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Afrique

Tensions diplomatiques : L’Égypte expulse le Conseiller à l’ambassade d’Éthiopie au Caire

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L’escalade diplomatique se poursuit entre l’Égypte et l’Éthiopie. Le Caire a déclaré « persona non grata » un diplomate éthiopien en poste dans la capitale égyptienne et lui a donné 48 heures pour quitter le territoire. Une décision prise en représailles à l’expulsion, par Addis-Abeba, d’un diplomate égyptien.

Par Bosco de Paré

Le diplomate éthiopien en question se nomme Egazi Emelo Borougi, Conseiller à l’ambassade d’Éthiopie au Caire. La déclaration persona non grata du Caire intervient au lendemain de l’expulsion par l’Éthiopie d’Ahmed Moharam Ahmed Soliman, diplomate égyptien, accusé par Addis-Abeba d’ingérence dans le conflit armé qui secoue le pays. Cité par la chaîne de télévision égyptienne Al Qahera News, un responsable égyptien a qualifié l’expulsion du diplomate égyptien de « regrettable et injustifiée ». Il a assuré que Le Caire avait toujours privilégié une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États. Toujours selon ce responsable, l’Éthiopie chercherait plutôt à faire porter à des acteurs extérieurs la responsabilité de ses « crises internes successives ». Il a précisé que la décision de renvoyer à son tour le diplomate éthiopien avait été prise au nom du principe de réciprocité. Addis-Abeba n’a, pour sa part, pas publiquement détaillé les motifs ayant conduit à l’expulsion du diplomate égyptien.

Le barrage de la renaissance toujours au cœur des tensions

Cette nouvelle passe d’armes intervient sur fond de relations déjà tendues entre les deux pays, notamment en raison du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), construit sur le Nil bleu. Depuis plusieurs années, l’Égypte s’oppose à la manière dont l’Éthiopie entend exploiter et gérer cet ouvrage hydroélectrique, qu’elle considère comme susceptible de menacer sa part des eaux du Nil. Mais au-delà du dossier du barrage, les tensions se sont récemment déplacées sur le terrain sécuritaire. Addis-Abeba a accusé cette semaine l’Égypte, le Soudan et l’Érythrée de soutenir le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), accusé d’avoir lancé des attaques contre les forces gouvernementales dans plusieurs régions du pays, notamment l’Afar, l’Amhara et le Tigré. Ces nouveaux affrontements font craindre une résurgence du conflit éthiopien, après la guerre qui avait ravagé le pays entre 2020 et 2022 et fait, selon diverses estimations, environ 600.000 morts. L’Égypte n’a pas réagi publiquement à ces accusations. Le Soudan, lui, les a démenties.

Addis-Abeba et Asmara rompent à leur tour les liens diplomatiques

La crise diplomatique entre l’Égypte et l’Éthiopie intervient également dans un contexte de dégradation des relations entre Addis-Abeba et Asmara. L’Éthiopie et l’Érythrée ont annoncé le jeudi 1e octobre 2026, la rupture de leurs relations diplomatiques, les deux pays s’accusant mutuellement d’alimenter les tensions et les conflits internes. La dégradation simultanée de ces relations fait ainsi monter la tension dans la Corne de l’Afrique, où les rivalités autour du Nil, les questions sécuritaires et les alliances régionales se mêlent désormais aux crises internes de plusieurs États. La décision égyptienne contre le diplomate éthiopien constitue, dans ce contexte, un nouvel épisode de cette escalade diplomatique.