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Reconnaissance des chefs traditionnels : Alassane Ouattara concrétise une promesse faite depuis 2020

Depuis la révision constitutionnelle de 2016, la Chambre des Rois et Chefs traditionnels est reconnue comme une institution de la République. Son rôle comprend la valorisation des us et coutumes, la promotion de la paix et de la cohésion sociale, ainsi que la résolution des conflits villageois en dehors des juridictions classiques. L’article 175 de la Constitution confère cette mission à l’ensemble des chefs traditionnels du pays, tandis que l’article 176 prévoit que le fonctionnement de cette institution soit défini par une loi organique.

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Le président ivoirien Alassane Ouattara a validé par décret l’application effective de la loi organique de 2020 encadrant le fonctionnement de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels. Les autorités coutumières bénéficieront désormais d’un cadre institutionnel clair et d’une rémunération.

Annoncé depuis plusieurs années, le décret d’application de la loi organique du 25 novembre 2020 relative à la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels a été adopté ce mercredi 21 mai 2025 en Conseil des ministres. Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ce texte fixe les règles de désignation, les attributions et les modalités de fonctionnement des organes de la Chambre, notamment l’Assemblée des Rois et Chefs et le Directoire. Cette initiative répond à une promesse présidentielle visant à structurer et soutenir le rôle des chefs traditionnels.

Depuis la révision constitutionnelle de 2016, la Chambre des Rois et Chefs traditionnels est reconnue comme une institution de la République. Son rôle comprend la valorisation des us et coutumes, la promotion de la paix et de la cohésion sociale, ainsi que la résolution des conflits villageois en dehors des juridictions classiques. L’article 175 de la Constitution confère cette mission à l’ensemble des chefs traditionnels du pays, tandis que l’article 176 prévoit que le fonctionnement de cette institution soit défini par une loi organique.

C’est cette loi, promulguée en novembre 2020, qui trouve enfin sa mise en œuvre avec l’adoption du décret. Jusqu’ici, seul le Directoire, composé de 35 membres (31 présidents régionaux, les gouverneurs d’Abidjan et de Yamoussoukro, la reine des Baoulé et le roi de Grand-Bassam), assurait le fonctionnement de la Chambre. Désormais, l’Assemblée complète l’architecture de l’institution.

Interrogé, le Vénéré chef du village de Soakpe, dans le département de Facobly, DOAHI JONN’S, représentant de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels du dans le département de Facobly, a salué cette décision : « Depuis le président Houphouët-Boigny, je n’ai pas souvenance d’une telle reconnaissance à l’endroit des chefs traditionnels. Ce décret était attendu. » Il espère néanmoins que l’application soit rapide, afin que les quelque 10 000 à 11 000 chefs de village du pays puissent bénéficier d’un statut plus stable, accompagné d’une rémunération.

La mise en place complète de cette structure devrait permettre une meilleure organisation de la chefferie traditionnelle, tout en renforçant sa participation à la gestion locale, conformément à la Constitution. Le gouvernement assure que les textes adoptés permettront à la Chambre de remplir ses missions dans un cadre formalisé.

Philippe Kouhon

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