Dans une évolution alarmante, de graves maladies telles que le cancer, les affections cardiaques et les maladies rénales menacent désormais la vie de milliers de Soudanais, après une hausse de leur incidence liée à l’utilisation d’armes chimiques dans la guerre que connaît le pays depuis la mi-avril 2023.
Une flambée de maladies graves liée aux armes chimiques
Selon le journal Sudan News, la hausse brutale de ces pathologies coïncide avec la publication d’un rapport stipulant l’usage d’armes chimiques pendant le conflit. En janvier 2025, The New York Times avait déjà révélé que l’armée soudanaise aurait eu recours à au moins deux reprises à du chlore gazeux dans des zones reculées, lors des combats contre les Forces de Soutien Rapide. Citant des responsables américains, le quotidien affirmait que l’utilisation de cette arme, capable de causer de graves lésions respiratoires et la mort, aurait été validée directement par le chef de l’armée à Port-Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhan.
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Pour Sudan News, le lien est clair : « La cause de l’apparition de ces maladies réside dans les répercussions de l’utilisation d’armes chimiques au Soudan ». Le journal pointe aussi l’effondrement du système de santé : des dizaines d’hôpitaux fermés, manque de médicaments, fuite du personnel médical. Résultat : les malades n’ont plus accès aux soins. Des spécialistes appellent à l’ouverture d’une enquête internationale et nationale transparente pour faire la lumière sur ces accusations.
Les hôpitaux à bout de souffle
Le Réseau des médecins du Soudan alerte sur la situation des patients. Les malades du cancer font face à une pénurie critique de doses de chimiothérapie. Les insuffisants rénaux manquent d’équipements de dialyse. Dans un communiqué publié la semaine dernière, le réseau demande une aide d’urgence pour fournir médicaments, traitements et matériel vital.
Épidémies : la conjonctivite frappe Khartoum et le Darfour
À la guerre s’ajoutent les épidémies. En août 2024, une vague de « conjonctivite aiguë » a touché Khartoum et plusieurs États. D’après la Chambre des urgences de l’est du Nil, 60% des habitants de la région présentaient rougeurs, brûlures, larmoiements et écoulements. Des cas de diarrhée et de symptômes grippaux ont aussi été signalés. Au Darfour, à Nyala, El Daein et Buram, des centaines de personnes ont développé une maladie oculaire encore non identifiée : gonflement, douleurs et maux de tête. Le Dr Abdel Wahab al-Sissi, ophtalmologue, établit un lien direct : « Ces cas sont liés aux résidus de guerre. Les munitions contaminent l’air. En l’inhalant, les particules attaquent les voies respiratoires, les poumons et atteignent directement les yeux. » Les médecins confirment que ce type d’épidémies se propage souvent dans les zones de conflit à forte pollution.
La communauté internationale réclame une enquête
Face à ces accusations, des experts africains réunis à Nairobi du 3 au 5 août 2026 lors de l’« Atelier d’experts sur le plaidoyer en faveur des politiques de la société civile concernant le Soudan » ont condamné l’usage présumé d’armes chimiques. Ils exigent une enquête indépendante de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et appellent Khartoum à coopérer. Il y a plus de dix mois, la Coalition soudanaise pour les droits a saisi la Cour pénale internationale. Une plainte déposée le 26 septembre vise 4 hauts responsables, dont Abdel Fattah al-Burhan, Yasser al-Atta, Shams al-Din al-Kabbashi et le général Taher Mohamed. L’objectif : « ouvrir une enquête exhaustive et que justice soit faite ».La Coalition a aussi alerté la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, et écrit au président de l’OIAC pour demander « une enquête urgente et la suspension de l’adhésion de l’autorité de Port-Soudan » à l’organisation. Elle met en garde : « Le silence international renforce l’impunité et met en danger les civils ».
Avec Linfodrome