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Agro-industrie- Patrick Achi (Premier ministre): “L’hévéa incarne la nouvelle Côte d’Ivoire qui vise haut”

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Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural,

  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
  • Monsieur le Représentant de la Côte d’Ivoire auprès des

Organisations Internationales des Produits de base, Président de l’IRSG,

  • Mesdames et messieurs les Chefs de délégations des Nations et Organisations membres de l’IRSG,
  • Monsieur le Président de l’IRRDB,
  • Monsieur le Président de l’APROMAC,
  • Monsieur le Directeur Général du Conseil Hévéa-Palmier à Huile,
  • Monsieur le Directeur Exécutif du FIRCA,
  • Monsieur le Directeur Général du CNRA,
  • Chers acteurs et amis producteurs de caoutchouc,
  • Chers invités, chers amis de la Côte d’Ivoire,
  • Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, avant tout propos, souhaiter, au nom de S.E.M. Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, le traditionnel

Akwaba ; cette salutation chaleureuse et fraternelle qui incarne l’hospitalité et l’ouverture de la Côte d’Ivoire, à tous les représentants des pays membres de l’IRSG.

Je salue de la même façon, avec la plus grande cordialité, les représentants de tous les pays membres de l’IRSG qui ont bien voulu être présents à nos côtés, grâce aux progrès permis par les technologies numériques, pour prendre part au 1er Sommet Mondial Virtuel sur le Caoutchouc.

Je veux aussi remercier tous nos amis du siège de l’IRSG à Singapour, sans lesquels l’organisation de ce sommet n’aurait pu se tenir dans les mêmes conditions.

Mesdames et Messieurs,

En participant à cette cérémonie, vous montrez votre attachement à la

Côte d’Ivoire. Vous saluez une décennie d’efforts et de succès destinés à remettre un pays en marche. J’y vois également l’importance cruciale et toute naturelle que vous accordez à ce Sommet Mondial sur le caoutchouc, cadre majeur et concerté de discussions sur les questions stratégiques de l’économie du caoutchouc, tant naturel que synthétique.

Alors même que les enjeux de la filière n’ont jamais été aussi nombreux, l’IRSG, qui représente par ses membres près des 3/4 de la production et de la consommation mondiale, est l’instance clé où débattre et faire progresser l’hévéa comme le caoutchouc.

Oui, c’est en son sein que pourront être confrontés avec ambition, ouverture et exigence, les enjeux cardinaux que le réchauffement climatique pose aux productions agricoles en général et à l’hévéa en particulier. Et c’est en son sein que nous pourrons toujours veiller, d’une part, à créer les conditions d’un marché transparent quant à sa production, ses stocks, ses prix…, et d’autre part, veiller à toujours faire progresser la coopération internationale entre les acteurs agricoles, industriels, gouvernementaux mais aussi la société civile et les consommateurs. Et ainsi, tirer de cette transparence partagée et de cette coopération ouverte, tous les leviers d’une prospérité durable du secteur

!

Mesdames et Messieurs,

C’est en raison même de l’ampleur de ces défis et de leur importance, quant à l’avenir de la filière, que nous sommes honorés que l’IRSG tienne aujourd’hui son 1er Sommet Mondial Virtuel sur le caoutchouc en Côte d’Ivoire. Nous voyons aussi dans cet événement la reconnaissance claire et forte de la place croissante prise par l’Afrique dans l’économie mondiale du caoutchouc. Nous sommes pleinement conscients de ce rôle nouveau que joue notre continent, comme notre pays.

Et nous en sommes fiers ! Car ce statut est d’abord la marque d’une politique engagée et d’efforts innombrables accomplis par tous les acteurs ivoiriens. En effet, les réformes structurelles et sectorielles mises en œuvre par la Côte d’Ivoire, ainsi que les investissements réalisés depuis dix ans, sous le leadership éclairé du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, ont placé notre pays parmi les économies les plus performantes au monde, avec un taux de croissance annuel moyen de plus de 8% entre 2011 et 2019, et une résistance particulièrement remarquée en 2020, dans cette année de pandémie mondiale qui a entraîné de si nombreuses économies dans la récession.

La force de l’agriculture ivoirienne et l’engagement de ses paysans ont été au cœur de notre politique de renaissance nationale. Comme l’a justement rappelé tout à l’heure Monsieur le Ministre de l’Agriculture, les richesses naturelles extraordinaires de notre pays permettent aujourd’hui à la Côte d’Ivoire d’occuper de nombreux rangs de leadership mondial sur des productions agricoles renommées, qui participent de l’image de notre pays partout sur la planète. Mais, cela ne suffit plus.

