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SANTE- Les Pathologistes réfléchissent à la visibilité de la corporation et aux conditions d’une pratique réussie contre les cancers
Publié
10 heuresle
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Redaction
Les travaux des 3è Journées de la Société Ivoirienne de Pathologie prennent fin ce vendredi 5 juin à Bouaké après d’intenses moments de réflexion sur la contribution de cette spécialité médicale au traitement des cancers et autres maladies qui exigent des diagnostics précis avant les prescriptions des cliniciens. Réunis depuis mercredi 3 juin, des médecins-pathologistes venus de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Sénégal, du Gabon, de la France et de la Belgique sont réunis à Bouaké durant trois jours pour échanger sur les avancées de la discipline pathologique et trouver des réponses de visibilité à cette discipline médicale au regard des enjeux de santé publique de nos Etats africains. La discipline est méconnue mais déclenche toute son importance dans la prise de décision dans le traitement des cancers qui sont la nouvelle menace de santé publique en Côte d’Ivoire, avec, selon l’enquête GLOBOCAN 2020, 21 354 nouveaux cas pour 14 000 décès dûs aux cancers. Le thème de ces troisièmes Journées est « Anatomie et Cytologie pathologiques, Santé et Société » et a battu le rappel des Maîtres de la discipline en Côte d’Ivoire, à commencer par le formateur-père des pathologistes Ivoiriens, Professeur DIOMANDE Mohenou Isidore Jean-Marie, Doyen honoraire de l’UFR des Sciences Médicales de l’université Félix Houphouët-Boigny. Selon ce dernier, il faut travailler à augmenter le nombre de pathologistes en Côte d’Ivoire et, au-delà, en Afrique noire, au regard des besoins de diagnostic de qualité en un délai rapide pour faciliter la prise en charge et le traitement des malades par les cliniciens. « En Côte d’Ivoire, pour 30 millions d’habitants, il n’y a que 25 pathologistes », avant de préciser que « dans les CHR, il n’y a pas d’activité, tous les prélèvements doivent arriver dans les CHU. » Comme solution, Professeur Diomandé Jean-Marie recommande la construction de « beaucoup de laboratoires, il faut qu’on forme les pathologistes pour qu’ils viennent au contact de la population, aider le système de santé à répondre rapidement au diagnostic pour que les malades puissent être traités de façon efficaces. » Il se satisfait que de jeunes pathologistes soient actuellement affectés dans des centres de santé de référence, en phase expérimentale à Korhogo et San Pedro.
Décisif
Professeur MCA Kouyaté Mohamed, président de la Société ivoirienne de Pathologie a salué la tenue de cette rencontre, après un report. Pour lui, ces journées et ce « congrès constituent l’occasion de réaffirmer la place centrale et irremplaçable de notre spécialité dans l’architecture de notre système de soins. » Poursuivant, il a soutenu qu’« en Côte d’Ivoire comme dans beaucoup de pays en Afrique subsaharienne, la pathologie fait face à des défis structurels, qu’il nous faut nommer avec lucidité et affronter avec détermination » comme « l’accessibilité, les ressources humaines, des équipements et des consommables. « De nombreux laboratoires fonctionnent dans des conditions matérielles précaires » assurant que « la technologie offre des leviers d’une puissance inédite, la révolution numérique transforme déjà profondément la pratique de la médecine dans les pays développés et frappe à nos portes. » La télépathologie, l’intelligence artificielle qui ouvre des perspectives fascinantes pour la discipline tout en réfléchissant collectivement aux conditions de leur déploiement dans les conditions spécifiques de l’Afrique, sont des raisons de la tenue de ce congrès. « Sans pathologistes en nombre suffisant, sans accès à des examens de qualité » le cancer continuera de faire des morts. « Ce plaidoyer, nous le porterons » a insisté Kouyaté Mohamed et émane de « citoyens médecins » engagés dans le développement de la Côte d’Ivoire.
Stratégie
Professeur N’da Kouamé Justin, président du comité d’organisation et l’un des deux spécialistes du CHU de Bouaké salue les « programmes que le président Alassane OUATTARA a mis en place en matière de santé publique du fait de la transition épidémiologique avec le cancer qui prend de l’ampleur. Or, la maladie cancéreuse a besoin d’un diagnostic clair » et le service adapté est l’anatomie, la cytologie pathologique. « Le traitement du cancer a évolué avec le temps, le traitement s’est affiné avec des traitements ciblés sur les molécules qui sont dans les noyaux>> explique Prof. N’da Justin. Il préconise pour sa part, une Rencontre de Concertation Pluridisciplinaire « parce qu’aucun service ne peut seul prendre en charge, seul, le cancer. » Professeur N’da Justin se satisfait du choix porté sur Bouaké pour accueillir cette rencontre majeure. « Car, il y a dix ans, l’anatomie-pathologie qui est aujourd’hui pratiquée à Bouaké n’existait pas, il y a cinq ans seulement que le service d’anatomie-pathologie existe à Bouaké et tous les bailleurs de fonds, en appui à l’Etat de Côte d’Ivoire, ont donné des moyens pour aider le CHU de Bouaké à asseoir le premier centre de diagnostic du cancer », unique centre de diagnostic à l’intérieur du pays.
Au nom du préfet de la région de Gbêkê, le Secrétaire Général de Préfecture, Vanié Bi Jean-François a rappelé que les cancers résultent des facteurs environnementaux qui imposent des stratégies adaptées à nos réalités. Le coût économique des cancers en Afrique, en 2020, est estimé à 26 milliards de dollars US pour 66% des ménages touchés à l’échelle du continent avec un taux d’abandon de traitement de l’ordre de 36 à 54%.
Face à l’appauvrissement de la population, il est donc urgent de réagir avec des décisions d’investissement en intrants et en matériels de pointe par la coopération sous-régionale comme le fait déjà la CEDEAO avec l’Institut Pasteur sur certains volets. Le matériel obsolète, la mauvaise coordination pluridisciplinaire, l’absence de pathologistes dans les CHR et les hôpitaux généraux crée une surcharge de travail. Selon le Doyen honoraire de l’UFR de Médecine de l’université Félix Houphouët-Boigny, Professeur Diomandé Jean-Marie, « il faut soutenir l’attractivité de la profession, investir dans les technologies et rendre attractif le profil de carrière. » Prof. Lompo Olga du Burkina Faso a indiqué que son pays est en voie de doubler les effectifs dans un délai de cinq ans, assorti d’une révision du curricula de formation. L’apport de l’intelligence artificielle sous surveillance médicale a été présentée comme un instrument de facilitation du comptage des cellules. La Déclaration d’Abuja en 2001 a recommandé l’octroi de 15% des budgets à la santé, quad celle de Maputo, demandait d’intégrer le Plan stratégique des laboratoires aux plans nationaux de développement sanitaires. Un vœu pas encore réalisé dans les pays africains au sud du sahara.
ARS et Celcom SIPath
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