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Défaite face au Cameroun : Hervé Renard paie le prix de l’apprentissage avant que les points comptent

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Le sélectionneur ivoirien reconnaît avoir pris un risque en alignant onze joueurs peu utilisés lors des deux précédents matchs. Il en tire « énormément d’enseignements ». Et pour cause : la rencontre n’avait aucun enjeu de compétition.

Par Bosco de Paré

Après la défaite des Éléphants face aux Lions indomptables (0-1), samedi 3 octobre 2026, au Stade d’Ebimpé d’Abidjan, le coach des Ivoiriens, Hervé Renard n’a pas cherché d’excuses. En conférence de presse d’après-match, il a assumé son choix. « On avait une fenêtre internationale de quinze jours, un premier stage pour ce nouveau staff, deux matchs qualificatifs pour la Coupe d’Afrique des nations, où on a réussi à faire le plein de points; deux points, et puis un match international amical, qui plus est, je sais, contre le Cameroun ». Pour le sélectionneur des Éléphants, c’était sa « seule possibilité de voir les nouveaux joueurs à l’œuvre. Donc c’est pour ça que j’ai pris le risque de démarrer avec onze joueurs qui n’étaient pratiquement pas dans les titulaires lors des deux premiers matchs », a-t-il expliqué, dans une forme de mea culpa sur les limites de son choix. « C’est fait parfois au musculaire; on a parfois été maladroits, mais au moins je tire ce soir énormément d’enseignements sur chaque joueur et ce qu’ils vont pouvoir m’apporter par la suite », a clarifié Hervé Renard.

Un match sans enjeu de compétition, important tout de même!

Ce choix, difficile à comprendre pour certains supporters, se défend. Cette rencontre Côte d’Ivoire – Cameroun n’était ni un match de poule ni un match éliminatoire, mais un match amical inscrit au calendrier officiel de la FIFA. Pour un sélectionneur de la trempe de Hervé Renard qui découvre son groupe avec un nouveau staff, c’était l’unique occasion de voir à l’œuvre des joueurs peu sollicités, sans la pression d’une élimination. « (…) C’est pour ça que j’ai pris le risque. Je sais que c’est un risque qui est parfois difficile à comprendre, mais ça fait partie du travail. Il faut savoir, dans les occasions qui nous restent, prendre ses risques. Parce qu’en novembre, il y aura deux matchs qualificatifs, en mars, il y aura deux matchs qualificatifs, donc il n’y a plus le temps d’essayer quoi que ce soit ».

Même si ce match est sans enjeu de compétition, il se dégage trois enjeux néanmoins. D’abord le classement FIFA. Les matchs amicaux joués pendant les fenêtres officielles comptent dans le calcul des points, selon le modèle Elo. Une défaite en fait donc perdre. Or un bon classement donne le statut de tête de série lors des tirages au sort de la Can ou de la Coupe du monde, et évite de tomber trop tôt sur de grosses nations. Ensuite le volet sportif. Sans menace d’élimination, le sélectionneur peut tester des remplaçants, lancer de jeunes joueurs, essayer d’autres systèmes et créer des automatismes entre de nouveaux profils. C’est ce qu’a fait Hervé Renard. Puis vient l’honneur. Face à un rival historique, on parle souvent de ‘‘Classico’’ africain. Même sans trophée, perdre à domicile fouette l’orgueil du groupe et peut peser sur sa confiance.

Le coach le rappelle lui-même : deux matchs qualificatifs en novembre, deux autres en mars, et plus de temps pour les essais ensuite. En acceptant de perdre quelques points au classement FIFA, qu’une défaite amicale entame peu, pour jauger ses nouveaux joueurs, Hervé Renard a préféré payer le prix de l’apprentissage maintenant, avant que les points ne comptent vraiment.