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Santé- Près de 1000 personnes dépistées et vaccinées contre les hépatites virales à Bouaké
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2 heuresle
Par
Redaction
925 personnes dépistées des hépatites virales dans les centres de santé urbain de Koko, Dar Es Salam et Sokoura, à Bouaké pour contrer cette maladie qualifiée de <<tueuse silencieuse>> et dont le mode de contamination et ses symptomes font croire que le malade souffre de paludisme tant elles ont en commun des manifestations. Ne bénéficiant pas des memes projecteurs que bien de maladies, les hépatites virales menacent la population ivoirienne du fait des modes de contamination qui résident dans des actes du quotidien, insoupconnés et des rapports sexuels. Vendredi 19 juin dernier, entre dépistage et vaccination, des conseils ont été prodigués aux visiteurs par Prof. Affi Roseline du Programme National de lutte contre les hépatites virales.
Cette activité s’est menée avec le soutien au Programme de l’organisation non gouvernementale SOS Hépatites Côte d’Ivoire avec son président Yoman Yao Boniface. Il a indiqué être << à Bouaké dans le cadre de la lutte contre les hépatites virales, qui sont des maladies méconnues des populations.>> <<Alors que ce sont des maladies endémiques qui touchent une grande partie de la population et dont le taux de prévalence est élevé, elles restent malheureusement ignorées par l’ensemble de la population ivoirienne. Nous avons choisi de nous mobiliser dans le cadre de la sensibilisation des populations sur ce tueur silencieux>> a-t-il soutenu.
Prévalence
Yoman Yao Boniface poursuit pour faire savoir que << dans le contexte africain, et ivoirien en particulier, nous sommes frappés par ce qu’on appelle l’hépatite virale B. C’est l’hépatite la plus répandue en Côte d’Ivoire. Son taux de prévalence oscille entre 6 et 8 %, ce qui signifie qu’il est supérieur de 6 à 8 fois à celui du VIH-Sida. Le VIH a une prévalence de 1,32 % alors que l’hépatite virale B se situe entre 6 et 8 %. Vous voyez donc que c’est un taux très élevé>> relève-t-il. Il soutient que <<malheureusement, l’hépatite B reste une maladie méconnue de la population ivoirienne.>>
Le président de SOS Hépatites Côte d’Ivoire fait savoir que <<pour le commun des mortels, l’hépatite virale est une maladie du foie provoquée par un virus>> avant de préciser qu’il <<existe cinq types d’hépatites : l’hépatite A, B, C, D et E [avec pour chaque type] son mode de contamination.>> <<Les hépatites A et E sont transmises par les mains sales ou les aliments souillés. Quand on va aux toilettes, qu’on ne se lave pas bien les mains avec de l’eau et du savon, et qu’on touche des aliments, on les contamine. De manière générale, c’est dû au péril fécal lié à une hygiène approximative. Heureusement, le corps réussit à se débarrasser seul de ces deux formes. Ce qui est beaucoup plus sérieux, et qui fait l’objet de notre campagne, c’est l’hépatite B. L’hépatite B s’attrape de la même manière que le virus du VIH. Tous ceux qui connaissent le mode de contamination du VIH connaissent en même temps celui de l’hépatite B. Cependant, c’est un virus beaucoup plus résistant que celui du VIH, et ça, les gens l’ignorent>> insiste Yoman Yao Boniface.
<<Cette maladie se transmet par le sang, les objets contaminés et les relations sexuelles. C’est une Infection Sexuellement Transmissible (IST). Elle se transmet par les rapports sexuels, le liquide vaginal, le sperme, et aussi par la salive si celle-ci est contaminée et qu’il y a des blessures dans la bouche. Il faut attirer l’attention des populations : le virus de l’hépatite B est quasi indestructible à l’alcool et à l’éther. Le virus du VIH, en dehors du corps humain, ne peut pas résister au-delà de 24 heures. Le virus de l’hépatite B, lui, peut faire 7 jours à l’air libre>> explique le président de SOS Hépatites Côte d’Ivoire. Il interpelle les coiffeurs et coiffeuses à bien désinfecter leurs matériels de travail pour éviter d’être des vecteurs de transmission involontaire.
Il soutient que <<notre ONG, SOS Hépatite Côte d’Ivoire, accompagne le Professeur Allah Kouadio Émile, qui est le directeur coordonnateur du Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales (PNLHV). Dans sa mission de sensibilisation et de dépistage confiée par le gouvernement, je l’accompagne pour la mobilisation sociale, populaire et la sensibilisation sur les antennes afin que les gens viennent se faire dépister.>> .
Insuffisance
Pour cette activité qui s est étendue du mardi 16 au 20 juin dernier, à Bouaké, un renforcement de capacités des agents de santé communautaire et la formation de membres du corps médical ont eu lieu. La formation a porté <<sur le mode de transmission, les facteurs de risque, les complications (cirrhose et cancer) et les mesures de prévention, pour qu’ils puissent relayer ces informations sur le terrain comme ils le font déjà pour le VIH ou la tuberculose.>> Il assure que <<les spécialistes sont en nombre insuffisant : on ne compte que 30 hépatologues pour toute la Côte d’Ivoire, dont seulement 4 à l’intérieur du pays, répartis entre Bouaké et Yamoussoukro, le reste étant concentré à Abidjan. Former les médecins généralistes permet donc de pallier ce manque de spécialistes.>>
Le vaccin de protection, disponible sur tout le territoire, se fait en trois doses à raison de 3 500 francs la dose dans les antennes de l’institut national d’hygiène publique. M.Yoman précise <<qu’au bout de trois mois, à raison d’une dose par mois, vous êtes protégé pour toute la vie contre l’hépatite B et le cancer du foie. C’est pour cela que l’on dit que le vaccin contre l’hépatite B est le tout premier vaccin contre le cancer>> et d’annoncer la poursuite de la campagne à Niakaramandougou, Odiénné, Toumoudi, Kokumbo et Djékanou.
Prof. Inwolé André, pharmacien biologiste au laboratoire CDRS du CHU de Treichville a indiqué que, <<actuellement, avec le programme, nous travaillons à faire en sorte que les tests de dépistage soient disponibles dans nos différents établissements sanitaires, surtout dans le secteur public, car seuls quelques laboratoires les réalisent pour le moment. En collaboration avec le Programme National de Lutte contre le Sida, un dépistage combiné systématique – comprenant l’hépatite virale B, le VIH et la syphilis – a été mis en place pour toutes les femmes enceintes en Côte d’Ivoire, et ce, dans tous les établissements de santé. L’objectif est maintenant de passer à une autre étape pour la population générale.>>
<<Le message essentiel à lancer à la population générale est de se faire vacciner pour se protéger>> a-t-il insisté et de préciser que <<l’hépatite B est une maladie contre laquelle nous disposons d’un vaccin hautement efficace, il faut donc l’utiliser.>>
Prof. Allah-Kouadio Emile a effectué le déplacement de Bouaké pour assurer formation et suivi de cette activité. Il a réitéré l’invitation à la population pour effectuer le dépistage et le vaccin ou la prise en charge de ceux qui seront dépistés positifs.
Adams Régis SOUAGA
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