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Développement local- La mairie de Facobly se dote de machines d’entretien routier
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3 heuresle
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Redaction
Un camion benne, une chargeuse et une niveleuse, entièrement payés sur le budget municipal. Ce mardi 29 septembre 2026, sur la place de la Paix, la commune de Facobly a présenté à ses populations ses premiers engins de travaux publics. Le maire Moïse Gnamké promet des routes praticables en toute saison et de nouvelles recettes pour la commune. Le préfet, lui, pose une exigence : l’entretien.
La place de la Paix de Facobly était noire de monde ce mardi matin. Venues des 17 villages de la commune, et même au-delà, les populations ont attendu de pied ferme l’arrivée des engins. Elles n’ont pas été déçues. Précédés d’une parade et escortés par un cortège de motos, le camion benne, la chargeuse et la niveleuse ont fait une entrée triomphale sur la place. Le maire Moïse Gnamké et plusieurs cadres de la commune avaient pris place à bord des engins, sous les acclamations de la foule.
La cérémonie s’est ouverte selon la tradition. Le doyen a fait la libation pour s’adresser aux ancêtres, puis chrétiens et musulmans ont prié pour les engins, pour ceux qui les conduiront et pour la commune. Tout au long de la matinée, plusieurs artistes du terroir, dont l’artiste Jaurès, ont animé les intermèdes musicaux et tenu le public en haleine.
« Une promesse tenue »
Au nom du comité d’organisation, sa présidente, Mme Anny Raush, 2e adjoint au maire, a remercié le préfet pour sa présence malgré ses multiples charges. Elle a aussi remercié les autorités coutumières et religieuses, les forces de défense et de sécurité et la presse. Mais c’est au maire qu’elle a réservé ses mots les plus forts. Les populations attendaient de lui un leader proche d’elles et engagé pour le développement : « Nous pouvons dire avec fierté : vous n’avez pas trahi cette confiance. » Pour elle, ces engins ne sont « pas magiques ». Elle y voit « le symbole d’une promesse tenue ».
La voix des 17 villages
Porte-parole des populations bénéficiaires, M. Henri Faé a décrit le quotidien des villages après chaque pluie. <<Les véhicules s’embourbent et les récoltes pourrissent faute de pouvoir sortir. Les malades peinent à rejoindre les centres de santé, et les enfants arrivent à l’école couverts de boue>> a-t-il expliqué. « Nous avons cotisé pour louer des engins à des prix qui dépassaient souvent nos moyens. Nous avons parfois ouvert nos pistes à la daba », a-t-il rappelé.
En retour, les populations s’engagent à protéger les engins lors de leurs interventions et à accueillir les conducteurs et les techniciens. Elles s’engagent aussi à travailler avec la mairie pour établir le calendrier des travaux. Le porte-parole a formulé trois vœux. D’abord, que les pistes des villages les plus enclavés passent en priorité. Ensuite, que la deuxième phase arrive comme prévu. Enfin, que la réflexion se poursuive sur le transport des populations éloignées des grands axes. Sa conclusion : « Courage, nous sommes derrière vous. »
Ensuite, le chef central de Facobly, a au nom de ses pairs, reçu les clés des engins, au pied des machines, lors d’une remise symbolique.
Un parc de près de 600 millions de FCFA
Le maire Moïse Gnamké a d’abord répondu aux rumeurs. Certains disaient que les engins étaient un don de l’État. D’autres affirmaient qu’ils n’appartenaient pas à la mairie. « Ces engins ne sont pas ceux du maire. Ce sont les vôtres », a-t-il lancé.
Selon lui, le programme d’équipement coûte près de 600 millions de FCFA et se déroule en deux phases. La première phase a coûté 230 millions : le camion benne de 30 tonnes : 55 millions ; la chargeuse : 65 millions et la niveleuse : 110 millions.
L’an prochain, la deuxième phase ajoutera un bulldozer sur chenilles, un compacteur de 12 tonnes et un porte-engins. « Ces engins ont été acquis à 100 % sur le budget d’investissement de la mairie », a insisté le maire. L’achat était inscrit dès le premier programme triennal 2024-2026. Il a mis au défi quiconque de trouver une commune ayant acheté ces engins moins chers.
Calendrier
Chaque mois, dix jours de travail seront réservés à la commune, soit environ 120 jours par an. Chaque village recevra en moyenne 7 à 8 jours par an. Ce quota sera ajusté selon la taille et les besoins : de 4 jours pour certains villages à 15 jours et plus pour d’autres. Le calendrier sera fixé avec les chefs de villages. Le nombre de jours est fixe, mais les dates pourront s’adapter aux urgences. Le maire a cité l’exemple de Soumahé, où les engins ouvriront les voies pour l’extension du réseau électrique.
