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Situation socio-politique- La CNDH-CI condamne la défiance aux institutions de la République et rappelle le cadre réglementaire des manifestations publiques [Déclaration]

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Diverses voix s’élèvent depuis quelques jours pour soit condamner le pouvoir, qui userait de violence contre des manifestants issus de l’opposition réunis au sein du Front Commun, lequel s’oppose au déroulement de la présidentielle par des voies violentes soit pour dénoncer ces appels à la violence. Dans ce cadre, la Commission nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire a produit ce jour une déclaration dont l’intégralité est ci-dessous.

Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) informe l’opinion nationale et internationale, qu’il suit avec la plus grande attention l’environnement pré-électoral, avec le renforcement par ses équipes au siège et dans les trente-et-une (31) Commissions Régionales des Droits de l’Homme (CRDH) du monitoring et du suivi de la situation qui prévaut, notamment au regard des développements liés à quelques manifestations isolées dans certaines villes et localités du pays.

Le CNDH relève que depuis le prononcé le 8 septembre 2025 de la décision du Conseil Constitutionnel portant publication de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, des appels explicites à manifester sont lancés par des acteurs de la scène politique sur les réseaux sociaux et au cours de conférences de presse, malgré les interdictions.

Le CNDH constate que des groupes isolés répondant à ces appels, s’adonnent à des marches et autres actes de protestation dans certaines localités, entrainant des interventions des Forces de Sécurité et de nombreuses arrestations. Le Conseil a observé que ces manifestations causent par endroits des interruptions des enseignements dans des établissements scolaires ou leur fermeture, notamment à Cocody, Yopougon, Andjoua à Aboisso, Bonoua, Bouaflé, Gagnoa, Daloa et Bangolo. Il a noté la mort regrettable le lundi 13 octobre 2025, à Bonoua, d’un jeune homme de 22 ans, atteint par balle selon un communiqué de la Direction de la Police Nationale publié le 14 octobre 2025.

Le CNDH rappelle que :

  • le droit à la liberté d’expression qui est un droit fondamental universel et constitutionnel s’exerce sans porter atteinte aux droits d’autrui, ni à la sécurité nationale et à l’ordre public ;

  • le droit de manifestation et de rassemblement pacifique consacré par le système international des droits de l’Homme et la Constitution ivoirienne ne saurait s’exercer pleinement que dans le respect des lois et des Institutions établies, exclusion faite de l’usage de toutes formes d’actes de violence.

Tout en appelant les acteurs à la retenue et à privilégier le recours aux voies légales d’expression et de manifestation de leurs libertés fondamentales, le CNDH :

  • Note à travers le communiqué publié par la Direction de la Police Nationale, l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de la mort du jeune homme de 22 ans à Bonoua ;

  • Demande l’ouverture d’enquêtes sur tous les cas d’atteintes et de violations des droits de l’Homme commises au cours des évènements de ces derniers jours ;

  • Suit les procédures judiciaires ouvertes à l’encontre des personnes interpellées dans le cadre des interventions des Forces de Sécurité pour circonscrire les manifestations organisées ;

  • Insiste sur la nécessité de protéger les droits des citoyens, tout en renforçant la protection contre les actes de violence susceptibles de porter atteinte aux personnes et aux biens, pour un climat plus apaisé favorable à la tenue d’une élection présidentielle sereine ;

  • Condamne les actes de défiance à l’encontre des Institutions républicaines, de leurs décisions et des lois, de nature à saper les fondements de l’Etat de droit et de notre jeune démocratie, ainsi qu’à porter atteinte aux droits à la paix, à l’éducation et à la libre circulation des populations ;

  • Demande aux citoyens de préserver le climat de paix pour une meilleure consolidation des acquis démocratiques.

Tout en adressant ses condoléances à la famille du jeune homme décédé à Bonoua, le CNDH et ses Commissions Régionales réitèrent leur engagement à poursuivre la surveillance accrue du processus électoral.

                           Pour le Conseil

                          La Présidente

                    Namizata SANGARE

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