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Forum d’Affaires UE-Afrique de l’Ouest- L’Union Européenne recommande un changement de méthode avec les corridors au coeur du développement

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Réunis à Abidjan pour le Forum d’Affaires UE-Afrique de l’Ouest, responsables politiques, institutions régionales et partenaires européens ont affiché une ambition commune : faire des corridors de transport de véritables moteurs de croissance. Mais au-delà des discours, tous appellent désormais à des actions concrètes, portées par des investissements massifs et une meilleure coordination régionale.

Le ton est donné dès les premières interventions : l’Afrique de l’Ouest n’a plus le luxe d’attendre. Les corridors de transport, longtemps perçus comme de simples axes de circulation, doivent devenir des leviers puissants de transformation économique.

C’est tout l’enjeu du Forum d’Affaires UE–Régional sur les corridors ouest-africains, ouvert ce lundi 30 mars 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence de décideurs publics, d’investisseurs et de partenaires techniques venus d’Afrique et d’Europe.

Blocages persistants

Pour les représentants des organisations régionales, le diagnostic est clair : le potentiel est immense, mais les obstacles restent nombreux.

Du côté de l’UEMOA, Mamadú Serifo Jaquite a insisté sur la nécessité de mieux structurer les corridors pour en faire de véritables espaces économiques intégrés. Il ne s’agit plus seulement de relier des villes, mais de créer des chaînes de valeur complètes autour des axes de transport.

Même constat à la CEDEAO, où Dr Kalilou Sylla a pointé les difficultés qui ralentissent encore les échanges : contrôles multiples, lourdeurs administratives, manque d’harmonisation entre États.
Pour lui, l’urgence est d’améliorer la fluidité et de renforcer la coopération régionale.

Changement de méthode

Partenaire clé de la région, l’Union européenne a clairement affiché sa volonté de passer à une nouvelle étape. Myriam Ferran, représentant la Commission européenne, a rappelé le poids économique du partenariat entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, avec des échanges estimés à 64 milliards d’euros. Mais surtout, elle a insisté sur un changement d’approche : <<il ne s’agit plus d’accompagner des intentions, mais de soutenir des projets concrets, viables et portés avec le secteur privé.>>

À travers l’initiative Global Gateway, l’UE veut accélérer le financement d’infrastructures durables, tout en créant un environnement favorable aux investisseurs.

Dans la même dynamique, Andrea Clerici, pour la Banque européenne d’investissement (BEI Monde), a mis en avant le rôle des financements structurants pour sécuriser les projets et attirer davantage de capitaux privés.

Secteur privé attendu

Un message revient avec insistance tout au long des échanges : sans le secteur privé, les ambitions resteront théoriques.

Les partenaires techniques et financiers appellent à des projets mieux préparés des cadres réglementaires plus lisibles et une réduction des risques pour les investisseurs. L’objectif est clair : transformer les corridors en opportunités économiques concrètes.

Pays hôte du forum, la Côte d’Ivoire entend jouer un rôle moteur dans cette transformation. Présent à l’ouverture, le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé, a salué la tenue de l’événement à Abidjan, symbole du positionnement stratégique du pays dans la sous-région. Mais c’est surtout à travers la voix du gouvernement que cette ambition s’est pleinement exprimée.

Dernière à intervenir, Madame Anne Désirée Ouloto-Lamizana, ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, a marqué un tournant dans la cérémonie.

En procédant à l’ouverture officielle du forum, elle a porté un message clair : la Côte d’Ivoire est prête à passer à l’action.

Corridors, instruments de puissance économique

La ministre d’État a replacé les corridors au cœur de la stratégie nationale. Pour elle, ces axes sont bien plus que des infrastructures : <<ce sont des outils d’intégration, de compétitivité et de transformation économique.>>

Elle a rappelé l’ambition du pays : faire de la Côte d’Ivoire un hub logistique majeur pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Cette vision s’appuie sur des investissements importants inscrits dans le Plan National de Développement 2026-2030, avec un rôle déterminant du secteur privé.

Le gouvernement ivoirien mise notamment sur deux corridors stratégiques : Abidjan–Lagos, axe clé du commerce régional et Abidjan–Ouagadougou, porte d’entrée vers les pays du Sahel

Mais au-delà des infrastructures, la ministre a insisté sur une approche globale qui mise sur l’ interconnexion des modes de transport, la modernisation des plateformes logistiques, la digitalisation des procédures et l’amélioration de la gouvernance. Le message le plus fort de son intervention reste sans doute l’appel lancé aux partenaires présents : le temps des discours est passé. Il faut désormais des engagements concrets.

Elle a invité le secteur privé à prendre toute sa place dans cette dynamique, en participant activement à la mise en œuvre des projets.

L’un des constats partagés lors du forum illustre l’ampleur du travail à accomplir : il faut encore plusieurs jours pour parcourir certains corridors pourtant stratégiques, en raison de blocages non techniques. Un frein majeur à la compétitivité régionale, que tous les acteurs s’accordent à vouloir lever.

Abidjan, au centre du jeu régional

En accueillant ce forum, la Côte d’Ivoire confirme son rôle de carrefour économique en Afrique de l’Ouest. Mais au-delà du symbole, l’enjeu est désormais clair : transformer les ambitions en réalisations concrètes. Au terme de cette première journée, un consensus se dégage : les financements existent, les projets sont identifiés et la volonté politique est affichée. Reste désormais à aligner tous les acteurs pour passer à l’échelle. Car pour les participants, une chose est certaine : les corridors ouest-africains ne doivent plus être des promesses, mais des moteurs réels de croissance et d’intégration.

 

                  Adams Régis SOUAGA et Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes

 

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