Le premier Forum franco-ivoirien de la mobilité urbaine s’est ouvert ce mercredi 9 juillet 2025 à Abidjan. Une initiative conjointe du gouvernement ivoirien et de Business France qui se veut un point de départ pour repenser le transport urbain dans les grandes villes du pays. Le ministre des Transports, Amadou Koné, a donné le ton avec un discours tourné vers l’action et la coopération.
C’est dans la salle de fêtes de la CGECI, en plein cœur d’Abidjan, que s’est tenue l’ouverture du premier Forum franco-ivoirien de la mobilité urbaine. Un lieu symbolique, à la croisée du monde économique, politique et urbain, pour parler de transport, d’aménagement du territoire et de l’organisation des villes. À la tribune, le ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, a rappelé d’entrée de jeu que la mobilité ne se limite pas au déplacement en véhicule, mais englobe aussi l’idée de ne pas se déplacer, ou de mieux organiser l’espace pour limiter les besoins de transport.
“Je suis ministre des Transports pour qu’on se déplace, mais je dois réfléchir pour qu’on se déplace moins”, a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de penser la ville autrement, en intégrant la marche, la proximité et une meilleure répartition des services. Une approche plus humaine, plus sobre, mais aussi plus exigeante, qui implique une vraie coordination entre ministères, collectivités et acteurs économiques.
Amadou Koné a également profité de l’occasion pour remercier ses collègues du gouvernement, notamment les ministères de la Construction, de l’Équipement et du Commerce, appelés à être des partenaires clés dans cette refonte des mobilités urbaines. Il a souhaité que de futures rencontres permettent de croiser davantage les expertises entre ministères, car, selon lui, “la construction est au cœur de la mobilité, tout comme la distribution des services”.
Le forum intervient dans un contexte particulier : une urbanisation rapide, une population en croissance et une pression constante sur les réseaux de transport, particulièrement à Abidjan. La capitale économique concentre plus de 80 % du parc automobile du pays. Pour y répondre, plusieurs projets sont en cours, dont la ligne 1 du métro, le BRT Ouest, ou encore la densification du transport lagunaire. Des initiatives qui visent à rendre les déplacements plus fluides, plus sûrs, mais aussi plus durables.
À l’intérieur du pays, la dynamique est enclenchée. Des villes comme Bouaké, San Pedro, Yamoussoukro ou Korhogo bénéficient du soutien de partenaires internationaux pour développer une mobilité urbaine adaptée à leurs réalités. Le ministre a notamment cité le projet de mobilité urbaine durable, cofinancé par des institutions comme l’AFD ou la Banque mondiale.
Mais le tableau n’est pas idyllique. Amadou Koné a évoqué, sans détour, les défis à relever : un parc automobile vieillissant, des embouteillages chroniques, un manque d’interconnexion entre les différents modes de transport, et surtout, des besoins financiers importants pour moderniser les infrastructures.
Pour y faire face, le gouvernement mise sur des alliances. L’ambassade de France, l’AFD, Business France, mais aussi les collectivités locales et les entreprises du secteur privé sont appelés à bâtir ensemble des solutions concrètes. L’un des projets phares est la construction de 30 pôles multimodaux à Abidjan, pour assurer une meilleure articulation entre bus, taxis, VTC, BRT, trains et bateaux.
Autre axe évoqué : la professionnalisation du transport artisanal, notamment à travers la restructuration du secteur des “Gbaka”. Le ministre a salué les premiers efforts de formation menés par l’OSER, tout en lançant un appel à aller plus loin.
Le premier panel du forum s’est ensuite penché sur les questions d’intermodalité, d’innovation technologique et de financement. Un échange riche entre décideurs publics, opérateurs privés, experts et chercheurs, avec un objectif commun : faire de la mobilité un levier de transformation sociale et économique.
Pas de grandes déclarations ni de slogans : ce forum a ouvert une discussion concrète sur les réalités ivoiriennes, avec l’ambition d’en tirer des solutions pratiques. La mobilité n’est pas qu’un enjeu d’infrastructure, c’est aussi un choix de société. Et c’est ce que ce premier rendez-vous entre la France et la Côte d’Ivoire semble vouloir poser comme base de travail.
Sercom Ministère des Transports