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Développement- Amadou Koné soutient Georges Bohoussou lors de son investiture à la tête de la MUDEN

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Le village de N’Gbékro, dans le département d’Attiégouakro, a vécu une journée à part. Sous les vivats de la population, Georges Bohoussou a officiellement pris la présidence de la Mutuelle de Développement Économique, Social et Culturel de N’Gbékro (MUDEN), aux côtés d’un homme que tout le monde attendait : le ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné, venu présider la cérémonie en habitué des lieux plus qu’en simple invité de marque.

Sous le grand hangar dressé au stade Nanan N’Gbé, entre les couleurs bleu et or de la MUDEN et les youyous des femmes du village, la cérémonie a aussi été la pose de la première pierre du futur marché de N’Gbékro, symbole très concret des ambitions que le nouveau président entend porter.

Georges Bohoussou a d’abord rendu hommage à ses prédécesseurs, Konan Jean et Kouadio Victor,  ce dernier disparu , rappelant que « aucun développement durable ne peut être construit sans organisation, sans solidarité et sans engagement collectif ».

Cap

Le nouveau président a ensuite fixé le cap. Il entend conduire une mutuelle « qui rassemble », « qui écoute », « qui agit » et « qui rend compte », avec pour priorités le renforcement de l’unité entre les fils et filles du village, la mobilisation des cadres et de la diaspora, l’autonomisation des femmes, l’insertion de la jeunesse, le soutien à l’éducation et à la formation, ainsi que l’amélioration des infrastructures et des activités économiques et agricoles. La construction du futur marché du village, dont la première pierre a été posée le jour même, en constitue le premier symbole.

« Je ne promets pas de tout réaliser seul », a-t-il prévenu, avant de lancer un appel aux cadres de N’Gbékro, où qu’ils se trouvent, à mettre leurs compétences au service du village, et à la jeunesse à ne jamais douter de ses capacités.

La cérémonie s’est déroulée sous le patronage du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, et sous le parrainage du ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso , tous deux représentés respectivement par le directeur régional du Commerce et de l’Industrie et le directeur général des Cultes. Le ministre Amadou Koné en assurait la présidence.

Fraternité

Mais c’est bien la relation entre les deux hommes qui a donné à cette investiture sa tonalité particulière. Tout commence il y a plus de vingt ans, loin de la Côte d’Ivoire. De 1996 à 2021, Georges Bohoussou fait carrière à la Banque africaine de développement (BAD), alors installée à Tunis pour cause de crise ivoirienne. Il y devient président de l’association des Ivoiriens de la BAD. De son côté, Amadou Koné y siège comme administrateur, représentant la Côte d’Ivoire, la Guinée Équatoriale et la Guinée Conakry  au conseil d’administration, de 2011 à 2014.

C’est dans ce contexte que le futur ministre repère celui qui deviendra son collaborateur le plus fidèle. « C’est le ministre Amadou Koné, alors en poste à la BAD, qui m’a repéré à Tunis pendant mon séjour là-bas », a raconté Georges Bohoussou devant ses parents, très ému. « C’est lui qui a véritablement impulsé la démarche ayant permis mon retour à Abidjan. » Le retour de la Banque à Abidjan, en 2014, marque aussi celui d’Amadou Koné en Côte d’Ivoire.

C’est peut-être le moment le plus fort de la cérémonie. Alors que Georges Bohoussou venait de saluer publiquement son mentor et de rappeler sa présence à ses côtés lors du décès de son fils , un souvenir accueilli par un tonnerre d’applaudissements , Amadou Koné a pris la parole pour renvoyer, à son tour, l’hommage à son collaborateur.

Plutôt que de s’attribuer le mérite de ce parcours, le ministre a salué la modestie de Georges Bohoussou et rappelé que son retour et son ascension tenaient d’abord à ses propres efforts. « Dans le contexte de division qui prévalait alors parmi les Ivoiriens de la BAD, c’est en tant que président de leur association que Bohoussou a su rassembler tout le monde autour d’un objectif commun, et c’est main dans la main que nous avons œuvré pour ce retour collectif à Abidjan », a-t-il insisté, saluant une contribution qu’il a jugée déterminante.

Compétence

Ce geste résume assez bien la méthode Amadou Koné : un management qui ne se limite pas aux organigrammes. Après Tunis, Georges Bohoussou représente la BAD au Burkina Faso puis au Togo de 2016 à 2021, avant de rentrer définitivement en Côte d’Ivoire. Amadou Koné le nomme alors directeur de la planification, des projets, des statistiques et de la prospective au ministère des Transports, avant d’en faire son conseiller technique chargé des projets, puis directeur de cabinet adjoint à la mairie de Bouaké, dont le ministre est également député-maire. Une fidélité de plus de deux décennies que Georges Bohoussou a résumée en une phrase, la voix nouée : celui qui fut son patron « n’est plus trop un patron, mais un membre entier de ma famille ».

Loin des discours protocolaires, c’est cette proximité assumée ,  un ministre capable de se déplacer un dimanche dans un village malgré un agenda chargé, de partager le deuil d’un collaborateur, de le tirer vers le haut sans jamais s’en prévaloir ,  qui a marqué l’assistance. Une générosité et une disponibilité que la population de N’Gbékro n’a pas manqué de saluer à son tour.

Autour d’eux, une importante délégation : le préfet du département d’Attiégouakro, le chef de canton Nanafoué, à la tête de 29 villages, entouré de l’ensemble de ses chefs de village, le directeur général de la CNPS, le secrétaire général du FDFP, ainsi que de nombreux cadres. Bouaké s’était également déplacée en nombre, avec la vice-présidente de l’Assemblée nationale Traoré Fatoumata Diop, la députée Jacqueline Nguessan, le directeur de cabinet du ministère des Transports et des Affaires Maritimes Dioman Coné, et une trentaine de cadres composant la délégation ministérielle.

Une mobilisation à la mesure de l’événement, pour un village qui entend désormais écrire, uni, la prochaine page de son développement.

                           Adams Régis SOUAGA et Sercom Amadou Koné