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Industrie- La plus grande unité d’extraction par solvant de karité et de soja en Côte d’Ivoire ouverte à Bouaké

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Amadou Koné est un maire heureux…les retombées de Invest in Bouaké, le forum économique initié pour attirer les investisseurs dans sa commune porte fruit avec la construction en 12 mois de la première partie de l’usine de transformation d’amandes de karité et de soja réalisée par un groupe privé. En ligne de mire, la création d’emplois, surtout pour les femmes et la concrétisation de la nouvelle dynamique économique de Bouaké.

450 emplois directs, plus de 400 000 femmes collectrices concernées, 70 000 tonnes de matières premières transformées par an… L’usine de transformation de karité et de soja de Kongodékro a été officiellement inaugurée ce lundi 12 octobre 2026. Pour le ministre-maire Amadou Koné, elle incarne le pilier industriel de son programme « Bouaké Nouveau », dont l’objectif est de transformer sur place 50 % de la production agricole régionale et de créer plus de 10 000 emplois industriels directs d’ici 2030.

Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, maire de la commune de Bouaké, a présidé l’ouverture officielle de l’usine Beta Veg Oil, une unité de transformation de karité et de soja d’un coût de 10 milliards de FCFA.

A ses côtés Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, et Ibrahim Kalil Konaté, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. Le corps préfectoral, les élus, les chefs traditionnels et religieux, les forces de défense et de sécurité ainsi que les coopératives de femmes productrices ont également répondu présent.

Un an seulement après le lancement des travaux, le projet a été livré dans les délais. Il compte parmi les retombées les plus concrètes de la vision « Bouaké Nouveau ». Après la libation conduite par la chefferie de Kongodékro, les bénédictions du Forum des confessions religieuses et des danses traditionnelles, les discours se sont succédé.

Amadou Koné : « Nous célébrons une vision »

Le maire de Bouaké, hôte de la cérémonie a donné le ton : « Si nous sommes réunis ici ce matin, ce n’est pas pour inaugurer de simples bâtiments. Nous célébrons une vision. » Cette vision, a-t-il précisé, est celle du Président Alassane Ouattara, inscrite dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030 : une Côte d’Ivoire qui transforme ses matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée et des emplois décents.

Située au carrefour des richesses agricoles du pays, Bouaké a longtemps vu ces richesses lui échapper, a-t-il rappelé : « Pendant longtemps, notre karité partait brut. Notre soja partait brut. La richesse était créée ailleurs, loin de nos productrices et de nos producteurs. » Pour changer la donne, le pilier 7 de « Bouaké Nouveau » est entièrement consacré à l’industrie et à la transformation locale.

Son objectif : faire de la ville la capitale agro-industrielle et logistique du Centre. « Avec Beta Veg Oil, nous décidons de changer l’histoire et d’écrire une nouvelle page. La capacité de transformation de cette unité fera désormais de Bouaké la capitale du karité et du soja en Côte d’Ivoire », a-t-il lancé.

Le maire de Bouaké a ensuite détaillé les retombées du projet : 450 emplois directs pour la jeunesse de Bouaké ; plus de 400 000 emplois indirects, en particulier pour les femmes collectrices de karité de Djébonoua, Diabo et Botro, et pour les producteurs de soja de Gbêkê ; un programme d’accompagnement de 30 000 femmes réparties dans huit zones de production. Il comprend un préfinancement pour faire face aux urgences du foyer, comme la scolarisation des enfants ou la santé. Cet appui porte sur 5 000 tonnes à 270 000 FCFA la tonne, soit 1,35 milliard de FCFA.

Selon lui, la rapidité du chantier, « réalisé exactement en douze mois comme prévu », tient à l’attractivité retrouvée de la ville. Les investisseurs y trouvent un foncier industriel sécurisé par la mairie, une administration facilitatrice et une population accueillante.

S’adressant aux promoteurs, il a déclaré : « Je sais que beaucoup de régions faisaient les yeux doux pour recevoir cette usine, mais vous avez choisi Bouaké. Vous avez bien fait. » Il a salué en eux les pionniers de l’industrialisation de Kongodékro, autour desquels d’autres unités sont déjà en train d’éclore.

Pour Amadou Koné, cette usine traduit « une promesse d’embauche tenue » et « un nouveau pacte social » entre les populations et leur Conseil municipal.

Il a rappelé ses ambitions pour 2030 : transformer 50 % de la production agricole régionale, créer plus de 10 000 emplois industriels directs, notamment grâce à une zone logistique et industrielle dont les études sont achevées, et faire de Bouaké le hub entre Abidjan et l’hinterland. Il a aussi annoncé que la deuxième phase d’extension de l’usine devrait démarrer en décembre.

Les promoteurs : « l’industrie peut être inclusive »

Les fondateurs de l’entreprise, Mounir Fakry et Pierre Ali, ont ensuite présenté leur outil. « Ce jour marque l’aboutissement d’une vision et la transformation d’une promesse », a affirmé leur porte-parole. Avec une capacité de 70 000 tonnes de matières premières par an, cette unité industrielle devient la plus grande unité d’extraction par solvant de karité et de soja en Côte d’Ivoire. Elle se positionne aussi parmi les acteurs majeurs de la première transformation en Afrique de l’Ouest. L’usine produit déjà du beurre de karité. Elle produira bientôt de l’huile de soja raffinée et des tourteaux destinés à l’alimentation animale.

