Trois ans après l’attaque du Hamas, de nouvelles révélations relancent la polémique en Israël. Le Premier ministre aurait été averti avant le drame, mais il rejette la faute sur l’armée et les services de renseignement.
Bosco de Paré et Rfi
Le 7 octobre 2023, le Hamas et d’autres groupes palestiniens attaquent Israël depuis Gaza. Le bilan de cette attaque meurtrière fait état de 1 219 Israéliens tués et 251 otages. La riposte israélienne sera plus sanglante. 74 000 palestiniens sont tués, en majorité des femmes et des enfants, rapporte RFI. Selon une enquête du quotidien israélien Haaretz, confirmée par le New York Times, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait averti Netanyahu dix jours avant l’attaque. Le Premier ministre aurait répondu que la situation était sous contrôle. Il dément. Un rapport de l’unité 8200, daté du 19 septembre 2023, décrivait des entraînements d’unités d’élite du Hamas.
Les services israéliens détenaient depuis un an le plan d’attaque, un document de 40 pages baptisé ‘‘Mur de Jéricho’’. Personne n’a réagi. Les jeunes guetteuses de la base de Nahal Oz avaient tiré la sonnette d’alarme. « On a tout dit, on a prévenu tout le monde que quelque chose d’important allait se passer… Je suis en colère parce qu’ils n’ont écouté personne », témoigne l’une d’elles, Maya Desiatnik. Le chef du renseignement égyptien, Abbas Kamel, aurait prévenu Israël, selon The Atlantic. Netanyahu charge l’armée et le renseignement. « Pourquoi ne m’ont-ils pas réveillé ? Parce qu’ils savaient que moi, en tant que Premier ministre d’Israël, j’aurais immédiatement ordonné de mettre toute l’armée en état d’alerte ». L’ancien patron du Shin Bet, Ronen Bar, affirme pourtant l’avoir alerté d’une catastrophe.
Les Israéliens réclament une commission d’enquête indépendante. Adoptée en juillet 2026, la loi sur les « défaillances de grande envergure » a été boycottée par l’opposition, qui y voit une commission à la botte du gouvernement. Le ‘‘Comité octobre’’, fondé par des familles de victimes, exige une instance « indépendante et impartiale ».