Un village qui a épuisé son quota pourra toujours faire appel aux engins. Il ne paiera qu’un tarif préférentiel, qui couvre surtout le carburant. « Ça n’aura rien à voir avec la location des engins telle qu’elle est aujourd’hui », a promis le maire.
Des engins pour renflouer les caisses
Le reste du temps, les engins seront loués pour des prestations extérieures. « Demain, quand vous verrez ces engins travailler ailleurs, ne dites pas que la mairie enlève les engins de la commune. C’est pour aller chercher de l’argent », a prévenu Moïse Gnamké.
À son arrivée, les recettes propres de la commune étaient de 24 millions de FCFA. Elles dépassent aujourd’hui 50 millions, et la mairie vise 60 millions d’ici la fin de l’année. Les engins de la première phase devraient rapporter environ 40 millions FCFA par an. Avec le parc complet, ce chiffre devrait atteindre 60 millions. L’objectif est d’atteindre 100 millions de recettes propres avant la fin du mandat, en 2028, sans alourdir les impôts des populations. Le maire a annoncé un grand programme social, qu’il garde « encore au laboratoire » pour le moment.
Investissements
Le maire a rappelé l’échec de l’ancienne DMTP, la Direction du matériel des travaux publics : ses engins avaient été détournés et mal entretenus. « Nous n’allons pas répéter cette erreur », a-t-il dit. Les trois engins sont équipés de balises GPS, et la mairie sait à tout moment où ils se trouvent. À partir de demain, les techniciens du fournisseur formeront pendant une semaine les conducteurs et l’équipe de maintenance.
Reste la question du carburant. Les trois engins consomment environ 450 litres de gasoil par jour en pleine activité. La mairie a donc facilité l’installation d’une station-service privée, actuellement en construction à Facobly. Elle devrait ouvrir avant la fin de l’année.
Un bilan défendu point par point
Le maire a aussi répondu à ceux qui prétendent que son équipe « ne fait rien ». Il a énuméré plusieurs réalisations :
Écoles : réhabilitation de l’école Aka, dont la clôture est prévue en 2027, et de l’école primaire municipale.
Santé : la maternité du centre de santé urbain a été entièrement rénovée. La commune a construit cinq centres de santé en un mandat, contre sept ou huit entre 1985 et 2023.
Eau : deux forages ont renforcé le château d’eau, grâce à un programme de l’État.
Kiriao : une école en chantier depuis 30 ans a été achevée. Un réseau d’eau potable de 85 millions de FCFA alimente désormais près de 4 000 habitants.
Douimbly, Zouatta et Soumahé : des foyers de jeunes, des centres de santé, des logements pour le personnel de santé et une cantine scolaire.
Électricité : 50 poteaux arrivent à Soumahé, qui n’avait connu aucune extension du réseau depuis 1969.
Le maire a également salué la réhabilitation de la voie principale, obtenue auprès de l’AGEROUTE et du ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier. Selon lui, le budget de la commune est passé d’environ 400 millions de FCFA à près de 800 millions. Il a aussi annoncé une unité de production de pavés pour revêtir les rues et les places. Une cinquantaine de jeunes de la commune seront formés pour la poser. « En 2028, nous vous rendrons compte, et c’est vous qui jugerez », a-t-il conclu.
Le conseil municipal a ensuite offert au maire un bélier et un tableau à son effigie, en signe de reconnaissance.
Le préfet : « Les entretenir est un devoir de gestion »
Le préfet du département, M. Antoine Kouakou, a clôturé les allocutions. Il a félicité le maire et son conseil municipal. Selon lui, cet achat n’est « pas un simple affichage d’équipement » : il démontre une gestion axée sur les résultats. Les engins permettront de désenclaver les villages et de mieux assainir la ville. Ils aideront aussi à intervenir vite après les intempéries. Le préfet y voit « la décentralisation qui prend tout son sens ».
Il a toutefois insisté sur un point : « Acquérir des engins est un effort financier louable, mais les entretenir est un devoir de gestion. » Il a demandé un plan de maintenance préventive strict. Aux populations, il a adressé un message de responsabilité : l’heure n’est plus aux querelles électorales. Il les a appelées à faire bloc derrière l’équipe municipale. « La municipalité apporte les moyens, les citoyens préservent le bien commun », a-t-il résumé.
Adams Régis SOUAGA et Sercom Mairie de Facobly
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