La crise qui secoue le Pdci-Rda continue de faire réagir au sein de la maison verte. Depuis Paris, Aubin Félix Amani, président du Cercle des Loups du Pdci-Rda, ne mâche pas ses mots. Dans une déclaration faite le 1er août 2026 et adressée aux médias à Abidjan, il pointe du doigt les hauts cadres du parti et propose de reprendre l’intérim à la mort d’Henri Konan Bédié.
Par Bosco de Paré
Le Pdci-Rda n’en finit pas avec les turbulences internes. Depuis le décès de son Président Henri Konan Bédié et l’élection de Tidjane Thiam à la tête du parti, les procédures judiciaires se sont multipliées autour de la formation politique. Une situation qui inquiète Aubin Félix Amani, Président du Cercle des Loups. Mais il tient d’abord à lever ce qu’il considère comme une équivoque. La justice ivoirienne, soutient-il, ne peut pas placer un parti politique « sous tutelle ». Elle peut, selon lui, prononcer « sa dissolution ou sa suspension dans les conditions prévues par la loi, notamment en cas de trouble à l’ordre public ». Sur la situation actuelle du Pdci-Rda, le responsable politique se montre beaucoup plus sévère. Il dit avoir une « profonde » déception vis-à-vis des hauts cadres du parti auxquels les militants avaient fait confiance pour assurer une transition sereine après la disparition de Bédié.
« Nous les avons surestimés et pensés qu’ils avaient du coffre et les capacités nécessaires pour un Pdci durable et fort », déclare-t-il. Pour Aubin Félix Amani, ces responsables se sont plutôt enfermés dans « un silence coupable et sordide » face à leurs responsabilités. Il parle même d’une « épidémie de couardise généralisée » qui, selon lui, gangrène le parti octogénaire. Le Président du Cercle des Loups porte également son regard sur l’état d’esprit des militants. Il dénonce une base militante « ballotée » au gré des tensions internes et accuse certains responsables de privilégier leurs intérêts personnels au détriment du parti. Il s’étonne notamment des débats autour des cotisations des militants. « Depuis quand le fait de ne pas être à jour dans ses cotisations fait perdre la qualité de militant et de surcroît membre du Bureau politique au Pdci-Rda? » Interroge-t-il.
« Traîner le parti devant les tribunaux, c’est mauvais »
Aubin Félix Amani estime que les militants sont aujourd’hui « traumatisés » par l’escalade des tensions. Il attribue les difficultés actuelles du parti à une génération de responsables qu’il qualifie de « losers », estimant que beaucoup ont tout reçu du parti vert et blanc sans être capables, à ses yeux, de le lui rendre. Il va plus loin en dénonçant « un véritable jeu de voyousie à découvert en interne ».
Le Président du Cercle des Loups ne donne cependant pas raison à ceux qui ont porté les querelles internes devant la justice. Pour lui, ceux qui ont saisi les tribunaux contre le parti ont mal agi. Mais ceux qui ne respectent pas les textes du Pdci-Rda ont également tort. « Traîner le parti devant les tribunaux, c’est mauvais ! Ne pas aussi respecter ses textes en vigueur, c’est mauvais ! », tranche-t-il. Il refuse également l’idée selon laquelle tout militant qui conteste le fonctionnement actuel du parti serait forcément manipulé ou agirait pour le compte d’un adversaire. « Ce n’est pas parce qu’un militant n’est pas d’accord avec le fonctionnement actuel du parti qu’il est forcément manipulé, sous influence ou tout simplement le vecteur de l’adversaire », fait-il valoir.
Pour sortir le parti de cette crise, Aubin Félix Amani ne voit qu’une seule solution. Il propose de revenir à la situation qui prévalait au décès d’Henri Konan Bédié et de reprendre le processus d’intérim, avant de refaire les choses dans le respect des textes du parti. « Dans tout ce tohu-bohu, il n’y a qu’une seule solution pérenne : reprendre l’intérim à la mort de Bédié et refaire les choses correctement, dans l’ordre et la clarté selon les statuts et règlements en vigueur », propose-t-il. Pour le Président du Cercle des Loups, le Pdci-Rda ne peut continuer à s’enliser dans les querelles internes. Il appelle donc les responsables et les militants à prendre leurs responsabilités pour préserver les idéaux du parti.