Suivez nous sur:

Actualité

Marche du Front commun/ Honorable Gadou Godo André, Député de Liliyo-Okrouyo : ‘‘Quand une population se lève pour une revendication…’’

Publié

le

Député à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, de la circonscription de Liliyo-Okrouyo, dans la région de la Nawa, élu sous la bannière du Parti démocratique de Côte d’Ivoire section du Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), depuis trois mandatures maintenant, l’Honorable Gadou Godo André se prononce sur l’actualité politique nationale et régionale. Du front commun Pdci-Ppa-ci, il explique que bien avant la mise en place officielle de cette alliance, la région de la Nawa était déjà dans cette dynamique politique. De son domicile du quartier Résidentiel de Soubré, chef-lieu de la région, il lance son cri de cœur.

Depuis quelques temps, des partis de l’opposition, notamment le Pdci-Rda et le Ppa-ci sont dans un front commun pour lutter contre le quatrième mandat du Président Alassane Ouattara et la réhabilitation des Présidents Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo. Comment se porte cette plateforme dans la région de la Nawa ?

Le front commun est une création récente. Mais bien avant, lors des élections régionales, au niveau de la Nawa, le Pdci et le Ppa-ci s’étaient déjà mis ensemble. Au point que le Conseil régional, comme vous avez dû le remarquer à la réunion de vendredi (1er août 2025, ndlr), est un Conseil ”Front Commun”, j’allais dire Pdci-Ppa-ci. C’est donc, une réalité qui a devancé le Front commun avant sa création, au niveau de Soubré. Je veux donc dire que le Front commun se porte bien ici. On fait les évènements ensemble, on se retrouve, et on attend le mot d’ordre des directions de nos partis.

Vous disiez qu’au niveau de la région, vous avez, pratiquement, devancé la récente création du Front commun. Alors, comment se porte-t-il au niveau de votre circonscription électorale, Liliyo-Okrouyo ?

À Liliyo-Okrouyo, le Front commun se porte à merveilles, dans la mesure où, actuellement, nous nous passons les informations, et nous travaillons ensemble. Vous savez que cette circonscription est beaucoup plus petite que le territoire national. Les responsables du Ppa-ci et du Pdci, nous nous connaissons. Ici, le responsable du Ppa-ci, c’est Monsieur Anoi Bruno, et celui du Pdci, c’est votre serviteur. Nous échangeons souvent, nous nous passons les informations. Dernièrement, nous avons travaillé de concert par rapport au parrainage de nos deux candidats. Nous travaillons de concert, parce que nous ne pouvons que suivre les mots d’ordre de nos responsables hiérarchiques. Ils ne peuvent pas être en symbiose, et nous, sur le terrain, nous allons être dos à dos.

Justement, et comme nous sommes dans la dynamique des élections, cela nous permet de faire une remarque. Au niveau de la région qui compte plus de 1.600.000 habitants, il n’y a que 17% de la population qui sont inscrites sur la liste électorale. Comment vous expliquez cela ?

Le problème, d’abord un, les moments qu’on donne pour permettre aux populations de s’inscrire sont très courts. Et puis, nous, nous sommes une région fortement agricole. Nos militants sont beaucoup plus en profondeur. Et pour avoir accès à eux, c’est tout un problème. Or, les agents recenseurs, quand ils arrivent, et qu’ils constatent qu’il n’y a pas d’affluence après 03 ou 04 jours, ils prennent leurs matériels et s’en vont. Deuxièmement, il faut dire aussi, (et c’est la réalité), que toutes les élections sont sujettes à motivation. Qu’est-ce que je veux dire ? Je veux dire que, moi, quand je sais que mon Président du parti est candidat, je vais m’empresser de m’inscrire. Mais, comme on le dit au Front commun, si on dit que le Président Laurent Gbagbo ne sera pas candidat, le Président Tidjane Thiam ne sera pas candidat, vous pensez que cela peut motiver nos militants à aller s’inscrire ?

‘‘C’est un non-sens que de dire que la révision sera faîte après les élections’’

