Les usagers de la route de la région de la Nawa pourraient pousser un ouf de soulagement dans les tout prochains mois. Fortement dégradée et à peine praticable en toutes saisons, la voie Gagnoa-San-Pedro qui traverse la ville de Soubré, capitale de la région de la Nawa, entre dans sa phase active de rénovation, avec une route de 2 fois 2 voies.
Alors que certains se réjouissent de ne plus être abonnés au nombreux garages de la ville poussiéreuse et boueuse de Soubré, d’autres, des commerçants occupant les emprises, nombreux également, grincent des dents. Le vendredi 17 avril 2026, ils ont reçu des mises en demeure qui coure jusqu’au vendredi 24 avril pour débarrasser le plancher. Faute de quoi, ils quitteront les lieux manu-militari.
Signée d’Adama Diarrassouba, 1e adjoint au Maire de la commune de Soubré, la mise en demeure stipule que « dans le cadre des travaux de renforcement de l’axe San-Pedro-Soubré, une voie de traversée de deux (02) fois deux (02) voies sera réalisée à Soubré. Par conséquent, toutes celles et tous ceux qui se trouvent sur l’emprise de la voie principale allant du pont à l’hôtel Pavillon blanc sont priés de bien vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires et utiles afin de libérer lesdites emprises au plus tard le vendredi 24 avril 2026, délai de rigueur. Faute de quoi, mes services se donneront les moyens nécessaires pour procéder à une démolition sans préavis », a écrit le deuxième magistrat de la commune de Soubré, qui signe par ordre du Maire.
Quoi de plus normal que cela se passe ainsi, dirait-on. Cependant, des entretiens avec une majorité des concernés révèlent qu’informés verbalement en décembre 2025, ce n’est que le vendredi 17 avril 2026 qu’ils reçoivent une note officielle datée du 16, la veille. Bien qu’étant heureux de l’exécution de ce projet plusieurs fois annoncé dans la ville, à la grande joie des populations, l’autorité municipale ne leur laisse que 07 jours pour le déguerpissement de leurs boutiques et autres lieux de commerce.
Certains disent avoir renforcé leurs achalandages la veille seulement, quand les autres, prudents, disent ne plus s’approvisionner, tous criant à un manque à gagner du fait de nombreuses créances qu’ils ne peuvent recouvrer dans le délai imparti. Des industriels hôteliers, qui voient les espaces libres de leurs domaines drastiquement réduits, ne savent à qui s’adresser pour espérer obtenir réparations.
Laurent Nahounou