Il existe, dans la vie publique, une vérité que personne n’ose dire à voix haute : en politique, on ne combat pas toujours l’échec. On combat surtout la réussite.
Et lorsque cette réussite est portée par une femme, déterminée, efficace, discrète mais redoutablement performante, elle devient souvent insupportable pour certains.
C’est cette réalité que vit aujourd’hui Madame Anne Désirée OULOTO Lamizana, Ministre d’État, Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration.
Une femme qui transforme sans faire de bruit
Depuis sa nomination en 2021, Anne OULOTO n’a jamais gouverné par le vacarme. Elle a choisi le travail.
Plus de 150 réformes engagées.
Une administration modernisée.
Des concours assainis.
Une digitalisation qui réduit la corruption et restaure la confiance des jeunes.
Dans un pays où la Fonction Publique est l’épine dorsale de l’État, elle a pris en charge l’un des ministères les plus sensibles, avec fidélité, loyauté et professionnalisme.
Et pourtant, elle reste discrète. Focus sur ses dossiers. Peu de communication tapageuse. Peu de mises en scène. Juste des résultats.
Mais dans un environnement politique où la visibilité compte parfois plus que l’efficacité, cette sobriété devient paradoxalement… une source de jalousie.
Le Grand Ouest pacifié : un succès qui dérange
L’autre dimension du leadership d’Anne OULOTO se joue loin des bureaux climatisés : sur le terrain politique et social du Grand Ouest.
Cette région, longtemps meurtrie par les crises post-électorales, est aujourd’hui l’un des espaces les plus apaisés du pays.
Et ce n’est pas un hasard.
Avant la présidentielle d’octobre 2025, la ministre a pris une initiative que peu ont osé :
le Forum pour la Paix,
la médiation communautaire,
le dialogue avec les leaders d’opinion,
la prévention avant la crise, pas après.
Résultat :
Zéro violence majeure dans une zone autrefois marquée par les déchirures politiques.
Ce succès a consolidé le Grand Ouest comme bastion stratégique du RHDP.
Et dans un pays où les équilibres régionaux comptent, ce type d’influence ne laisse jamais indifférent.
Quand la réussite devient un problème
La vraie question n’est donc pas :
Pourquoi Anne OULOTO est attaquée ?
Mais plutôt :
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi au moment précis où un gouvernement arrive à terme, où les cartes sont rebattues, où chacun cherche à sécuriser sa place dans le prochain attelage ?
Pourquoi voit-on surgir soudainement des critiques nourries plus par l’émotion que par la rigueur administrative ?
Pourquoi certains cadres du Cavally, du Guémon ou du Tonkpi semblent-ils soudainement redécouvrir des griefs qu’ils n’avaient jamais formulés avec autant de vigueur auparavant ?
Il faut avoir le courage de poser la question :
ne sommes-nous pas face à une jalousie politique maquillée en indignation morale ?
La polémique des concours : une arme mal choisie
Depuis quelques jours, une agitation savamment entretenue tente de jeter l’opprobre sur le Ministère de la Fonction Publique, en s’appuyant sur l’interpellation de M. Jean Kouassi François et sur une lecture biaisée de certains documents administratifs.
Pourtant, les faits sont clairs.
1. Le “recrutement exceptionnel” n’est pas un concours direct
Il s’agit d’une procédure interne de régularisation des agents contractuels déjà en service.
Opposer cela à l’absence de concours ouverts au grand public relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.
2. Le faux débat sur l’âge
Le Code du Travail ivoirien autorise l’emploi dès 16 ans.
Un jeune né en 2006 a 18 ans en 2024.
Il est légalement majeur.
Il peut être contractuel.
Il peut être intégré.
Point final.
3. La révolution silencieuse de la transparence
Sous Anne OULOTO, la Fonction Publique a connu :
- la dématérialisation totale des inscriptions,
- l’anonymat des copies,
- l’accès en ligne aux notes,
- la fin progressive des réseaux d’influence.
En cinq ans, 137 374 Ivoiriens ont intégré la Fonction Publique sur la seule base du mérite.
Ce n’est pas un hasard si ceux qui profitaient hier de l’opacité deviennent aujourd’hui les plus bruyants critiques de la transparence.
Une femme trop forte pour être tranquille
Il faut le dire avec humanité :
Anne OULOTO paie aujourd’hui le prix de trois choses qui dérangent profondément dans notre paysage politique :
- Elle est compétente.
- Elle est influente dans sa région.
- Elle est une femme qui ne quémande pas sa place.
Dans certains cercles, cela suffit pour susciter l’hostilité.
On ne lui reproche pas réellement ses fautes car elles sont rares et discutables
on lui reproche surtout ses réussites.
Un appel à la responsabilité collective
Il ne s’agit pas ici de dire qu’un ministre est au-dessus de toute critique.
Mais il s’agit de refuser que la critique devienne une arme politique à l’approche des recompositions gouvernementales.
Dans une période où la cohésion doit primer, vouloir affaiblir une collègue pour des calculs personnels est une faute politique et morale.
Le gouvernement sortant gagnerait plus à être solidaire dans l’héritage, plutôt que divisé dans les règlements de comptes.
L’histoire tranchera
Anne Désirée OULOTO n’est pas parfaite. Aucun leader ne l’est.
Mais elle est incontestablement l’une des figures les plus structurantes de l’administration ivoirienne moderne et l’une des artisanes de la paix durable dans le Grand Ouest.
L’histoire politique est cruelle :
elle oublie vite les intrigants,
mais elle finit toujours par honorer les bâtisseurs.
Et dans quelques années, quand on parlera de la modernisation de la Fonction Publique et de la pacification du Grand Ouest,
on ne se souviendra peut-être pas des jalousies.
Mais on se souviendra du nom : Anne Désirée OULOTO Lamizana.
Par Philippe Kouhon