La Police nationale en sa section de lutte contre la cybercriminalité, la PLCC, a mis le grappin sur un ou une jeune activiste proche du PDCI-RDA qui répond au nom de Armelia Maserati sur tiktok. Dans une vidéo, cet individu invite la communauté des vieilles femmes Baoulé à se mobiliser pour sortir danser l’Adjanou, une danse mystique qui fragilise les atouts de l’adversaire ou ennemi.
Il se présente comme une courroie de transmission des messages de mobilisation contre le pouvoir dans une atmosphère de défi du Front Commun qui maintient sa manifestation de ce samedi 11 octobre. Ainsi, après une réunion qui aurait été tenue à la maison du PDCI-RDA, selon cet activiste, elle est revenue faire un compte-rendu.
<< […]Elles m’ont chargée de vous dire, à vous les femmes baoulé qui êtes à Abidjan, au village, en brousse, mais surtout celles qui sont à Abidjan, de nous préparer >> fait-il savoir.
Poursuivant, il soutient qu'<< autrefois, quand Houphouët-Boigny se battait avec les Blancs pour notre pays, il y avait une danse qu’on appelait Adjanou. C’est avec cette danse-là qu’on a arraché le pays aux Blancs. Donc, cette année, nous allons danser notre Adjanou.>>
<<Les Kangas (cela veut dire les esclaves ou les captifs — en fait, c’est le nom péjoratif pour désigner les Malinké) Donc, les Kangas ne veulent plus partir. Ils ne veulent plus nous rendre notre pays. Et nous, les Baoulé, et tous les enfants de la Côte d’Ivoire, nous ne sommes pas d’accord. Qu’ils nous rendent notre pays ! Quelque chose va se passer. Donc, on m’a chargée de vous dire cela>> poursuit cet individu.
Interpellant les Baoulé qui vivent à Abidjan, <<dans les quartiers, on m’a dit de vous dire de prendre un pagne rouge avec un pantalon ou un pagne noir en bas, mais que le haut soit rouge, avec un foulard rouge. Et mettez du kaolin ou de la poudre — une boîte de poudre — et nous allons danser l’Adjanou avec cela.>>
A entendre cet activiste Baoulé, le PDCI-RDA a opté pour la guerre car l’Adjanou est une danse guerrière qui consiste pour de vieilles femmes, généralement fortes en mysticisme, à se dévêtir ou à ne porter qu’un pagne blanc, <<kéné>>, pagne blanc en Baoulé, et à montrer leur intimité avec pour conséquence directe de fragiliser l’ennemi. En fait cette danse est une malédiction, un sort jeté à l’adversaire. C est donc le tocsin de la mobilisation qui est ainsi donné. << C’est ce qu’on m’a demandé de vous dire. Préparez-vous. Je vais vous donner le signal, je viendrai vous informer. Tenez bon, parce que le combat ne sera pas facile>> prévient-il. Et de lui-même, relever la traduction en français. << On appelle cela en français combat — cela veut dire qu’on va à la guerre. Et quand on part à la guerre, il y a des gens qui ne reviennent pas. Soyez fermes !>> fait-il savoir. Et de justifier cette sortie et le combat à venir pour leurs enfants et petits-enfants. << Si nous ne reprenons pas notre pays aux Kangas, ou aux captifs, si on reste encore comme ça, cette année, ce sera fini >> menace-t-il.
Adams Régis SOUAGA