Et l’enjeu pour l’avenir est limpide. Il ne nous est en effet plus possible de rester encore longtemps dans ce statut d’éternel producteur de base, où nous prenons la plus grande part de la pénibilité et si peu de la valeur globale produite par nos richesses agricoles. Il nous faut donc agir sur deux fronts. D’une part, transformer localement toujours plus, pour conserver pour les Ivoiriens la valeur-ajoutée la plus grande. D’autre part, améliorer toujours davantage l’intégration de nos produits dans les circuits internationaux de distribution, en travaillant à la conquête des marchés, au positionnement durable de nos filières, à leur valeur de marque, et in fine, à leur pricing power.

Mesdames et Messieurs,

L’hévéa est extrêmement représentatif de cette réalité d’une croissance soutenue – nous sommes le 1er producteur d’Afrique, avec près d’un million de tonnes en 2020, soit 80% de la production du continent et le 4ème au monde, une progression de 3 places en 3 ans – mais aussi de la force d’une ambition nationale. Celle qui veut transformer nos filières agricoles, développer l’industrie locale de la transformation, travailler à des cultures plus durables – ce que permet la nature particulière de l’hévéa, en tant que culture intercalaire – et gagner au final le combat économique et humain d’une valeur-ajoutée d’une filière qui possède un chiffre d’affaires annuel de près de 350 milliards de dollars au niveau mondial, et dont la Côte d’Ivoire ne capte que 0,5%, alors même qu’elle assure près 7,5% de la production mondiale. Parce que plus de 85% de la valeur de la filière se trouvent, non pas dans la production agricole, mais dans la transformation et la commercialisation du caoutchouc.

Je saisis d’ailleurs l’opportunité offerte par ce sommet pour inviter tous les investisseurs nationaux et internationaux, voulant s’impliquer dans cette volonté nationale d’intégration aux chaînes de valeurs mondiales, à s’approcher du gouvernement dans lequel ils trouveront un véritable partenaire. C’est là la raison même de notre volonté politique, celle qui veille toujours à appuyer de façon déterminante notre filière et à amplifier le soutien que nous devons à nos 150 000 producteurs, à nos 40.000 saigneurs et aux 1,2 million d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens qu’ils font vivre !

Il nous faudra aussi collectivement faire preuve d’esprit d’innovation, pour sortir progressivement le secteur de l’hévéa d’une régulation trop exclusivement liée à l’industrie pneumatique au niveau planétaire, qui elle-même repose sur l’industrie automobile, dont la bonne santé dépend de l’évolution de l’économie mondiale.

Parce que cette situation rend nos producteurs de caoutchouc tributaires de phénomènes de marchés qu’ils ne peuvent contrôler, il nous faut initier une profonde révolution du secteur et impulser des initiatives fortes de diversification de l’utilisation du caoutchouc naturel, à travers des innovations technologiques de rupture. Pour permettre à terme d’absorber plus facilement la croissance attendue de la production, tout en ayant un impact positif sur le prix payé à nos producteurs par une maîtrise plus grande des circuits de distribution.

Mesdames et Messieurs,

L’hévéa incarne donc cette Côte d’Ivoire nouvelle, qui avance et rêve en grand, qui hier simple petit producteur de caoutchouc naturel, est aujourd’hui un acteur continental et mondial central de la filière.

L’hévéa incarne cette Côte d’Ivoire nouvelle qui veut demain viser toujours plus haut, pour presque doubler sa production de caoutchouc d’ici 2025 et porter son taux de transformation primaire à 100%, tout en amplifiant radicalement celui de la transformation secondaire, seul vrai levier créateur de valeur-ajoutée et de progrès de vie pour nos populations.

L’hévéa incarne enfin cette Côte d’Ivoire nouvelle qui veut participer à la régulation mondiale des secteurs économiques où elle joue un rôle désormais majeur. La Côte d’Ivoire tiendra donc pleinement son rang demain au sein de l’IRSG, dont elle connaît l’apport stratégique central.

Elle sait, en effet, tout ce que l’IRSG incarne depuis 1944 : un forum mondial, ouvert et multipartite, efficace dans le dialogue, comme dans la régulation et l’innovation. Et elle sait que grâce à lui, la culture de l’hévéa et l’économie du caoutchouc seront demain toujours mieux orientées vers une croissance positive, durable, capable de relever les défis du réchauffement climatique, de la protection de l’environnement et du juste développement humain des pays producteurs.

C’est sur cette tonalité engagée et résolument positive que je clôturerais mon propos, en renouvelant mes remerciements les plus chaleureux à l’IRSG et à tous les délégués des pays membres.

Je déclare ainsi ouvert, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République Alassane Ouattara, le 1er Sommet Mondial Virtuel sur le Caoutchouc 2021.

Je vous remercie.