Du 29 au 30 avril 2026, la capitale économique ivoirienne a abrité les assises du Dialogue sur la migration en Afrique de l’ouest (MIDWA). Durant quarante-huit (48) heures, ministres et experts ont planché sur une stratégie commune pour transformer les frontières de la sous-région en pôles de développement sécurisés.
Par Bosco de Paré
Abidjan est restée, deux jours durant, le cœur battant de l’intégration ouest-africaine. Les 29 et 30 avril 2026, les ministres en charge de l’immigration et de la gestion des frontières se sont réunis pour donner une nouvelle impulsion au Midwa. L’objectif est d’harmoniser les politiques pour que la libre circulation, pilier de la Cedeao, ne soit plus entravée par les menaces sécuritaires émergentes.
À l’ouverture des travaux, le Ministre ivoirien de l’intérieur et de la sécurité, le Général de corps d’armée Vagondo Diomandé, a rappelé l’urgence d’une réponse collective. Pour l’émissaire du gouvernement ivoirien, la gestion des frontières est au centre de la « transformation économique de notre région. La Cedeao a ainsi démontré à l’Afrique et au monde que la libre circulation est non seulement possible, mais elle est profondément transformative ».
Loin d’être un simple verrou sécuritaire, la frontière doit rester, selon lui, un espace d’opportunités. « Le protocole de 1979 constitue une expression forte de l’ambition africaine en permettant aux citoyens de nos États membres de franchir les frontières, de saisir des opportunités et de contribuer pleinement au dynamisme économique de notre espace commun. Il consacre un principe fondamental et durable, celui de la mobilité qui n’est pas une menace, mais plutôt un droit; mobilité qui n’est pas un défi à redouter, mais un levier d’intégration, un levier de coopération », a-t-il rappelé avec force.
Toutefois, face à la migration irrégulière, à la montée de la criminalité transfrontalière et du terrorisme, le Général a préconisé des « réponses coordonnées, innovantes et résolument tournées vers la vie », appelant à une synergie d’actions.
« Aucun État membre ne peut relever seul ces défis. Seules des actions politiques fondées sur la confiance mutuelle et des solutions partagées permettront de concilier efficacement la gestion des frontières
Il a surtout salué la présence de ses pairs à cette rencontre qui, selon lui, « témoigne de notre engagement politique commun à renforcer la coopération en matière de migration et de gouvernance des frontières qui sont des enjeux au cœur même de la stabilité, des enjeux au cœur de la sécurité et de la transformation économique de notre région ».
La carte biométrique, le futur de l’intégration
Le Commissaire Sylla Kalilou, représentant le département des affaires économiques et de l’agriculture de la Cedeao, a estimé pour sa part que la mobilité des personnes et des biens est toujours au cœurs des actions de la Cedeao. Il a appelé à une « gestion efficace et rigoureuse des frontières afin que les déplacements dans l’espace Cedeao demeurent sûrs, coordonnés et bénéfiques à tous ».
S’il reconnaît que la mobilité est le moteur des échanges, il constate que de nombreux citoyens sont encore « en quête d’espoir » face certainement aux lourdeurs administratives. Face à cela, sa proposition de solution est, on ne peut radicale : Il faut passer à la vitesse supérieure en mettant en place une carte d’identité biométrique qui permettra aux populations de se déplacer librement et facilement.
Tour à tour la cheffe de mission de l’organisation internationale de la migration (OIM) Charon Dimanche du Nigeria, le Ministre de l’intérieur de la Sierra-Leone, Mory Lengor, par ailleurs Président du conseil des ministres de l’intérieur de la Cedeao ont exprimé la volonté de la communauté à renforcer la gestion des frontières de leur espace commun.
Les travaux se sont achevés par l’adoption du rapport des chefs de l’immigration, validant ainsi un plan d’action ambitieux. Au-delà des discours, cette rencontre des 29 et 30 avril 2026 marque une volonté de dépasser les simples cadres techniques pour atteindre des résultats palpables.
En refermant ces assises, les participants ont réaffirmé leur engagement à bâtir une région sûre et prospère, où la frontière devient le levier d’une intégration centrée sur les peuples, conformément à la vision de la Cedeao.
Bosco de Paré