Le Collectif pour le respect du journaliste ivoirien a pris connaissance de la décision rendue ce vendredi 17 avril 2026 par le juge des référés, statuant en procédure d’heure à heure, relativement au processus électoral en cours au sein de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).
Par cette décision, le juge a estimé que les instances de l’UNJCI étaient forcloses et a ordonné l’organisation du 12ᵉ Congrès ordinaire par un comité ad hoc composé de sept (7) membres.
Qu’on ne s’y trompe pas : cette procédure n’est pas neutre.
Elle a été initiée par deux journalistes notoirement engagés aux côtés d’une candidate à la présidence de l’UNJCI.
Elle s’inscrit dans une stratégie désormais assumée : déplacer le combat électoral du terrain des urnes vers celui des prétoires.
Faut-il rappeler que cette même démarche avait échoué il y a moins de deux semaines devant un autre juge des référés, qui s’était déclaré incompétent, estimant que les questions soulevées relevaient du fond et non de l’urgence ?
Ce contraste entre décisions judiciaires successives, rendues dans un délai aussi court, illustre à lui seul le caractère éminemment contestable et instable de cette offensive juridico-politique.
Le Collectif prend acte de cette situation, mais refuse d’être dupe.
Car derrière les apparences procédurales, c’est bien une tentative de mise sous tutelle de l’UNJCI qui se dessine.
La composition du comité ad hoc, telle que proposée par les assignateurs, en est la preuve la plus éclatante :
Trois (3) représentants des past-présidents de l’UNJCI
Un (1) représentant de l’ANP
Un (1) représentant de la HACA
Un (1) représentant du GEPCI
Un (1) représentant de l’Intersyndicale
Autrement dit, une structure où les journalistes, premiers concernés, deviennent minoritaires au profit d’acteurs institutionnels extérieurs.
Une configuration qui heurte frontalement les principes d’indépendance et d’autorégulation qui fondent toute organisation professionnelle digne de ce nom.
L’UNJCI n’est ni une administration sous tutelle, ni un espace à confisquer par des jeux d’influence. Elle appartient aux journalistes ivoiriens. À eux seuls.
Le Collectif met en garde. Toute tentative de dévoiement du processus électoral ou de captation de l’organisation par des voies détournées rencontrera une résistance ferme.
Cela étant dit, le Collectif prend acte de la mission assignée au comité ad hoc : organiser le Congrès dans un délai de quarante-cinq (45) jours. Rien de plus. Rien de moins.
Il ne saurait être question pour ce comité de se transformer en organe de refondation ou de reconfiguration du processus électoral.
Les règles du jeu sont connues. Les candidats sont identifiés. Ils sont au nombre de deux. La campagne a eu lieu. Le corps électoral est prêt.
On ne réécrit pas une élection en cours au gré d’intérêts circonstanciels.
Le comité ad hoc devra donc s’en tenir strictement à l’organisation matérielle du Congrès.
Toute tentative d’ingérence dans les acquis du processus constituerait une violation manifeste de son mandat.
En réalité, cette décision, quelles qu’en soient les motivations, consacre une vérité simple : le Congrès demeure l’instance suprême de règlement des différends au sein de l’UNJCI.
C’est là, et nulle part ailleurs, que doit se trancher le débat.
Le Collectif appelle donc l’ensemble des journalistes ivoiriens à rester mobilisés, vigilants et attachés à l’essentiel : préserver l’indépendance de leur organisation et faire triompher la légitimité des urnes.
Car au bout du compte, une seule voix doit prévaloir : celle des journalistes.
Rendez-vous au Congrès.
Pour le collectif
– Lucien Déconens
– Justin Assalé
– Arnaud GASA
Journalistes professionnels, membres de l’Unjci
NDLR Le titre est de la rédaction