L’entreprise revendique trois valeurs : la qualité, l’engagement et la confiance. Elle ambitionne aussi de devenir la première unité d’extraction neutre en carbone du pays. Mais c’est sur l’impact social que les promoteurs ont le plus insisté. Près de 400 000 femmes collectrices trouveront grâce à l’usine « un débouché stable et pérenne », qui renforcera « leur revenu, leur autonomie et leur dignité ».

Au cœur de ce dispositif figure le programme dédié aux femmes, « richesse pour tous » en dioula. Il vise à réaliser 20 % des achats directement auprès des femmes collectrices, sans intermédiaire et à prix stable. Il prévoit aussi une équipe d’animateurs pour former les groupements, un préfinancement avant la campagne et un déploiement dans huit localités.

Pour les promoteurs, ce programme est « la preuve que l’industrie peut être inclusive, que l’économie peut être solidaire et que la performance peut aller de pair avec l’impact social ». Ils ont conclu avec conviction : « Les richesses locales peuvent devenir les fondations du développement de la grande Côte d’Ivoire. »

Ibrahim Kalil Konaté : « La Côte d’Ivoire doit devenir la première transformatrice de ses matières premières »

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a replacé l’usine dans la stratégie nationale. Il a salué l’engagement du maire de Bouaké, qui a accompagné le projet depuis la pose de la première pierre. Il a ensuite rappelé le chemin parcouru : en 2011, la transformation locale du cacao atteignait à peine 5 à 10 %. Elle s’établit aujourd’hui à 46 % pour le cacao et à 43 % pour la noix de cajou. Grâce à cette unité industrielle, le taux de transformation du karité devrait avoisiner 30 %, puis atteindre 50 à 60 % dans les cinq prochaines années.

L’enjeu est de taille. La filière karité mobilise plus de 400 000 femmes et peut représenter jusqu’à 40 % de leurs revenus. Pourtant, plus de 60 % de la production est encore exportée sous forme d’amandes brutes. Le gouvernement vise une croissance de 7 % et une part de l’industrie dans le PIB qui passerait de 22,7 % en 2025 à 30 % en 2030. Pour y parvenir, le ministre a annoncé la création prochaine d’un fonds de soutien aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire, ainsi que l’implantation de sociétés agro-industrielles dans les 31 régions du pays.

Il a aussi salué les 250 travailleurs journaliers déjà mobilisés, qui s’ajoutent aux 450 emplois directs. Dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ouvre un marché de 1,3 milliard de consommateurs, il a souligné que l’usine positionne Bouaké comme un pôle agro-industriel régional. Il a également cité le Président  Alassane Ouattara, qui a rappelé en juillet dernier que le pays, premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, doit devenir le premier transformateur de ses matières premières.

Bruno Nabagné Koné : « Produire davantage, transformer davantage, créer davantage de richesses »

Dernier à intervenir, le ministre de l’Agriculture a d’abord évoqué son attachement à Bouaké, « tout un chapitre » de son histoire personnelle. Il a salué l’action du ministre-maire « pour un Bouaké plus rayonnant, plus moderne, plus dynamique et plus accueillant ». Pour lui, l’agriculture ne peut plus se limiter à produire des matières premières. Elle doit devenir le point de départ de chaînes de valeur intégrées. « Il nous faut produire davantage, il nous faut transformer davantage et il nous faut créer davantage de richesses sur le sol de notre pays, en particulier dans les bassins de production », a-t-il martelé.

Les chiffres qu’il a présentés montrent le potentiel des deux filières. En 2025, la Côte d’Ivoire a produit environ 60 000 tonnes d’amandes de karité et exporté près de 4 400 tonnes de beurre vers neuf pays d’Asie, d’Amérique et d’Europe. La production de soja a atteint environ 30 000 tonnes, avec une transformation locale encore marginale. L’usine de Kongodékro peut traiter chaque jour 200 tonnes de karité et 300 tonnes de soja.

Le ministre a plaidé pour une juste rémunération des femmes : « Le moment est venu de faire du karité véritablement l’or des femmes. » Il a encouragé l investisseur à nouer avec les coopératives féminines des partenariats fondés sur la transparence et une rémunération décente. Il a aussi annoncé la tenue, dès demain  mardi 13 octobre à Abidjan, de la première édition du Salon national du karité, placée sous le patronage de la Première Dame, Dominique Ouattara.

Ruban coupé, plaque dévoilée

Les ministres et le maire de Bouaké ont coupé le ruban symbolique, puis dévoilé la plaque inaugurale de l’usine. Les officiels ont ensuite suivi une visite guidée de la chaîne de transformation du karité et du soja, de la réception des amandes et des graines jusqu’aux produits finis. À Kongodékro, le karité et le soja ne quitteront plus Bouaké à l’état brut. La vision du Président Alassane Ouattara d’une Côte d’Ivoire développée et prospère trouve ainsi, sur le terrain, une traduction concrète avec « Bouaké Nouveau ».

               Adams Régis SOUAGA et Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes