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Lutte contre la déforestation et filière anacarde : Soro Beh et l’OIA mettent le cap sur la durabilité et la sauvegarde de l’environnement

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Face à la dégradation vertigineuse du couvert forestier ivoirien, tombé à 9,2% du territoire national, l’Interprofession de la filière anacarde (OIA) prend le taureau par les cornes. Réunis le jeudi 20 août 2026 à Yamoussoukro pour élaborer leur politique stratégique de sauvegarde environnementale et sociale, les acteurs de la filière, sous la houlette de leur Président Soro Beh et en synergie avec le ministère des Eaux et Forêts, s’engagent à concilier désormais rendement agricole, protection de la nature et responsabilité sociale.

Par Bosco de Paré

Le couvert forestier ivoirien est durement éprouvé par l’agriculture extensive et l’exploitation forestière. De plus de 16 millions d’hectares en 1960, il ne reste aujourd’hui qu’environ 2,97 millions d’hectares, soit à peine 9,2% du territoire national. Face à cette dégradation vertigineuse, l’État de Côte d’Ivoire entend porter la couverture forestière à 20 % d’ici 2030, à travers une politique rigoureuse de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts. Dans cette dynamique, plusieurs structures publiques et privées s’activent sur le terrain. Au nombre de celles-ci, l’Organisation interprofessionnelle de la filière anacarde (OIA), présidée par Soro Beh. Elle a initié, le jeudi 20 août à Yamoussoukro, une rencontre dédiée à l’élaboration d’une politique stratégique de sauvegarde environnementale et sociale. À cette occasion, le Président du Conseil d’administration, Soro Beh, a exhorté l’OIA à intégrer pleinement la responsabilité environnementale et sociale.

« L’avenir de la filière anacarde ne peut plus être pensé uniquement en termes de production, de rendement, de commercialisation et de compétitivité. Il doit également être pensé en termes de responsabilité environnementale, de protection sociale, de santé, de sécurité et de durabilité », a-t-il affirmé, convaincu que « protéger l’environnement, c’est protéger la production. Protéger les travailleurs, c’est protéger notre filière. Protéger la communauté, c’est consolider notre avenir ». L’objectif affiché par l’Interprofession est clair : bâtir une filière anacarde non seulement compétitive et performante, mais aussi écoresponsable, inclusive et durable.

Représentant le Ministre des Eaux et Forêts, le colonel Ferdinand Aka a invité producteurs, organisations professionnelles, collectivités territoriales, opérateurs économiques, partenaires techniques et financiers, communautés et société civile à s’investir aux côtés de l’État pour la protection des ressources naturelles. Il a réaffirmé l’engagement du ministère de tutelle à renforcer le dialogue avec l’OIA et les acteurs du secteur pour bâtir une anacardiculture productive, compétitive, inclusive et écologiquement responsable.

« Notre objectif commun doit être de laisser aux générations futures non seulement une filière prospère, mais aussi des sols fertiles, des ressources en eau préservées, une biodiversité riche et des forêts restaurées », a soutenu le colonel Ferdinand Aka, préconisant notamment d’associer aux vergers d’anacardiers des essences forestières telles que le teck, le mélina, l’acajou ou l’iroko afin de reconstituer le couvert forestier.

Selon le dernier inventaire forestier et faunique national (IFFN), la répartition des 2,97 millions d’hectares de forêts actuelles s’établit comme suit : 1,74 million d’hectares dans le domaine rural, 674 500 hectares sous forme d’aires protégées (parcs et réserves) et 558 000 hectares au niveau des forêts classées.

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