Ancien international formé en Europe, dirigeant aguerri et bâtisseur de clubs performants, il revient en Côte d’Ivoire avec une expertise rare et une vision structurée pour le football national. Aujourd’hui, à quelques mois de l’élection, il est sur le point de concrétiser son ambition et de s’imposer comme le futur président de la Fédération ivoirienne de football.
Né à Kalamon, à 80 kilomètres de Bouna, d’une mère Ouattara et d’un père Cissé, Souleymane Cissé appartient à cette génération de dirigeants façonnés par le terrain avant d’être révélés par les bureaux. Très tôt parti en France, formé à Auxerre puis à Dijon, il poursuit sa trajectoire en Allemagne, à Brême. Une blessure freine sa carrière de joueur, sans jamais l’éloigner du football. Elle l’oriente vers une autre ambition : comprendre et structurer.
Diplômé en France, formé également au Portugal et aux États-Unis, il choisit la voie de la gouvernance. À Monaco, il travaille aux côtés de Luis Campos, dont il devient un collaborateur proche. Dans cette cellule de recrutement devenue référence, il participe à l’éclosion de talents majeurs comme Kylian Mbappé et Bernardo Silva.
Nice, Bordeaux, Lausanne : son parcours européen lui donne une maîtrise complète des mécanismes modernes du football.
De retour en Côte d’Ivoire, il ne vient pas commenter. Il bâtit.
Fondateur du Racing Club d’Abidjan il y a près d’un quart de siècle, il accompagne le club de la Division 3 jusqu’au titre de champion de Ligue 1. Plus de 200 jeunes encadrés, des éducateurs salariés, une structuration administrative rigoureuse : son modèle repose sur l’investissement, la méthode et la vision à long terme.
Candidat déclaré à la présidence de la Fédération ivoirienne de football, Cissé pose un diagnostic sans détour : le système doit être réorganisé à partir de la base. Les subventions actuelles, dit-il, ne permettent pas un développement durable. Il propose une économie structurée du football : diversification des revenus, fonds d’investissement pour les clubs, certification des académies, transparence budgétaire, digitalisation et indicateurs de performance.
Son discours se veut ferme, mais sans animosité personnelle. À propos du président sortant Idriss Diallo, il précise : « Je ne lui en veux pas. Ce n’est pas sa faute. Le football n’est pas son milieu naturel. Il ne connaît pas toutes les réalités du terrain comme moi j’ai pu les vivre. » Pour Cissé, la question n’est pas individuelle, elle est structurelle.
À l’approche de l’échéance électorale, le climat se tend. La machine à salir est lancée. Il observe que son club, encore récemment dans le Top 5, se retrouve soudain en bas de classement. Comme par hasard après son ambition affichée. On va chercher des poux dans ses cheveux. Mais le peuple du football n’est pas dupe. On ne détruit pas un projet avec des rumeurs.
Après avoir parcouru des milliers de kilomètres à travers le pays, il insiste sur le potentiel immense des régions, sur les stades modernes qui attendent un championnat attractif, sur la nécessité de protéger les jeunes talents dès huit ou dix ans par un encadrement structuré.
Son ambition dépasse l’élection. Il veut que la sélection nationale ne soit plus une vitrine isolée, mais l’aboutissement logique d’un écosystème performant. Gagner une compétition est un exploit ; bâtir un système capable d’en gagner régulièrement est, selon lui, un projet national.
En septembre prochain, le choix ne sera pas seulement celui d’un dirigeant. Il portera sur une méthode, une expérience internationale et une connaissance intime du terrain ivoirien. Souleymane Cissé avance avec une conviction tranquille : le football ivoirien peut changer d’échelle. Aujourd’hui les Ivoiriens veulent bien de lui.
Avec Mediazine