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Afrique ǀ François Bozizé au ban des nations : Du Palais de Bangui à la solitude de l’exil

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Chassé du pouvoir, condamné par la justice et réduit à l’isolement en Guinée-Bissau, l’ancien président centrafricain François Bozizé Yangouvonda traverse une passe extrêmement difficile. Selon des révélations du confrère François Soudan, l’homme fort de Bangui d’hier n’est plus que l’ombre de lui-même, acculé par les factures impayées et l’absence de documents de voyage.

Par Bosco de Paré

Un habitué des coups de force et déchéance dans l’exil

Derrière cette descente aux enfers se profile le parcours d’un pur produit des putschs militaires. Renversé lui-même le 24 mars 2013, François Bozizé est un habitué des coups d’État. C’est par les armes, le 15 mars 2003, alors que le président Ange-Félix Patassé est en déplacement au Niger, qu’il s’empare de Bangui avec l’appui de l’armée tchadienne. Des années plus tard, après son retour manqué sur la scène politique, il apporte son soutien à la rébellion de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) dès 2020, confirmant son ancrage dans la subversion armée. Chassé du Tchad en 2023 à la suite d’arrangements entre le président Mahamat Idriss Déby soucieux de préserver ses relations avec Bangui et le pouvoir centrafricain, Bozizé a trouvé refuge en Guinée-Bissau. Mais la chute de son tuteur, Umaro Sissoco Embaló, balayé par une junte, l’a un peu plus fragilisé.

Aujourd’hui sans le sou, il survit grâce à des aides financières jugées insuffisantes et irrégulières octroyées par quelques chefs d’État, à l’instar du Congolais Denis Sassou Nguesso, du Camerounais Paul Biya et de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema. Il passe désormais le clair de son temps terré dans la prière au sein de sa paroisse de l’église Christianiste céleste.

L’étau judiciaire ne cesse de se resserrer autour de l’ancien homme fort. Condamné par contumace le 21 septembre 2023 par la Cour d’appel de Bangui à des travaux forcés à perpétuité pour « complot » et « rébellion » un verdict qu’il qualifie de « procès politique truqué », il est également visé depuis le 27 février 2024 par un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale spéciale (CPS) pour des crimes commis par sa garde présidentielle à Bossembélé entre 2009 et 2013.

Malgré ces poursuites, l’ancien président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, avait opposé le droit de refus, arguant que son pays ne disposait pas de loi d’extradition. Une protection précaire pour celui qui a longtemps fait trembler la Centrafrique.

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