Comment garantir les revenus des riziculteurs face au dérèglement climatique tout en attirant les financements ? La réponse réside dans l’assurance indicielle qui est au cœur d’un atelier de renforcement de capacités tenu à Yamoussoukro. C’est un pas important vers l’autosuffisance en riz visée par le gouvernement pour 2030.
Producteurs, organisations professionnelles agricoles, assureurs et partenaires techniques ont pris part à cette rencontre consacrée au mécanisme d’assurance indicielle, une innovation appelée à transformer la gestion des risques agricoles en Côte d’Ivoire.
Dans son discours d’ouverture, le Directeur général de la Planification, des Statistiques et des Projets, M. Kokora Diby Alexandre, a rappelé que l’agriculture est un secteur « par nature exposé à l’incertitude avec notamment plusieurs défis liés : aux aléas climatiques avec des saisons de pluie imprévisibles, sécheresses prolongées et inondations fragilisent les récoltes ; à la sécurité des investissements où les sacrifices des producteurs peuvent être compromis par des phénomènes incontrôlables ; à l’accès au financement où les banques hésitent à soutenir les producteurs faute de garanties sur la rentabilité des récoltes ; à l’autosuffisance en riz, l’objectif stratégique du gouvernement à l’horizon 2030, condition essentielle de la souveraineté alimentaire. »
Fort de ces défis, Kokora Diby Alexandre a présenté l’Assurance Indicielle comme un outil de confiance. Ainsi, le projet PASSIR (Projet de mise en place d’un mécanisme d’assurance récolte indicielle en Côte d’Ivoire) a été présenté comme une réponse concrète. Ce mécanisme repose sur des indices climatiques (pluviométrie, rendement moyen, etc.) qui déclenchent automatiquement les indemnisations en cas de sinistre « Produire est une chose, garantir que cette production sera sécurisée en est une autre », a souligné le Directeur général « Ce système vise à rassurer non seulement les producteurs, mais aussi les institutions financières, en réduisant les risques liés aux aléas climatiques. », a-t-il indiqué
Le riz, première spéculation ciblée par la phase pilote du PASSIR aux côtés du coton et du palmier à huile, occupe une place centrale dans la stratégie nationale. Le ministre Bruno Nabagné Koné en a fait la priorité numéro 1 pour atteindre l’autosuffisance alimentaire
« Le projet bénéficie de l’appui de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et de cabinets spécialisés, qui accompagnent l’État dans la conception et la mise en œuvre des instruments adaptés aux réalités locales () L’idée c’est de pouvoir faire en sorte qu’à travers ces mécanismes nous puissions avoir un flux de financement plus important pour le secteur agricole qui aujourd’hui souffre d’un manque de financement. », a fait savoir l’envoyé du Ministre Bruno Koné. Qui a invité les participants à des échanges où producteurs et organisations professionnelles peuvent exprimer leurs préoccupations et contribuer à la structuration des mécanismes. « Il n’y aura pas d’autosuffisance en riz sans producteurs engagés », a rappelé M. Kokora Diby Alexandre.
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N.B : Le titre et le chapeau sont de la Rédaction