Une centaine de femmes de la localité de Singrobo ont réclamé des réparations suite aux impacts négatifs du barrage hydroélectrique. En effet, elles ont fait cette déclaration ce mercredi 30 juillet 2025, à l’occasion d’une activité de mobilisation communautaire organisée par l’organisation féministe WoMin, en partenariat avec l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Côte d’Ivoire), dans le cadre de la campagne sur les réparations de la Banque africaine de développement (BAD).
Cette activité visait à outiller les communautés affectées par les projets de développement de la BAD, notamment les grands projets d’infrastructure, et à faire entendre leurs revendications. C’est autour d’une série d’échanges intergénérationnels, d’ateliers participatifs et de restitutions que les femmes ont abordé ces questions. Elle s’inscrit dans une dynamique écoféministe mettant l’accent sur la mémoire des luttes, la conscience communautaire et le renforcement du pouvoir d’action des femmes rurales.
En ouverture de la journée, la Coordinatrice dudit projet à JVE Côte d’Ivoire, Marie-France Pokou, a contextualisé la mobilisation. Ainsi, les femmes plus âgées ont pris la parole pour témoigner de leur vécu. Les plus jeunes ont, quant à elles, posé des questions afin de mieux comprendre les répercussions du projet de barrage hydroélectrique dans leur localité.
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Les échanges ont tourné autour des pertes subies depuis le lancement du projet hydroélectrique de Singrobo. Les participantes ont ensuite dessiné et rédigé sur des bouts de papier ce qu’elles considèrent avoir perdu, avant de mentionner leurs attentes en matière de réparations. Ces écrits ont été accrochés à un arbre près de l’école du village, lieu symbolique du rassemblement.

« Cette activité s’est également tenue au Cameroun, au Burkina, et aujourd’hui c’est la Côte d’Ivoire. Les jeunes femmes vont poser des questions sur ce qu’elles ne comprennent pas et les mamans vont répondre. Il faut dire tout ce que vous avez sur le cœur », a-t-elle insisté.
Parmi les pertes recensées figurent la réduction des ressources halieutiques, la baisse des activités génératrices de revenus, la dégradation des habitations et la perturbation des activités agricoles.
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Les participantes ont demandé des dédommagements pour ces pertes. Elles ont insisté sur le fait que leurs revendications doivent être entendues par les institutions responsables du projet. Pour rappel, WoMin est une alliance écoféministe panafricaine qui travaille en partenariat avec les femmes et les communautés touchées par l’exploitation minière à grande échelle et les industries extractives.
JVE Côte d’Ivoire est une organisation non gouvernementale dont les actions visent à la protection de l’environnement, à la promotion de l’agroécologie paysanne et à la lutte contre les changements par l’influence des politiques et des actions de terrains dans le cadre de la mise en œuvre de son plan d’action 2023-2025.
SK