Chefs traditionnels, opérateurs économiques du secteur du transport routier et société civile étaient réunis dans la Salle Polyvalente de l’Hôtel de Ville de Bouaké ce vendredi 8 mai pour le lancement officiel de l’étude de faisabilité du projet de Zone Logistique et Industrielle de Bouaké (ZLIB). Une cérémonie solennelle qui marque une étape décisive dans l’ambition de faire de la deuxième ville de Côte d’Ivoire un hub logistique majeur de l’Afrique de l’Ouest.
Amadou Koné a rappelé que le projet s’inscrit dans la politique ambitieuse d’aménagement du territoire impulsée par le Président de la République, SEM Alassane OUATTARA, avec pour objectif de faire de chaque région un pôle de croissance.
« Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire, carrefour historique entre le nord et le sud, l’ouest et l’est, a une vocation naturelle à devenir un hub logistique majeur de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il souligné.
Le ministre des Transports et des Affaires Maritimes a également rappelé que c’est par décret N°2025-130 du 26 février 2025 que le Gouvernement a officiellement adopté le projet et déclaré d’utilité publique le site retenu : environ 550 hectares situés à proximité de l’échangeur de Sakassou, sur l’autoroute du Nord.
Objectifs
La future Zone Logistique et Industrielle de Bouaké répond à des enjeux nationaux précis, articulés autour de trois axes : désengorger le Port Autonome d’Abidjan et fluidifier les chaînes d’approvisionnement nationales ; rapprocher les outils de production des bassins agricoles du centre, du nord et de l’ouest du pays et créer massivement des emplois durables pour la jeunesse ivoirienne.
« Le Ministère des Transports et des Affaires Maritimes fait de la réalisation de ce projet une priorité», a affirmé son représentant M. ABDOULAYE Alliagui.
Bouaké dispose d’une position géostratégique de premier ordre : à la croisée des corridors Abidjan-Ouagadougou et Abidjan-Bamako, à moins de 48 heures de route des ports ivoiriens et des frontières du Mali, du Burkina Faso et du Ghana. La ville bénéficie également d’une connectivité multimodale unique, ligne de chemin de fer, autoroute du Nord et aéroport international ainsi que d’un vivier de compétences grâce à son université, ses grandes écoles et ses centres de formation professionnelle.
Le BNETD a été mandaté pour conduire une étude de faisabilité technique, économique, environnementale et sociale d’une durée de dix (10) mois. Elle devra répondre à des questions clés : structuration de la zone, activités prioritaires à promouvoir, mode de gestion, plan d’indemnisation des personnes impactées et coût total des investissements.
Quatre villages sont concernés par le projet : Pinikro, Bendèkouassikro, Akanzakro et N’Dakro. Le ministre des Transports et des Affaires Maritimes a tenu à rassurer les propriétaires terriens affectés : « Un plan d’actions de réinstallation sera élaboré dans le cadre de cette étude en vue de leur indemnisation.»
Stratégie nationale
Ce lancement s’inscrit dans une dynamique nationale de décentralisation logistique. Le projet de ZLIB figure dans le Plan National de Développement (PND) 2026-2030 et dans le Plan National de la Logistique 2026-2040, un programme d’envergure dont le coût global est estimé à 9 800 milliards de francs CFA (environ 15 milliards d’euros).
Yamoussoukro a déjà engagé son propre projet de plateforme logistique multifonctionnelle de 28,5 hectares à Kokrenou-Ouest, dont les travaux sont prévus entre 2027 et 2028 pour une ouverture en 2029. Adzopé s’apprête également à suivre. Bouaké, elle, vient d’en franchir officiellement la première étape.
La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités à savoir M. VANIÉ BI Jean François, Secrétaire Général de Préfecture représentant le Préfet de Région, M. SILUÉ Pégabila, 3e Adjoint au Maire, des élus locaux, des représentants du BNETD (Bureau National d’Études Techniques et de Développement), ainsi que plusieurs acteurs de la chaîne logistique ivoirienne. C’est M. Abdoulaye ALLIAGUI, Directeur Adjoint de Cabinet du Ministère des Transports et des Affaires Maritimes, qui a représenté Amadou KONÉ et lu son discours devant l’assemblée.
Adams Régis SOUAGA et Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes