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Transition énergétique- Des Assises pour l’inclusion des travaux scientifiques et des femmes pour la réussite

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La Côte d’Ivoire s’affirme comme carrefour de réflexion stratégique sur les énergies propres et l’inclusion des femmes dans la transition énergétique. Ce mercredi 29 avril 2026, l’amphithéâtre Adama Diawara de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan a vibré au rythme de l’ouverture solennelle des Assises sur les Énergies Propres et le Genre : Entrepreneuriat, Employabilité et Transition Énergétique en Afrique de l’Ouest. Un événement placé sous le haut patronage du Ministère des Transports et des Affaires Maritimes, et porté par une ambition clairement affichée : faire de la jeunesse ivoirienne  et en particulier des femmes, le moteur humain de la révolution énergétique du continent.

Organisées autour du thème central « Énergies Propres et mobilité durable, défis de l’inclusion et enjeux de la formation multidisciplinaire STEM dans l’espace CEDEAO », ces Assises ont réuni autorités universitaires, institutions internationales, experts du secteur énergétique et, au premier rang, des centaines d’étudiants issus des filières Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Deux journées intenses les 29 et 30 avril 2026  pour poser les jalons d’une transition énergétique juste, inclusive et portée par les compétences locales.

Dès l’ouverture, la tonalité fut donnée par le Dr. Joseph Signo, Président du comité d’organisation, qui a situé l’enjeu fondateur de cette rencontre : ces Assises constituent, selon lui, « un bon prétexte » pour ouvrir de véritables opportunités d’insertion professionnelle aux jeunes diplômés des filières STEM. Car derrière les grands discours sur la transition énergétique, ce sont des milliers d’emplois, de start-ups et de vocations qui se dessinent.

Le Professeur Mensah, Vice-Président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, représentant le Président de l’institution, a réaffirmé la responsabilité de l’université dans l’accompagnement des jeunes vers l’entrepreneuriat. Dans une économie en mutation accélérée, former des ingénieurs et des scientifiques ne suffit plus : il faut aussi former des entrepreneurs capables de transformer leur savoir en solutions concrètes pour les communautés.

Soutien

La présence de M. Ouattara Issouf, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), a symbolisé l’engagement de la communauté internationale aux côtés de cette initiative. L’institution onusienne marque ainsi son soutien à une démarche qui dépasse les frontières nationales pour s’inscrire dans une stratégie régionale de développement durable.

C’est Mme Ela Gnazalé, Représentante du Centre pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique de la CEDEAO (ECREEE), qui a apporté la dimension continentale au débat. Elle a développé la Vision 2050 de la CEDEAO, feuille de route régionale vers un mix énergétique renouvelable, inclusif et sobre en carbone  et lancé un appel vibrant aux jeunes femmes pour qu’elles s’approprient cette vision et en deviennent les actrices.

Mme Gnazalé a également mis en lumière deux projets structurants portés en partenariat avec l’ONUDI : le projet FEM 11042, consacré à l’intégration de la mobilité électrique avec les énergies renouvelables en Côte d’Ivoire, et le projet « Femmes et Énergies Propres en Afrique de l’Ouest », financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI). Deux initiatives qui placent la Côte d’Ivoire en position de laboratoire régional de la transition énergétique inclusive.

C’est M. Georges BOHOUSSOU, Coordonnateur Principal de l’Unité de Gestion du Projet (UGP) du projet FEM 11042-Mobilité Électrique et Énergies Renouvelables en Côte d’Ivoire , qui a prononcé l’allocution la plus attendue de la cérémonie, au nom du ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou KONÉ, parrain de l’événement.

Son discours a articulé avec clarté et conviction la vision du ministère : la transition énergétique se gagne d’abord dans les amphithéâtres, les laboratoires, et dans les esprits de ceux qui font les sciences. En décidant de parrainer ces Assises, le ministre Amadou KONÉ envoie un signal fort : son département ne se cantonne pas à la gestion des infrastructures et du trafic  il est un acteur engagé de la transformation énergétique durable de la Côte d’Ivoire.

Georges BOHOUSSOU a rappelé que la région CEDEAO traverse un tournant décisif, confrontée à des défis immenses accès universel à l’énergie, décarbonation des économies, économie circulaire mais aussi à des opportunités sans précédent. La Côte d’Ivoire, locomotive économique de la sous-région, entend jouer un rôle de premier plan dans cette dynamique, à condition de disposer des compétences nécessaires.

C’est précisément là qu’intervient le projet FEM 11042 : en associant l’UGP à ces Assises, le ministère des Transports ouvre un dialogue concret entre les besoins en compétences du secteur public et les talents formés par l’université. M. BOHOUSSOU a d’ailleurs lancé un appel direct aux étudiants porteurs de projets innovants lors des ateliers et de la session de pitchs de l’après-midi : « Les meilleures idées que vous présenterez cet après-midi pourraient demain devenir des composantes de notre stratégie nationale. »

Appel

M. BOHOUSSOU a réservé un message particulièrement fort aux jeunes femmes présentes dans l’amphithéâtre. Citant les enseignements tirés des pays ayant réussi leur transition énergétique, il a affirmé que l’inclusion des femmes dans les filières STEM n’est pas un bonus « c’est un facteur de réussite ». Et de conclure avec une formule qui a résonné dans l’amphithéâtre : « L’avenir de l’énergie en Afrique de l’Ouest sera féminin, ou il sera incomplet. »

Après la cérémonie d’ouverture, les travaux ont démarré sur les chapeaux de roue. La conférence plénière inaugurale a été animée par Dr. Prisca Zidago de l’ECREEE, qui a exploré la Vision 2050 de la CEDEAO, les enjeux de l’accès universel à l’énergie et l’intégration du genre dans ces politiques. Elle a également décrypté les métiers verts du secteur des énergies propres : opportunités à saisir et défis à relever.

Un panel sur le thème « STEM, employabilité dans le secteur de l’énergie propre et de la mobilité électrique » a ensuite mis en lumière les opportunités de carrière et la place des femmes ingénieures dans ce secteur en pleine expansion.

L’après-midi a donné lieu à un atelier technique axé sur les innovations en efficacité énergétique, énergies renouvelables et économie circulaire, avant le temps fort de la journée : la Pitch Session,  un concours de projets innovants dans le domaine des énergies propres, présentés par des étudiants face à un jury. Les lauréats ont reçu leur prix à l’issue de cette compétition, clôturant en beauté cette première journée.

 La mobilité électrique

Les Assises se poursuivent ce jeudi 30 avril 2026, avec une deuxième journée entièrement consacrée à la mobilité électrique. Au programme : conférences, échanges techniques et, temps fort attendu, une démonstration de bornes de recharge électrique, illustration concrète du déploiement en cours sur le territoire ivoirien dans le cadre du projet FEM 11042.

       Adams Régis SOUAGA et Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes