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Interview- Eric OUATTARA: “Soro n’a pas fait plus de tort à Ouattara que Bédié, au RHDP le copinage a pris le dessus”

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Très proche de l’ancien Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, leader de la jeunesse du RDR dans la région Nord, Eric Ouattara répond aux questions de Laurore.net sur la vie du RHDP, porte un regard sur le retour de Laurent GBAGBO sur la sphère politique et ne manque pas de lever un coin de voile sur ce que devrait faire le président Alassane Ouattara vis-à-vis de Guillaume SORO. 

Eric OUATTARA vous être bien connu dans la sphère politique à  Korhogo, au niveau du RDR, vous n’êtes pas un inconnu, aujourd’hui quel regard portez-vous sur l’évolution de votre parti le RHDP?

 

Je pense que le parti se porte assez bien, pour plusieurs raisons. Nous sommes au pouvoir aujourd’hui, nous avons la majorité des parlementaires ; nous avons également la majorité des communes et des conseils régionaux. Ce sont des indices qui peuvent refléter la bonne santé du parti. Nous nous tenons à un certain nombre de choses qui font partie de la vie normale des partis politiques, mais je pense que le parti se porte bien.

 

Quelle évaluation faîtes-vous de la gestion de la jeunesse de votre parti ?

 

On a toujours des pincements en comparant l’actuel au passé, c’est pourquoi les contextes ne sont plus les mêmes. Hier on n’était dans une reconquête formelle de pouvoir, aujourd’hui nous avons le pouvoir c’est vrai que les gestions peuvent être différentes les motivations peuvent être différentes mais je pense que cette jeunesse doit avoir plus d’engagement plus de poigne, elle doit être vraiment le fer de lance  de notre parti. Ce n’est qu’un avis personnel.

 

Partagez-vous les inquiétudes de l’après Ouattara pour le RHDP ? Sentez-vous une dynamique qui rassure les militants ?

 

Mon premier regard c’est que j’en souffre terriblement parce que avoir le Président Ouattara se débattre après les deux malheurs qui nous ont frappés, je pense qu’il est en train de chercher la pièce de rechange mais il n’y a rien de plus difficile quand vous n’avez pas votre esprit préparé à un évènement. J’en souffre mais je pense que avec la volonté de DIEU les cœurs seront apaisés et nous serons unis et lorsque plus nous sommes unis, nous sommes forts. Je crains plus la question de l’unité, je crains plus les relents personnels des uns et des autres par rapport à la personne choisie, chacun est né avec son don mais chacun essaie de le glorifier, de le parfaire  au fil des temps ; si on s’en tient à cela notre union doit être sacrée et notre union doit nous aider à pouvoir faire la différence de ce qui nous manque.

 

Vous- même, à Korhogo, qui étiez l’un des fers de lance d’Amadou Gon Coulibaly, êtes sur le carreau, êtes-vous frustré?

 

Je ne dirais pas frustré mais je dirai que je suis plutôt inquiet, je suis un peu désorienté. On ne peut pas perdre un homme comme Amadou Gon Coulibaly sans qu’il n’y ait des chamboulements mais certains d’entre nous avons appris auprès d’Amadou Gon et l’apprentissage a pour résultat de faire mieux que le maître. Malheureusement, et c’est un ressenti personnel, ce n’est pas ce que je constate ; c’est un peu dommage. Cela fait partie de la vie. J’aurai souhaité que les uns et les autres se ressaisissent, on se dit que pour bâtir le présent il faut un peu du passé, il faut un peu du présent, il faut un peu du futur.

 

On s’attendait à vous voir sur une liste aux législatives de mars 2020. Que s’est-il passé ? Vidé de la Primature, vous êtes dans l’anonymat comme bien d’autres, que se passe-t-il ?

 

Je ne crois pas que je suis dans l’anonymat car un leader a aussi sa part de responsabilité dans sa propre promotion. Je pense que ce qui s’est passé est une question de principe. Je n’ai pas été dans un premier retenu pour être titulaire. A partir de ce moment, toutes les batailles étaient pour moi perdues parce que les titulaires aussi ont un droit de choisir leurs suppléants. Je ne veux jeter la pierre à qui que ce soit mais je dis que le militantisme n’a pas pesé, le copinage a pris le dessus sur le militantisme. Cela fait partie de la vie. C’est devenu un adage quotidien en Côte d’Ivoire, « de bonnes relations valent mieux que des diplômes » dit-on. J’ai été victime de cela mais ce n’est rien, la vie continue car nous avons épousé des idéaux, on s’est battu ; je pense que c’est cela le plus important.

 

Laurent Gbagbo est revenu entre temps, acquitté par la Justice internationale. Il a créé un parti politique, rencontré Alassane Ouattara qui tend la main aux opposants. Alors dans cette dynamique, en tant que jeune leader de la région Nord, quelle est votre opinion sur la question Guillaume Soro que vous connaissez bien ?

 

Je salue le retour de Laurent Gbagbo. Ce retour est le bienvenu car il donne du rythme à la politique. Il va nous permettre de nous réveiller de notre profond sommeil. Je pense que c’est la partie positive que nous saluons. Quand on va à une bataille, on se donne les rudiments, les moyens pour la victoire. Si notre bataille et notre victoire doivent passer par une réconciliation quelconque avec qui que ce soit, le Président Alassane Ouattara, je suis convaincu, comme il l’a fait avec le Président Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, parce que jusqu’à preuve de contraire, je ne peux pas dire que Guillaume a fait plus de tort au Président Ouattara que Bédié l’a fait. Nous étions là, nous avons vécu les moments chauds avec le pouvoir de Bédié jusqu’à faire renier la mère du Président Ouattara soutenant que ce n’était son Fils, je pense qu’il n’y a pas pire que cela. Le retour de Ouattara qui nous a montré sa capacité à aimer la Côte d’Ivoire, de se battre pour la Côte d’Ivoire pour ce que la Côte d’Ivoire doit être demain, je suis convaincu qu’il sera capable de faire le sacrifice s’il s’avère que cela est nécessaire. Dieu merci, c’est un Capitaine très écouté, c’est un Général qui a tous les militants qui se mettent à ses ordres, je pense qu’à partir de ce moment, la pilule passera. Seul le président Ouattara peut nous donner les directives.

 

Réalisée à Korhogo par Adam’s Régis SOUAGA