, dans l’immobilier.

Fofié Kouakou quitte la scène du cérémonial militaire, après des années de maladie, mais plus de souffrance morale.

Adams Régis SOUAGA