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Mali- Moussa MARA (ancien PM): “Les Maliens sont toujours divisés”

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L’humanité se rappellera de 2020 comme l’année de la pandémie de COVID 19. Celle qui mit pratiquement à genoux les nations les plus puissantes en entrainant une dépression économique supérieure à toutes celles qui ébranlèrent la planète.

Les lueurs de 2021 annoncent des vaccins contre ce mal, certains citoyens de pays nantis ont même commencé à recevoir leurs doses en ces derniers jours de 2020. Peut-être que courant 2021, il sera annoncé l’arrêt définitif de la maladie. Espérons-le, en tout cas, et souhaitons ardemment que cela soit. C’est notre premier vœu pour la nouvelle année qui s’annonce.

2021 verra aussi le changement de pouvoir dans le pays le plus riche et le plus puissant de la terre, les Etats – Unis d’Amérique. Cela annonce plus de stabilité et de cohérence dans sa gouvernance, de même que son retour dans le concert de la prise en compte des enjeux globaux, avec plus d’ouverture aux autres et peut être une plus grande solidarité internationale. C’est notre second vœu pour 2021, celui de voir l’humanité, en particulier les pays riches, se donner davantage la main pour faire face aux défis.
Il est permis d’en douter mais il n’est pas interdit de rêver non plus !

Plus près de nous, dans le sahel si meurtri, le sang a encore coulé en 2020. Les communautés se sont déchirées. Les terroristes ont poursuivi leurs cavalcades destructrices. Les Etats et leurs populations ont souffert. Le Nord du Mali n’a pas constaté d’avancée vers le désarmement des groupes armés, la restructuration des forces armées maliennes (FAMA’s) ou la conduite des reformes vers une plus
grande intégration nationale.

Sur la toile de fond d’un encore conflit libyen toujours aussi inextricable, dans un contexte géostratégique qui offre autant d’opportunités qu’il présente de menaces pour nos pays. Prions, et c’est notre troisième vœu pour 2021, que nos autorités respectives sauront mieux adresser les enjeux locaux et communautaires des conflits sahéliens, apporter les réponses étatiques aux attentes des populations et collaborer pour mieux bénéficier des opportunités offertes par les contextes régionaux et internationaux. Une gageure que nous leur souhaitons pour la nouvelle année.

Enfin, notre pays le Mali, a connu un énième soubresaut en 2020 avec la rupture intervenue en août qui l’engagea dans une seconde transition politique en huit ans. Avec cette fois de nombreux espoirs soulevés par la volonté de nos compatriotes de réaliser le « nouveau Mali » dont ils rêvent. La « refondation » souhaitée par tous et revendiquée par les autorités de la transition parait néanmoins
présenter quelques difficultés de réalisation. Les Maliens sont toujours très divisés. Quelques lenteurs sont relevées dans la conduite de la transition et peu de lisibilité existe sur les résultats visés.

Il n’est toutefois jamais tard pour bien faire. Souhaitons au pouvoir transitoire de savoir encore rassembler les Maliens, au moins sur l’essentiel, leur fixer un cap clair et des objectifs raisonnables qu’ils sauront suivre et, enfin adopter des méthodes de travail qui les rassureront. Celles-ci doivent consacrer une plus grande transparence dans l’action et une équité incontestable dans les décisions prises en matière de nomination et d’actes posés.

C’est le vœu que nous formulons à l’endroit de nos autorités au titre de cette nouvelle année qui sera cruciale pour notre pays, peut-être à un niveau comme jamais dans son histoire récente. Prions pour que nous soyons à la hauteur des attentes de nos concitoyens.
Bonne année 2021 à tous !

Moussa MARA

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