À Soubré, le Directeur régional de l’agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Gérard Boidi N’guetta, est monté au créneau ce mardi 14 avril 2026 pour lever les zones d’ombre sur l’opération de délimitation des terres rurales. La sortie du patron de l’agriculture dans la Nawa vise un seul objectif : mettre tout le monde en confiance (allochtones, allogènes et même autochtones).
Dans la région de la Nawa, le foncier reste un sujet sensible, souvent entouré de méfiance. Pour briser la glace, Gérard Boidi N’guetta, Directeur régional de l’agriculture, du développement rural et des productions vivrières, a multiplié les clarifications depuis son bureau de Soubré. L’enjeu est de taille : le Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (Presfor), piloté par l’Afor, passe à la vitesse supérieure dans les départements de Soubré, Meagui et Buyo.
« Tous les exploitants des terres rurales sont concernés », a martelé le Directeur régional. L’objectif affiché par le gouvernement est la délivrance gratuite de certificats fonciers pour ceux dont les droits coutumiers sont reconnus par le village. Et pour ceux qui exploitent la terre sans en être propriétaires (allochtones ou allogènes), pas de panique. En effet, l’opération prévoit la formalisation des anciens « contrats verbaux ».
Pour Gérard Boidi N’guetta, il s’agit simplement de mettre de l’ordre pour éviter les palabres inutiles. « C’est une manière de formaliser les contrats oraux que les exploitants et les détenteurs de droits coutumiers auront passés entre eux. C’est une manière de protéger, de garantir leurs investissements. C’est le bien-fondé de l’opération ».
Face aux hésitations de certains ressortissants de la Cedeao et des communautés venues d’ailleurs, le message se veut fraternel mais ferme. « Ce que je peux recommander à nos frères venus d’ailleurs, allochtones comme allogènes, c’est de s’impliquer véritablement, de ne pas avoir peur. Cette opération sécurise tout le monde (détenteurs de droits coutumiers comme simples exploitants). Et ça clarifie l’état d’occupation de chaque entité. Je recommande à tout le monde de s’impliquer, de ne pas avoir peur. L’État est pour nous tous. Il ne peut pas mener une opération pour spolier qui que ce soit. C’est juste une manière de sécuriser l’investissement des uns et des autres, et de clarifier les droits de chacun dans le domaine du foncier rural ».
Sur la question récurrente et souvent conflictuelle du « on vous a vendu la brousse, pas la terre », le Directeur régional joue la carte de la médiation. Pas question d’imposer une règle standard depuis les bureaux. Pour lui, le règlement se fera « au cas par cas », en respectant les ententes initiales et les habitudes de cohabitation déjà établies dans les villages sous la supervision des comités locaux.
Que ce soit à Méagui ou ailleurs dans la région, le mot d’ordre reste le même. Clarifier l’existant pour que la terre ne soit plus une source de conflit, mais un levier de développement ».
Une correspondance de Laurent Nahounou