Le secteur de la boulangerie en Côte d’Ivoire pourrait connaître, dans les tout prochains jours, des moments particuliers. Les employés, réunis au sein du syndicat des Travailleurs de la boulangerie de Côte d’Ivoire (SYNEBPCI), envisagent d’entrer en grève afin de réclamer à leurs employeurs de meilleures conditions de travail et salariales.
Derrière chaque miche de pain, des hommes et des femmes travaillent dans l’ombre, chaque jour et chaque nuit. De nombreux travailleurs commencent leur service vers 20 heures et poursuivent jusqu’à 18 heures le lendemain, selon des responsables syndicaux. Ces journées de plus de vingt (20) heures, souvent sans repos ni contrat formel, mettent gravement en danger leur santé et portent atteinte à leur dignité.
Cependant, près de 90 % des travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture sociale et vivent dans une insécurité permanente. Beaucoup perçoivent des salaires inférieurs au Smig, parfois entre 3. 000 et 40.000 FCFA, ou au mieux 60.000 FCFA. Des revenus jugés dérisoires et insuffisants pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Face à ces conditions jugées dramatiques, les travailleurs ont alerté l’opinion publique et les autorités sur la gravité de la situation dans les boulangeries, qui, selon eux, « exige une réponse immédiate ».
« Malgré nos démarches répétées, nos alertes n’ont pas reçu l’attention qu’elles méritent. Si aucune avancée significative n’est enregistrée dans les meilleurs délais, les travailleurs pourraient être contraints d’entamer une grève », préviennent-ils.
Ces responsables syndicaux affirment toutefois que leur priorité demeure de « préserver l’approvisionnement en pain » en cette période de jeûne musulman et de carême catholique, tout en veillant à « maintenir la paix sociale ».
Pourtant, selon eux, « les travailleurs ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement des conditions de travail décentes, un salaire digne et une protection sociale minimale ».
Selon les responsables du syndicat, l’objectif est d’instaurer un dialogue responsable avec les employeurs et les autorités afin d’améliorer le secteur au bénéfice de tous : travailleurs, employeurs et consommateurs.
« Nous restons ouverts à toute initiative visant à instaurer un dialogue franc et responsable. Notre ambition est d’avoir un secteur de la boulangerie plus respectueux de la dignité humaine et des lois ivoiriennes », affirment-ils.
Le syndicat des Travailleurs de la boulangerie de Côte d’Ivoire (SYNEBPCI) a été porté sur les fonts baptismaux le 13 août 2024. Il a pour objectif la défense des droits des travailleurs ivoiriens du secteur de la boulangerie, dont beaucoup sont aujourd’hui soumis à des conditions de travail que le syndicat qualifie de profondément injustes et indignes.
Ghislain Coulibaly