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Filière coton- Du biochar fabriqué avec l’appui brésilien pour aider les cotonculteurs Ivoiriens

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Une délégation de l’Agence Brésilienne de Coopération (ABC) et de l’Association des Producteurs de Coton de Minas Gérais du Brésil (AMIPA) a séjourné à Korhogo, du 02 au 08 février 2025. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la coopération entre l’Etat de Côte d’Ivoire et l’ABC matérialisée par une signature de convention en décembre 2022 dans le cadre du développement de la coopération Sud-Sud.

Conduite par Pr Guillerme Lopes, spécialiste en fertilisation des sols, et Pr José Marques, coordonnateur de programme à l’université fédérale de Lavras (Brésil), l’équipe brésilienne a dirigé une session de formation sur l’utilisation du calcaire dans la fertilisation des sols. Cette activité fait suite à une série de formation entamée depuis 2023, et vise à rétablir la santé des sols fortement dégradée par l’usage des engrais chimiques. Cela consiste à orienter la fertilisation des sols vers l’utilisation du calcaire comme engrais biologique. Les acteurs de mise en œuvre de cette formation à savoir le Conseil du Coton et de l’anacarde, les sociétés cotonnières (Inter Coton, COIC, Ivoire Coton, Global Coton, SECO OLAM), les structures étatiques CNRA, FIRCA, et la fédération des producteurs se sont retrouvés sur le site d’observation de recherche sur le coton de la Société Cotonnière Ivoirienne (COIC). Durant cinq (5) jours, quatre (4) tas d’ordures et deux tas de déchets carbonisés ont été réalisés sur une parcelle de 2 ha mise à disposition pour cette séance d’expérimentation en vue de faire du compost et du biochar pour la fertilisation des sols lors des labours de la prochaine campagne cotonnière 2025-2026.

S’agissant de l’unité de traitement de fertilisation sur la parcelle d’expérimentation, les experts brésiliens expliquent que l’objectif est d’installer les plans démonstratifs pour que les agriculteurs dans quelques mois puissent venir voir les différents traitements du coton.

« Il faut noter que le climat du Brésil est semblable à celui de la Côte d’Ivoire. Nos sols au Brésil sont plus pauvres que le sol ivoirien. Mais on produit cinq (5) fois plus dans le même type de sol et de climat, avec 5 tonnes par hectare. Alors qu’ici en Côte d’Ivoire la production est d’une tonne pour la même surface » révèle Pr José Marques, coordonnateur de programme.

Ce partenariat qui vise à endiguer l’érosion des sols, le placement des terrassements, et la fertilité des sols à travers la défense et la restructuration des sols est beaucoup apprécié par le sous- directeur des cultures annuelles à la direction des cultures pérennes et d’exportations au ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Kouakou Donatien.

« L’usage abusif et en grande quantité des engrais chimiques sont de grandes problématiques auxquelles est confrontée la filière coton parce que le coût des intrants commence à prendre l’ascenseur. Et à chaque fois nos producteurs s’en plaignent. Et nous ne sommes pas à l’abri de tout ce qui est norme de certification en termes d’usage rationnel de la fertilisation et de gestion environnementale », a fait savoir Kouakou Donatien.

Les acteurs du bassin cotonnier également se réjouissent de l’opportunité qui leur est offerte pour « améliorer les performances de la filière tant en termes de rendement au champ, que de qualité du coton graine. » « Pour nous, ce projet va apporter les innovations déjà utilisées au Brésil que nous pourrons expérimenter avec nos producteurs », a expliqué Dr Koné Klana, chef cellule semence et recherche à Ivoire Coton. Les principaux résultats obtenus au terme de la mission sont la formation des principaux acteurs de la filière coton sur la fertilisation à l’amendement calcaire, 30 tas de déchets ont été constitués pour la fabrication du compost, et quatre tonnes de biochar ont été obtenus.

 

              ARS et Fanta Makagbè, correspondante régionale