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Presse- La direction de Jeune Afrique annonce le décès par Covid-19 de Béchir Ben Yahmed

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Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique, est décédé ce 3 mai 2021.
Le fondateur de Jeune Afrique s’est éteint ce lundi 3 mai à l’âge de 93 ans. Il était hospitalisé à Paris depuis la fin du mois de mars après avoir été contaminé par le Covid-19.
Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afrique, est décédé lundi 3 mai à l’hôpital parisien Lariboisière des suites d’une contamination au Covid-19.
Né à Djerba le 2 avril 1928, dans une Tunisie sous protectorat français, il intègre en 1947 HEC, à Paris, où il est le seul étudiant africain. À l’issue de ses études, il s’engage dans le mouvement indépendantiste tunisien au sein du Neo Destour de Habib Bourguiba dont il devient le bras droit et le confident. En 1954, il fait partie de la délégation tunisienne qui négocie avec le président du Conseil français, Pierre Mendès France, l’autonomie interne, puis l’indépendance.
Bourguiba lui confie, en 1956, le portefeuille de l’Information. À 28 ans, Béchir Ben Yahmed devient le plus jeune ministre du premier gouvernement de la Tunisie indépendante. Esprit libre et indépendant, il rompt en 1957 avec ce dernier, à qui il reproche son autoritarisme, pour se lancer dans le journalisme, sa passion de toujours.
Il part pour Cuba, où il rencontre Che Guevara, puis pour le Vietnam, où Hô Chi Minh et Pham Van Dong lui prédisent leur victoire sur le géant américain. Il fonde peu après l’hebdomadaire L’Action qu’il rebaptise Jeune Afrique en 1961. Pour se donner les moyens de son indépendance, il décide en 1962 de quitter Tunis pour Rome puis, deux ans plus tard, pour Paris où le groupe est toujours installé.
Personnalité respectée du monde des médias, Béchir Ben Yahmed a contribué à faire du journal le porte-voix de l’Afrique à l’international. Fondé pour accompagner le mouvement d’émancipation des peuples qui, à l’orée des années 1960, accèdent à l’indépendance, Jeune Afrique a pris une part active dans tous les combats qui ont depuis rythmé l’histoire du continent : contre les partis uniques et pour la démocratisation dans les années 70-80, pour l’indépendance économique dans les années 90-2000 et pour l’inclusion de l’Afrique dans la mondialisation dans les années 2000-2020.
Considéré à ses origines comme une gageure, le Groupe qu’il a créé célèbre cette année son soixantième anniversaire. Véritable école de journalisme où sont passés Frantz Fanon, Kateb Yacine et, plus récemment, les prix Goncourt Amin Maalouf et Leïla Slimani, “JA” a marqué des générations de lecteurs. Son influence lui a même valu d’être qualifié de “55e État d’Afrique”. À travers ses prises de position, notamment dans sa célèbre chronique “Ce que je crois”, Béchir Ben Yahmed a influencé plusieurs générations d’étudiants et de personnalités qui ont façonné le destin de l’Afrique.
Témoin privilégié de tous les soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, observateur et éditorialiste engagé, Béchir Ben Yahmed a côtoyé tout au long de sa carrière des personnalités déterminantes pour le continent : l’Égyptien Nasser, le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Patrice Lumumba, les chefs du FLN (et futurs présidents algériens) Ben Bella, Boumédiène et Bouteflika, le Sénégalais Senghor, l’Ivoirien Houphouët-Boigny, le Marocain Hassan II.
Autour de l’hebdomadaire Jeune Afrique, un groupe s’est constitué au fil des années, s’étoffant d’autres titres, de lettres d’information, d’une maison d’édition, d’un département consacré à l’organisation d’événements et, bien sûr, de sites d’information en ligne.
À la fin de la décennie 2000, Béchir Ben Yahmed avait passé les rênes du groupe à ses fils, Amir et Marwane, ainsi qu’au directeur de la rédaction, François Soudan. Son épouse Danielle, qui a joué un rôle essentiel à son côté tout au long de l’histoire du journal, avait notamment lancé la maison d’édition du groupe.
Toujours passionné par l’actualité, il avait lancé en 2003 un nouveau projet, La Revue, un magazine de réflexion sur l’actualité internationale (et non plus seulement africaine) qui fut mensuel pendant plusieurs années avant de devenir bimestriel.
À l’heure où le débat sur la pensée décoloniale et les identités bat son plein, Jeune Afrique continuera de mener les combats de son fondateur, ardent défenseur d’une Afrique souveraine, innovante et reconnue dans le monde à sa juste valeur.
Service communication Groupe Jeune Afrique

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