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Côte d'Ivoire

Culture et langue ǀ Abel Djohoré refuse d’être « complice » de l’acculturation du bété et interpelle les anciens

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L’ancien député de Ouragahio-Bayota, actuel PCA de l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences (AIGF), interroge le sens du mot « kanegnon » et refuse de cautionner le galvaudage de sa langue maternelle.

Par Bosco de Paré

Dans une publication sur sa page Facebook, ce jeudi 8 octobre 2026, Abel Djohoré ne cache pas son malaise. « Depuis un moment, nous entendons des personnes s’essayer à utiliser des termes communs à nous tous, peuple bété », écrit l’ancien élu, sans nommer personne. Il dit ne pas vouloir polémiquer, mais refuse de se rendre complice de ce qu’il considère comme une dérive. « Loin de moi l’idée de créer la polémique, mais pour la postérité et pour ne pas être complice de l’acculturation et du galvaudage de ce qui est l’essentiel d’une langue, je m’interroge : que signifie le kanegnon? je m’interroge et interroge la conscience collective, nos anciens qui ont encore la chance d’être parmi les vivants », a-t-il écrit.

Il poursuit : « Que veut dire un canegnon ou le kanegnon? Est-ce celui qui fait ou qui a fait preuve de bravoure ou bien celui qui déborde de ‘‘générosité’’ ? » Pour lui, « aucun acte de reconnaissance ne peut justifier l’acculturation d’un peuple ». Il promet toutefois d’y revenir.

Membre du RHDP, parti au pouvoir, Abel Djohoré est originaire de la même ville que l’ancien président Laurent Gbagbo, lui aussi ancien député de la circonscription de Ouragahio. Il ne fait cependant aucun lien explicite entre sa publication et l’ex-chef de l’État.

En filigrane, le propos semble viser des personnes extérieures à la communauté bété. Un locuteur bété ne s’offusquerait pas qu’un autre Bété use de sa propre langue. Abel Djohoré ne désigne toutefois personne, et son message peut aussi se lire comme un appel à préserver le sens des mots.