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Côte d'Ivoire

Soubré – 09 ans après la mise en service du barrage : Les impactés sollicitent une rallonge de l’indemnisation au gouvernement

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La quasi-majorité des bénéficiaires de l’indemnisation des riverains du barrage hydroélectrique de Soubré ne savent plus à quel saint se vouer. Inauguré en 2017 par le chef de l’État, neuf (09) années après, ce qui avait suscité l’espoir d’une vie meilleure pour ces riverains s’est transformé en cauchemar. Incursion dans une vie de galère expliquée par L’Honorable Mathurin Dissia, instituteur à la retraite et chef de la tribu Nigagba (ou Gninagbiwi), rencontré à son domicile de Galléa, à quelques encablures de la ville de Soubré, sur l’axe Soubré-Méagui.

Il n’est pas allé du dos de la cuiller pour fustiger le comportement des ”nouveaux riches” qu’étaient devenus les bénéficiaires des indemnisations du barrage. ”L’argent nous a surpris”, reconnaît-il, pour expliquer l’attitude dépensière de ses concitoyens. Pour des personnes qui tiraient le diable par la queue, certains ne voyant même pas la queue du diable pour la tirer, c’était comme dans un rêve de se voir millionnaires du jour au lendemain. Sans projets pour l’avenir avant cette brusque richesse. Voitures, femmes, alcool, réalisation de petits projets sans lendemain, notamment des ”maquis” sans aucune maîtrise de la gestion confiée à des ”maîtresses” inexpérimentées, etc. le gaspillage a été total. Au point où nombreux sont les bénéficiaires qui, aujourd’hui, vivent dans le dénuement total. Avec leurs familles, et aussi celles des épouses qui ont fait fi de ”la folie passagère de nouveaux riches sans ambitions” des pères de leurs enfants. Pour une galère, en tout cas, c’est la galère.

De Kpéhiri, village communal de Soubré, à Gnamangui, en passant par Koperagui, Galléa et Kouamékro, des villages qui ont subi un véritable désastre écologique, les millionnaires d’hier attendent le bon samaritain. Mais ils ont une ombre de papier à cigarettes d’espoir…très mince. Le Président de la République, dans sa magnanimité, pourrait entendre leur cri de désespoir.

Pour L’Honorable Mathurin Dissia, « c’est vrai, nous avons désormais des villages quelque peu modernes. Avec des infrastructures qui nous permettent de dire que nous avons amorcé le développement, grâce au barrage. Mais, avec la situation que nous vivons actuellement, nous ne pouvons que tendre la main. Au gouvernement », implore-t-il.

C’est que, au moment de l’indemnisation, le gouvernement a désintéressé les riverains à hauteur de 400 f le mètre carré impacté, comme en zone rurale. Pour tous.

Or, presque tous les villages qui sont sur l’emprise du plus important barrage hydroélectrique du pays sont rattachés à la Commune de Soubré. L’indemnisation urbaine étant de 1000 Fcfa le mètre carré, les riverains pourraient s’attendre à une rallonge de 600 Fcfa, ou à 400 ou 200 Fcfa à tout le moins. Ce qui pourrait redonner vie aux rescapés de la gabegie. De nombreux autres n’ayant pu supporter et sont morts.

Instruits par la mésaventure de l’euphorie d’il y a 9, 10 ou 13 ans en arrière, certainement que cette nouvelle manne pourrait servir à bon escient. La paix et la cohésion sociale aussi s’en porteraient mieux dans une zone où allochtones et allogènes se disputent la production du cacao, du palmier à huile et de l’hévéa. La courte échelle du gouvernement pourrait faire reculer l’insécurité due à l’oisiveté des jeunes. Vivement que le cri de détresse de ces populations soit entendu !

Une correspondance de Laurent Nahounou

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