Le ministre des Ressources animales et halieutiques Sidi Tiemoko Touré a indiqué ce mercredi 2 avril 2025 que les ressources animales et halieutiques participeront au boom économique ivoirien à l’instar du binôme café cacao. Invité lors de la deuxième session de l’année 2025 des rendez-vous du gouvernement organisé par le Centre d’information et de communication gouvernementale, le ministre a déclaré que l’Etat ivoirien à travers les politiques mises en place dans ce secteur veut atteindre la souveraineté alimentaire étant donné que « nous sommes autosuffisants de 99% de disponibilité de la production ».
Une occasion pour lui d’appeler les ivoiriens à investir dans ce secteur. Selon ses explications, « si nous voulons atteindre la souveraineté, la plus grosse part des investissements attendus est de la part du secteur privé…l’Etat ne peut que mettre en place les outils structurants, faire prendre les décrets pour réguler le secteur de sorte à viabiliser les investisseurs du secteur privé. Ceci a été fait à plus de 80%. Le reste est un appel au secteur privé, aux Ivoiriens, aux populations vivant en Côte d’Ivoire, afin de venir prendre leur part dans le développement de ce secteur qui est inexploré, vierge en investissement, pour ne pas que nous venons dire que ce secteur est envahi par d’autres populations. Le secteur des ressources animales et halieutiques sera le futur café-cacao de Côte d’Ivoire. Parce que nous allons nourrir la Côte d’Ivoire et la Côte d’Ivoire va nourrir la sous-région », a-t-il souligné.
Les actions du ministère
Intervenant sur la question de la “Politique nationale de productions animales et halieutiques en Côte d’Ivoire : enjeux, défis et perspectives”, Sidi Tiemoko Touré a rappelé que son ministère a renforcé son dispositif de surveillance des pêches, à travers le centre de surveillance des pêches doté de technologies de suivi satellitaire des navires de pêche, l’acquisition de vedettes de surveillance et de drones. Ce, dans l’objectif de lutter efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée qui menace les ressources halieutiques en favorisant une exploitation anarchique des stocks.
Quant à l’accessibilité aux alevins de qualité, cinq stations d’alevinage publiques et 17 écloseries privées ont bénéficié d’appui: “Ce sont 150 000 pré-géniteurs performants, de l’aliment et du matériel technique qui leur ont été octroyés. Cela a permis de produire et de diffuser environ 10 millions d’alevins auprès de 420 pisciculteurs. En plus, 14 fermes aquacoles ont été réhabilitées et 14 nouvelles fermes ont été équipées de 123 cages”.
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À l’en croire, ces différentes actions ont permis de passer d’une production de 4500 tonnes en 2020 à 8 467 tonnes en 2023, soit un taux d’accroissement d’environ 88%.
Conscient que le manque de formation des acteurs constitue également un obstacle majeur, réduisant l’efficacité des pratiques de l’aquaculture, le gouvernement a permis la formation de 808 jeunes et femmes dans les métiers liés à l’aquaculture.
Au niveau de la concurrence accrue avec les importations de produits aquacoles congelés qui pèse lourdement sur la filière locale, rendant difficile l’écoulement de la production nationale, le gouvernement a privilégié le prélèvement compensatoire sur les importations de produits halieutiques pour appuyer la filière.

Il faut souligner que le secteur des ressources animales et halieutiques a un fort potentiel économique et de développement dans lequel le privé a un rôle prépondérant à jouer. En effet, plusieurs niches d’investissements peuvent être exploitées tout le long des chaines de valeurs animales et halieutiques. Il s’agit entre autres, de la production carnée (viande) dont les investissements génèrent un chiffre d’affaires cumulé de plus de 268 milliards de FCFA. Quant à celui du lait, il est estimé à environ 54 milliards de FCFA.
Au niveau de l’aquaculture, les investissements concernent la production de poissons marchands et d’intrants (alevins, aliments…) pour un chiffre d’affaires potentiel de près de 586 milliards de FCFA. En ce qui concerne la pêche, ce sont 14 milliards de FCFA de chiffre d’affaires potentiel après un investissement dans le renouvellement de la flotte artisanale et la fabrication d’engins de pêches.
Sandra KOHET