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Santé numérique en Côte d’Ivoire : Desjoie Moua Atchey fait Docteur avec la mention Très Honorable

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Moua Atchey Aymar Desjoie est désormais Docteur en Philosophie. Il a soutenu sa thèse sur la politique de santé numérique en Côte d’Ivoire devant un jury qui lui a décerné la mention « Très Honorable ». Sa recherche part d’un constat : le numérique en santé ne se résume pas à des applications, des plateformes ou des ordinateurs dans les hôpitaux. Son jury était composé du Pr Dion Yodé Simplice, Dr Yapo Séverin, Maître de Conférences, Dr Guebo Josué Yoroba, Pr Tanoh Jean Gobert et Dr Gahe-Gohoun Rosine Cinthia.

La transformation numérique des systèmes de santé ouvre de nouvelles possibilités en matière d’accès aux soins, de circulation de l’information sanitaire, de coordination des acteurs et de participation des populations. En Côte d’Ivoire, cette évolution soulève cependant une question essentielle : à quelles conditions le numérique peut-il constituer un véritable progrès sanitaire et devenir une réalité effectivement partagée ? Cette recherche interroge les conditions de possibilité d’une santé numérique collectivement vécue en Côte d’Ivoire. Elle montre que la disponibilité des technologies ne suffit pas à garantir leur appropriation ni leur contribution effective à l’amélioration de la santé.

La démocratisation durable de la santé numérique suppose de prendre en compte les vulnérabilités sanitaires, sociales, territoriales et numériques, de reconnaître l’expérience vécue des sujets et d’organiser la participation et la responsabilité des différents acteurs autour d’un bien sanitaire commun.

Son travail s’appuie sur un concept qu’il emprunte du philosophe Séverin Yapo : la “santé numérique collective”. Pour Desjoie, la santé numérique ne doit pas être vue comme une simple modernisation technique du système. C’est une construction collective, une réponse organisée aux vulnérabilités sanitaires, sociales, territoriales et numériques du pays.

Sa thèse démontre que la démocratisation durable de la e-santé exige trois choses : reconnaître le vécu des populations, pas seulement leurs données. Organiser la responsabilité partagée entre patients, médecins, État, chercheurs et entreprises du numérique. Penser la justice sociale, pour éviter que le numérique ne crée de nouvelles exclusions, là où il promettait de soigner mieux. Il interroge ainsi les nouvelles relations entre les acteurs de la santé et alerte sur les risques de dépendance technologique si la gouvernance n’est pas éthique, équitable et participative.

Déjà actif dans le monde de la recherche, Desjoie Moua Atchey Aymar oriente ses travaux sur la philosophie de la technique, l’éthique et la gouvernance des politiques de santé. Son ambition : faire du numérique un levier de développement sanitaire accessible au plus grand nombre, fondé sur la dignité humaine et la participation citoyenne.

SK