Vous êtes journaliste, vous devriez avoir fait des statistiques. Le grand mouvement d’inscription des électeurs sur la liste électorale, c’était en 2009. Cette année-là, tous ceux qui aspiraient à devenir Président de la République ont été acceptés. Chacun d’eux a motivé ses militants pour s’inscrire. Mais cette fois, le Président Laurent Gbagbo était à la Haye, et c’était difficile pour ses militants. Personne ne savait s’il allait revenir, s’il allait être candidat, etc. Et cela a fait hésiter un peu ses militants. Aujourd’hui, nous, qui avions fait le maximum pour nous inscrire, on nous dit que notre Président ne peut pas être candidat. Autant de choses pour décourager les militants. C’est Pourquoi, justement, nous disons que compte tenu de cela, il faut qu’on fasse l’audit de la liste électorale actuelle. Ensuite, qu’on fasse une nouvelle inscription sur la liste, disons une révision. Parce que c’est un non-sens que de dire que la révision sera faîte après les élections. Mais, on enrôle les gens pour qu’ils votent, ce n’est pas un recensement de l’habitat, on ne compte pas les populations, c’est pour les électeurs. Or, les électeurs, c’est pour élire le Président de la République, les Députés, les Conseils régionaux et les Conseils municipaux. Nous allons emmener le pouvoir à accepter l’audit, et faire une révision de la liste électorale. Je pense que nous allons y arriver. Vous verrez l’engouement que cela va susciter. De vous à moi, si demain, on dit que Laurent Gbagbo est candidat, Tidjane Thiam est candidat, mais la liste électorale va exploser.

On a aussi remarqué que la plus grosse plaie de la région de la Nawa, ce sont les routes, les voies d’accès aux différents départements, Sous-préfectures et villages. Vous, en votre qualité de représentant des populations à l’Assemblée nationale, quelles sont les démarches que vous menez afin que le gouvernement, ou l’Etat se penche un peu sur la situation déplorable de la région de la Nawa qui, somme toute, est une région essentielle comme aime à le dire le Président du Conseil Régional, une région ‘‘grenier’’ pour la Côte d’Ivoire ?

Dieu merci, le Président de la région de la Nawa se nomme Netro Tagbo René. Il est du Pdci-Rda. Nous sommes dans la même région, et nous vivons les mêmes problèmes. Chaque fois que nous nous réunissons, nous ne faisons que parler de cela. Et chaque fois que nous avons l’occasion d’en parler, nous le faisons. Le Président Netro est Député comme moi. Au niveau de l’hémicycle, nous en parlons. Et le problème se pose au niveau de l’hémicycle. N’oubliez pas que la démocratie c’est la dictature de la majorité. À l’Assemblée, nous sommes environ 97, et ceux du pouvoir sont environ 155, sur 255 Députés. Vous voyez ! Donc tout ce que nous faisons comme propositions ne passent pas. Mais nous comptions sur le bon sens des dirigeants, parce qu’on pense raisonnablement qu’on devrait développer les voies d’accès, les voies de communication de la région de la Nawa. C’est quand même la première région productrice de café-cacao, c’est la première région productrice de l’électricité en Côte d’Ivoire, une région encore un peu plus productrice de caoutchouc naturel. Autant de cultures pérennes qui rapportent beaucoup d’argent à la Côte d’Ivoire. Nous pensions que cette grande richesse suffisait pour être notre ‘‘Avocat’’’ auprès du gouvernement. Mais, hélas, ce n’est pas le cas. Sinon que nous en parlons tout le temps. À cet effet d’ailleurs, le Président Netro a rencontré le Président de la République, le 16 avril 2024 pour lui en parler, et il nous avait fait la promesse. Nous attendons.

Honorable, et si nous abordions la question sanitaire et l’adduction d’eau potable ? Qu’en est-il au niveau de votre circonscription ?

Député de deux Sous-préfectures, Liliyo et Okrouyo, avec environ 200 000 habitants, je suis le plus mal servi. J’ai tellement de problèmes. Par exemple, chaque fois on me revient pour le problème d’eau. Vous savez qu’aujourd’hui, avec le changement climatique, il n’y a plus d’eau. Et dans nos villages, toutes les petites rivières ont tari. Il nous faut donc, forcément, installer des châteaux d’eau. C’est vraiment un besoin urgent. C’est pourquoi j’en appelle aux responsables chargés de l’eau, de penser à nous. Nous avons besoin d’eau. Vous savez que l’eau est source de vie, elle est source de santé. Parce que qui boit une mauvaise eau ne tarde pas à tomber malade. C’est mon cri de cœur.

Honorable, y a-t-il un un sujet qui vous tient à cœur sur lequel vous souhaitez donner un avis ?

Je lance un appel relativement au Front commun. Il nous faut être à l’écoute de nos supérieurs hiérarchiques, qui doivent nous les donner afin qu’à notre niveau, nous puissions galvaniser nos militants. À l’endroit des tenants du pouvoir, ce que je voudrais dire, c’est que quand une population se lève, et qu’il y a beaucoup de monde pour une revendication, comme il a été de voir le samedi 09 août 2025, naturellement, cela peut devrait pencher la balance.

Réalisée à Soubré, par Laurent Nahounou

DERNIERES INFO

NOS PARTENAIRES

LAURORE’ TAGS