Ce dimanche 18 octobre 2026, la Côte d’Ivoire s’est réveillée avec l’annonce du décès insolite du ministre Louis André Dacoury Tabley. Pour avoir été une des figures de proue des Forces Nouvelles, l’ancienne rébellion dont il a été le numéro 2, Guillaume Soro Kigbafori, l ancien secrétaire des Forces Nouvelles a tenu à lui témoigner reconnaissance à travers un hommage. Toute chose qui témoigne des liens qui unissaient les deux hommes. Ci-dessous le communiqué.
C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que j’ai appris le décès de mon frère, mon aîné et compagnon de lutte, 𝗟𝗼𝘂𝗶𝘀-𝗔𝗻𝗱𝗿𝗲́ 𝗗𝗮𝗰𝗼𝘂𝗿𝘆-𝗧𝗮𝗯𝗹𝗲𝘆, survenu à Abidjan le samedi 17 octobre 2026.
Homme politique de conviction, acteur majeur de l’avènement du multipartisme et du combat pour la démocratisation de la Côte d’Ivoire, il fut également l’une des figures marquantes des Forces nouvelles. Nous avons combattu côte à côte, dans les heures les plus rudes de notre histoire récente, pour une Côte d’Ivoire réconciliée, unie et respectueuse de la dignité de tous ses fils.
Je garde notamment le souvenir de novembre 2002, lorsque, à l’occasion des discussions politiques de Lomé, conduites sous l’égide de feu le président Gnassingbé Eyadéma, Louis-André Dacoury-Tabley rejoignit notre combat. Dans une période de profondes incertitudes, il fut de cette poignée de cadres politiques qui choisirent d’assumer leurs convictions et de mettre leur expérience au service de notre engagement.
Secrétaire général adjoint du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire et membre influent du Directoire politique des Forces nouvelles, il fut à mes côtés un collaborateur précieux et rigoureux, ainsi qu’un interlocuteur de grande qualité. Il sut exprimer avec force et clarté les aspirations politiques et républicaines que nous portions pour une Côte d’Ivoire plus juste et plus démocratique.
Négociateur résolu et habile tacticien, il a pleinement participé aux pourparlers qui ont permis à notre pays de sortir des plus sombres moments de sa crise.
De ces années d’engagement partagé, entre 2002 et 2010, je retiens la valeur de sa contribution, sa loyauté, son sens du devoir, la franchise de nos échanges et la détermination d’un homme qui entendait prendre toute sa part dans l’histoire de son pays. En ma qualité de secrétaire général des Forces nouvelles, j’ai pu apprécier son apport au cours de cette période décisive.
En mon nom personnel et au nom de nos anciens compagnons des Forces nouvelles, je m’incline devant la mémoire d’un homme qui a traversé les épreuves avec dignité, sans jamais fléchir dans son attachement à la patrie. Je pense avec une particulière affection à sa famille, à ses enfants, à ses proches, ainsi qu’aux populations du Gôh-Djiboua, durement éprouvées par cette disparition.
En ces moments de deuil, je leur adresse mes condoléances les plus sincères et l’assurance de toute ma compassion.
Que la terre de Côte d’Ivoire, pour laquelle il a tant combattu, lui soit légère.
Paix à son âme.
𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐚𝐮𝐦𝐞 𝐊𝐢𝐠𝐛𝐚𝐟𝐨𝐫𝐢 𝐒𝐨𝐫𝐨