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Côte d'Ivoire

Gouvernance – Les sénateurs valident la fin de la taxe SIR proposée par Adama Coulibaly

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Le Ministre de l’économie, des finances et du budget a obtenu, ce lundi 8 juin 2026 à Yamoussoukro, l’adoption à l’unanimité de trois (03) projets de loi essentiels devant la Commission des affaires économiques et financières (Caef) du Sénat.

Par Bosco de Paré

Délocalisé à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro, l’hémicycle du Sénat a été le théâtre d’un grand oral ce lundi. Face aux sénateurs de la Caef, le Ministre Adama Coulibaly, porteur de la voix du Chef de l’État, Alassane Ouattara, a défendu trois ordonnances stratégiques en lien avec l’économie de la Côte d’Ivoire. Après trois heures et demie de débats houleux et de consigne de vote, les textes ont été majoritairement soutenus par le groupe Rhdp, groupement politique au pouvoir depuis 15 ans.

Le premier texte a entériné la mutation de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP) qui change d’appellation et devient désormais l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop). Face à la presse, le ministre a précisé qu’il s’agit d’une mise aux normes de l’espace Uemoa qui élargit le champ d’action du garant des marchés.

« (…) Il était important pour nous de nous harmoniser avec cette dénomination qui permet d’élargir le champ de compétences de l’autorité de régulation qui, en plus des marchés publics, va adresser maintenant les délégations de services, mais aussi les contrats de partenariat public-privé. Et en même temps, l’Arcop va permettre de renforcer les questions de gouvernance, renforcer davantage tout ce qui est contrôle et faire en sorte que les recours qui sont introduits par le secteur privé et souvent qui sont exclus des produits de marché public, que ces recours puissent être examinés également par l’Arcop. Donc au total, c’est pour renforcer la gouvernance, donner du confort aux entreprises pour leur dire effectivement que nous travaillons dans la transparence au niveau de la gouvernance financière et faire en sorte que notre climat des affaires soit le plus attractif possible et que nous puissions avoir les investissements nécessaires pour promouvoir davantage notre économie en termes de développement ».

Le second projet de loi concerne le démantèlement tarifaire des produits non sensibles dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Pour Adama Coulibaly, le constat est clair ; le commerce intra-africain stagne à seulement 15%, contre 60% en Europe ou en Asie. Il est donc temps, selon lui, de briser les barrières.

Pour le ministre, l’objectif de cette initiative est de faire en sorte aussi que les « opérateurs qui opèrent dans le continent puissent échanger dans n’importe quel pays et que le marché continental qui est de 1,3 milliard soit accessible à tous les opérateurs économiques », a-t-il plaidé, estimant que c’est « très avantageux, puisque ça permet à la zone continentale africaine de donner l’opportunité aux entreprises de pouvoir produire et exporter dans tous les pays ».

Le dernier texte est une bouffée d’oxygène financière. Il acte en effet la suppression de la taxe de soutien au développement de l’activité de raffinage. Instaurée en 2018 pour sauver la Société ivoirienne de raffinage (Sir) et l’aider à éponger une dette colossale de 368 milliards de FCfa, cette taxe n’a plus lieu d’être. Aujourd’hui, la Sir affiche une santé financière de fer, permettant au gouvernement de lever ce prélèvement fiscal.

Au sortir de la salle, Adama Coulibaly n’a pas caché sa satisfaction quant à la qualité des échanges. Saluant la Présidente du Sénat Kandia Camara et l’ensemble des commissaires de la Commission des affaires économiques et financières, l’émissaire du gouvernement a félicité des parlementaires dont le vote permet d’aligner la régulation des commandes publiques sur les standards communautaires, de renforcer l’intégration économique africaine et d’ajuster le cadre fiscal.