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DABOU- Amadou Koné s’engage pour « une mobilité ivoirienne » au féminin avec le Top 50 des femmes leaders de la mobilité
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Redaction
Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a parrainé ce jeudi 15 octobre 2026 l’étape inaugurale du Top 50 des femmes leaders de la mobilité en Côte d’Ivoire, en présence effective de son homologue des Sports, Adjé Silas Metch. Devant les lauréates, il a dressé un constat sans détour sur la place des femmes dans le secteur et annoncé plusieurs pistes de réforme.
Dabou a vécu une matinée particulière ce jeudi. C est dans un complexe hôtelier de la ville que la première étape du Top 50 des femmes leaders de la mobilité en Côte d’Ivoire, une initiative du Réseau africain des Elles / Femmes en mobilité (AFEM). L’événement est placé sous le haut patronage de Kandia Camara, présidente du Sénat et marraine d’honneur, et d’Amadou Koné, ministre des Transports et des Affaires maritimes, parrain de la cérémonie.
Aux côtés d’Amadou Koné, le ministre des Sports, Adjé Silas Metch, fils de la région, a pris une part active à la cérémonie. Autorités administratives, élus, chefs traditionnels, guides religieux, responsables d’entreprises de transport et femmes du secteur ont également répondu présents à la rencontre, ouverte par l’hymne national et une prière œcuménique.
Dabou, « carrefour historique de la mobilité »
Au nom du maire, le premier adjoint Birahima Cissé a souhaité la bienvenue aux invités. Il a rappelé que Dabou est, depuis l’époque coloniale, un carrefour de la mobilité, et que le choix de la commune pour cette étape inaugurale témoigne de sa place croissante dans le secteur des transports. Il a salué un engagement à valoriser les compétences féminines « dans un domaine encore trop souvent perçu comme réservé aux hommes ».
La présidente du comité d’organisation et du réseau AFEM, Emylienne Djadja, a ensuite rendu hommage à quelques figures du Top 50, dont la colonel-major Aya Odette Kouakou, ainsi qu’à des pionnières du transport du personnel et de la mobilité électrique. Elle a remercié le ministre Amadou Koné pour sa disponibilité malgré un agenda chargé, en souhaitant que Dabou connaisse la même transformation que Bouaké, commune dont il est le maire.
Don
Hôte de la cérémonie, le ministre des Sports, Adjé Silas Metch, a annoncé au nom de son « frère » Amadou Koné un don global de 4,2 millions de francs CFA. Le comité d’organisation en reçoit 2 millions. Le reste est réparti entre les chefs traditionnels, les guides religieux, les chefs de communauté, l’association des femmes, la jeunesse, les troupes de danse et la maîtresse de cérémonie.
Moment fort de la matinée : Amadou Koné a été symboliquement adopté par les chefs de la région des Grands-Ponts. Revêtu du pagne traditionnel, il est désormais considéré comme « fils de la région ».
Le réseau AFEM a, de son côté, offert 200 000 FCFA à chacune de trois structures de Dabou : la pouponnière, la maternité de l’Hôpital général et celle de l’Hôpital méthodiste.
« Trois constats qui ne peuvent plus durer »
Prenant la parole, Amadou Koné a dit son émotion devant « 50 parcours d’exception qui forcent le respect ». « Chacune de vos histoires raconte le combat de milliers d’autres femmes qui se battent chaque jour pour se déplacer, pour déplacer leurs marchandises, pour faire vivre leurs familles », a-t-il lancé.
Le ministre a ensuite livré un diagnostic chiffré. Les femmes représentent 52 % de la population ivoirienne. Selon l’OSER, elles effectuent en moyenne 3,5 déplacements par jour, contre 2,8 pour les hommes, et sont les principales usagères des wôrô-wôrô, des gbakas, de la SOTRA, des bateaux-bus et des pinasses. Pourtant, moins de 5 % des permis de transport en commun sont détenus par des femmes, moins de 3 % des officiers de la marine marchande sont des femmes, et moins de 10 % des entreprises de transport agréées sont dirigées par elles. Aucune femme ne préside une grande faîtière nationale de transporteurs routiers.
« Il y a là une incohérence profonde. Comment concevoir une mobilité sûre pour celles qui l’utilisent le plus, sans elles ? », a-t-il interrogé.
Exemples à l’appui, il a cité Kigali, où les accidents mortels auraient chuté de 30 % en trois ans avec 40 % de femmes parmi les conducteurs de motos-taxis, et Bogota, où une femme maire a conçu un système de bus pensé d’abord pour la sécurité des femmes la nuit. Il a aussi évoqué l’estimation de la Banque mondiale selon laquelle l’Afrique perd 12 % de croissance dans le secteur des transports à cause des inégalités de genre.
« Notre ambition dans le PND 2026-2030 est de faire baisser de 25 % les coûts logistiques. Nous n’y arriverons pas sans intégrer 500 000 femmes dans la chaîne de valeur », a-t-il prévenu.
Perspectives
Le ministre des Transports et des Affaires Maritimes a rappelé que 500 femmes chauffeurs professionnelles ont été formées et ont obtenu leur permis grâce au Fonds de développement du transport routier (FDTR), et que 87 % d’entre elles sont aujourd’hui en emploi. Un quota minimum de 30 % de femmes est par ailleurs encouragé dans les conseils d’administration des structures sous tutelle. Il a aussi glissé qu’à la mairie de Bouaké, il s’est assuré d’avoir plus de 44 % de femmes dans ses équipes.
Trois pistes ont été annoncées : la création d’un Réseau ivoirien des femmes de la mobilité, dont le Top 50 serait le noyau fondateur et qui serait consulté sur les grandes réformes du secteur ;
l’obligation, pour toute entreprise sollicitant ou renouvelant un agrément de transporteur, de présenter un plan genre avec au moins 15 % de femmes parmi les conducteurs et 30 % dans l’encadrement ;
des bourses d’études à l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer pour former de jeunes filles officiers, pilotes et ingénieures maritimes.
« Vous n’êtes pas l’avenir de la mobilité. Vous en êtes le présent »
S’adressant aux jeunes filles de Dabou, Bouaké, Man ou Odienné, Amadou Koné a eu ces mots : « Longtemps on vous a dit que le volant, le navire et le camion n’étaient pas pour les femmes. Aujourd’hui, les femmes nous démontrent le contraire. » Il a cité en exemple de jeunes Ivoiriennes devenues pilotes de ligne, dont l’une aux commandes de l’un des plus gros avions du monde.
Avant de conclure, Amadou KONE a profité d’Octobre rose pour inviter les femmes du secteur à se faire dépister du cancer, demandant aux chefs de communauté, guides religieux et responsables d’associations de relayer le message. « Tout ceci n’est possible que lorsqu’on a la bonne santé », a-t-il insisté.
« Chères femmes, vous n’êtes pas l’avenir de la mobilité. Vous en êtes le présent. Et avec vous, la mobilité ivoirienne sera plus sûre, plus durable, plus humaine et plus prospère » a-t-il soutenu sous les acclamations de la salle.
Amadou Koné a appelé les femmes à se former dès maintenant pour les grands projets à venir, notamment le métro d’Abidjan et le BRT, ainsi que dans la logistique. « Nous attendons les conclusions de leurs réflexions », a-t-il ajouté.
Adams Régis SOUAGA et Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes
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