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MOBILITÉ ÉLECTRIQUE ET FINANCE CLIMAT – 50 acteurs bientôt formés pour capter des financements vert
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Redaction
Abidjan accueille les 3 et 4 novembre, le Projet FEM 11042 qui forme cinquante acteurs ivoiriens à monter des projets climatiques qui prennent les femmes au sérieux.
Le Fonds vert pour le climat n’a encore financé aucun projet de transport en Côte d’Ivoire. Le guichet secteur privé du Fonds pour l’environnement mondial reste, lui, largement sous-utilisé. Ce n’est pas l’argent qui fait défaut, mais des projets solides, bien ficelés, capables de convaincre des bailleurs devenus intraitables sur la question du genre. C’est ce chaînon manquant que le ministère des Transports et des Affaires maritimes entend combler mardi et mercredi prochains, à Abidjan, avec un atelier de deux jours sur le financement climatique tenant compte du genre.
À Korhogo comme à Bouaké, la scène est connue. Une coopérative de transformatrices de produits vivriers voudrait remplacer ses vieux tricycles thermiques par des modèles électriques rechargés au solaire. Le calcul est vite fait : moins de carburant, moins de pannes, des marchandises livrées plus vite. Puis vient le passage à la banque. Pas de titre foncier, donc pas de garantie, donc pas de crédit. Le 30 juillet dernier, lors du dialogue public-privé sur la mobilité électrique organisé au Plateau, un rapporteur avait résumé le problème en une phrase : « Sans propriété foncière, pas de garantie bancaire. »
Ce constat est au cœur de l’atelier de renforcement de capacité que l’Unité de gestion du Projet FEM N°11042 organise les mardi 3 et mercredi 4 novembre 2026 à Abidjan. Initialement prévue les 20 et 21 août, la rencontre a été repoussée de deux mois et demi. Elle sera la troisième et dernière du programme d’ateliers de l’année 2026.
Cinquante participants, 47 structures
La liste des invités dit à elle seule l’ambition de l’exercice. Autour de la table, cinquante participants issus de 47 structures : neuf départements ministériels, de l’Environnement aux Finances en passant par la Femme et l’Agriculture ; des régulateurs comme l’ARTI et l’ANARE-CI ; l’AMUGA, le FDTR, la CIE, CI-Énergie ; les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro et quatre conseils régionaux, ceux de la Vallée du Bandama, du Denguélé, des Savanes et du Bas-Sassandra. Le secteur privé sera représenté par la CGECI, la CCI-CI, le GIPAME ou encore l’APEME. Les organisations de femmes ne sont pas venues en figurantes : le réseau des transformatrices RET-PACI, la Fédération des femmes du secteur vivrier, l’ONG GEPALEF, Women and Environment ou l’Observatoire national de l’équité et du genre auront voix au chapitre. Côté partenaires, la Commission nationale du FEM (CNFEM), l’ONUDI, le PNUE et l’ECREEE, le centre de la CEDEAO pour les énergies renouvelables, complètent le tableau.
Le projet s’est fixé une règle qu’il applique aussi à ses propres salles : au moins 30 % de femmes et 20 % de jeunes. À l’émargement, chaque participant indiquera son sexe et sa tranche d’âge. Ce n’est pas un détail administratif, c’est un indicateur suivi par le bailleur.
Pourquoi le genre
On pourrait croire le sujet périphérique. Il ne l’est plus. En mars 2024, la FAO a montré dans son rapport « Unjust climate » que les ménages ruraux dirigés par des femmes perdent une part plus importante de leurs revenus que les autres lors des vagues de chaleur et des inondations. Non parce qu’elles travaillent moins, mais parce qu’elles disposent de moins de terre, de moins de crédit et de moins d’équipements. Les bailleurs en ont tiré les conséquences. Le Fonds vert pour le climat exige désormais, pour chaque proposition, une évaluation de genre et un plan d’action genre. Le FEM applique sa propre politique d’égalité des sexes. Un projet qui ignore la question n’est plus seulement incomplet : il devient moins finançable.
Les termes de référence de l’atelier tirent la leçon de cette évolution. Le genre n’y est pas traité comme un chapitre supplémentaire, mais comme une exigence qui traverse tout le cycle du projet, de l’analyse des bénéficiaires jusqu’à la ligne budgétaire.
Trois modules, des notes conceptuelles à la sortie
Le programme, confié à un cabinet de formation, mobilise deux spécialistes complémentaires : l’un en finance climatique et en montage de projets, l’autre en genre et changement climatique. Le premier jour sera consacré à l’architecture de la finance climatique, aux mécanismes comme le FVC et le FEM, à leurs critères d’éligibilité et aux raisons pour lesquelles tant de dossiers échouent. L’après-midi basculera sur les vulnérabilités différenciées face au climat et sur les exigences genre des grands fonds.
Le second jour sera plus concret. Analyse des parties prenantes, chaîne de résultats, indicateurs désagrégés, budgétisation sensible au genre : les outils seront mis entre les mains des participants avant de passer à la pratique. Cinq groupes travailleront chacun sur un projet de note conceptuelle ancré dans un territoire pilote du projet : Korhogo et Odienné, Yamoussoukro autour du lac de Kossou, l’axe Soubré-Méagui-San Pédro, le Grand Abidjan avec Jacqueville, et Bouaké. Chaque note sera ensuite soumise à la revue croisée d’un autre groupe. Un pré-test et un post-test permettront de mesurer ce que chacun aura réellement appris.
Phase décisive
Approuvé par le FEM en novembre 2023 et lancé officiellement le 28 novembre 2024, le projet « Intégration de la mobilité électrique avec des solutions d’énergies renouvelables » dispose d’un budget global de 2,27 millions de dollars, dont 1,6 million de don du FEM et le reste en contrepartie de l’État ivoirien. L’ONUDI en est l’agence d’exécution. Il cible en priorité les coopératives et les entrepreneurs de l’agroalimentaire et du vivrier des zones périurbaines et rurales, avec un accent sur les deux et trois-roues électriques, mieux adaptés aux réalités locales.
L’atelier s’inscrit dans la composante consacrée au cadre institutionnel et au mécanisme national de financement de la mobilité électrique. Depuis août, le Groupe A3E, opérateur technique retenu, conduit les études des pilotes de démonstration. Former les acteurs à aller chercher l’argent du climat, c’est préparer la suite : faire en sorte que ces démonstrations ne restent pas des vitrines isolées.
La cérémonie d’ouverture, prévue mardi à 9 heures, verra se succéder le président du comité d’organisation, la Secrétaire nationale de la CNFEM, la Représentante pays de l’ONUDI, Mme Volatiana Rakotondrazafy Andriatahina, puis le représentant du ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, qui prononcera l’allocution d’ouverture officielle. Les travaux s’achèveront mercredi en fin d’après-midi.
Les organisateurs le reconnaissent volontiers : deux jours ne suffiront pas à décrocher un financement du Fonds vert. Mais si une seule des notes conceptuelles écrites au Novotel finit sur le bureau d’un bailleur, la Côte d’Ivoire tiendra peut-être son premier projet de transport financé par le Fonds vert pour le climat. Et il aura été pensé, dès sa première ligne, avec les femmes qui font vivre les marchés du pays.
ARS et Service Communication du projet FEM 11042
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