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Libre expression- Gbagbo et Thiam en bras de fer contre la CEI et Ouattara

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Le retrait du PPA-CI et du PDCI-RDA de la Commission Électorale Indépendante peut-il menacer la présidentielle d’octobre 2025 ? Décryptage

Le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, ont annoncé le 11 avril 2025 suspendre leur participation à la Commission Électorale Indépendante (CEI), Motif officiel : l’exclusion de leaders politiques , les irrégularités de la liste électorale provisoire…Face à une opposition qui agite le spectre du chaos, ou de l’insurrection que peut-il se passer d’ici le 25 octobre 2025 et au delà ?

La Constitution ivoirienne est formelle : le 25 octobre 2025, les urnes parleront. Six mois avant l’échéance, un recul est-il envisageable sans cas de force majeure – guerre, catastrophe naturelle, événement naturel prévu par la constitution au cours du processus naturel, ou accord unanime des acteurs politiques – validée par les institutions. « Les partis ne décident pas du calendrier, la loi s’impose à tous », rappelle un observateur abidjanais.

La CEI, bouc émissaire ou responsable ?

En 2023, la même Commission aujourd’hui décriée était encore décriée. Cependant elle a organisé des locales sans heurts. En 2020, elle était déjà décriée. Toutefois à la suite d’un dialogue  politique, l’opposition avaient accepté d’intégrer cette CEI en toute connaissance de cause à partir de 2021-2022 suite aux tensions électorales de 2020. Aujourd’hui, l’opposition la juge « inféodée au pouvoir. Pourquoi ne pas confier les élections au ministère de l’Intérieur, comme avant 2000? Serait-ce plus neutre ? », ironise notre abidjanais cité plus haut.

Gbagbo-Thiam : l’impossible candidature ?

Laurent Gbagbo, privé dune partie de ses droits civiques ( droit de vote et droit d’être candidat) après une condamnation en Côte d’Ivoire , et Tidjane Thiam, visé par des enquêtes, ne pourront ni voter ni se présenter. Leurs partis instrumentalisent cette exclusion pour mobiliser une base militante, mais peinent à convaincre au-delà.  Alors ils choisissent de s’en prendre à la CEI, au mépris du serment des personnes désignées et des lois.

La majorité silencieuse, variable oubliée

Seuls 10% des Ivoiriens en âge de voter s’inscrivent sur les listes. « Les élections se jouent entre militants », déplore une commerçante à Yopougon. En 2020 : malgré les appels au boycott, le scrutin a eu lieu avec 47% d’abstention.

L’énigme des indépendants

Depuis 2023, les candidats sans étiquette trustent les mairies. Une tendance qui pourrait rebattre les cartes à la présidentielle. Pourquoi dépendre d’un parti quand on peut incarner soi-même l’alternance ?

À qui profite le blocage ?

En quête de visibilité, l’opposition mise sur la surenchère. Leur retrait provisoire de la CEI est un calcul médiatique et une ruse , une tentative de passage en force, pour obtenir des concessions – amnistie, réforme électorale – ou légitimer un futur refus de reconnaître les résultats.

Réactions contrastées

Selon un cadre du RHDP ( parti au pouvoir), les opposants veulent saboter l’élection ou la sabotent déjà parce qu’ils savent que les élections auront lieu, avec ou sans eux, pour éviter le vide institutionnel ou constitutionnel dont rêve l’opposition à partir du 25 octobre 2025, à défaut d’une insurrection avant cette date. De son côté , une militante du PPA-CI réagit : « Si le président Gbagbo ne vote pas, ne peut pas être candidat, pourquoi devrions-nous cautionner une mascarade ? »

En Côte d’Ivoire, les élections se gagnent moins par les menaces, par la rue  que par les urnes. Pour l’heure , la CEI maintient le cap du 25 octobre 2025. L’opposition devra choisir : négocier dans l’ombre, sortir de l’oukase et de l’arrogance , tourner le dos aux ultimatums et aux coup d’éclat , avoir des postures réalistes et acceptables, loin de la demande de radiation de six millions d’électeurs sur 8,7 millions … ou s’enfermer dans une impasse historique.  Qui vivra verra !

Une contribution de Philippe Kouhon