La Côte d’Ivoire ne revivra pas les tragiques événements de 2010-2011. A raison. Le décor n’est pas le même, pas deux armées face à face, pas des hordes de jeunes miliciens enivrés pour casser du rebelle. En 2020, l’élection devait mettre aux prises, des partis politiques ou candidats indépendants. Au final, Aimé Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’guessan, Kouadio Konan Bertin et Alassane Dramane Ouattara étaient sur la ligne de départ. L’élection s’est tenue dans des conditions regrettables avec des empêchements de vote découlant de l’appel à la désobéissance civile lancée par l’opposition.
Trois jours après le vote du samedi 31 octobre 2020, avec son corollaire de morts, de destruction de biens privés et publics, une peur instaurée dans l’esprit des ivoiriens, c’est le moment des grandes interrogations. Que va-t-il se passer ? Suivant les informations sur l’ensemble du territoire national, rien de spécial si ce n’est un quartier de Yamoussoukro qui assure la permanence de la résistance armée.
A Diabo, des hordes de jeunes, des idiots utiles, ont isolé la ville de Bouaké, la capitale régionale. La nuit tombée, ils se transforment en des braqueurs avec des fusils calibre 12. Deux nuits de suite sans qu’il n’y ait course poursuite avec ces militants ou manœuvres de l’opposition, devenus des brigands.
Entre temps, Affi N’guessan a annoncé la mise en place du « conseil national de transition avec pour président Henri Konan Bédié ». Et la CEI a donné les résultats finaux de l’élection présidentielle qui voit la victoire d’Alassane Ouattara, le candidat du RHDP 94.27% de taux de participation avec 3 031 483 voix. « Est donc élu Président de la République, Monsieur Alassane Ouattara » a indiqué Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), lundi 2 novembre 2020.
A voir les ivoiriens chercher à avoir des nouvelles de différentes localités, est le signe de la fébrilité qui a gagné les esprits. La peur s’est installée et pour l’heure, à l’exception de la zone de Yamoussoukro où se concentrent les opérations de sécurisation, quelques localités restent encore à pacifier.
S’il est de bon aloi pour Bédié et ses suiveurs de lancer des mots d’ordre de boycott de l’élection présidentielle, il est normal pour d’autres ivoiriens de vaquer à leurs occupations. Affi, ancien Premier ministre, Bédié, ancien président de la République, Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre, ne connaissent pas les soucis de fin de mois comme un grand nombre de leurs compatriotes.
Avec la confirmation de l’élection d’Alassane Ouattara, qui poursuivra pour les cinq ans à venir, son programme de développement qui n’empêche pas des voix de s’élever pour dénoncer la pauvreté grandissante dans le pays, il faudrait très rapidement réinstaurer la confiance. Les opérateurs économiques du secteur du transport terrestre, sont en arrêt involontaire du fait de l’insécurité sur les axes routiers.
Auront-ils droit à une exonération fiscale ?
En attendant les premières grandes décisions du nouvel élu, il urge de reconstruire la confiance par la sécurité. La vie d’un pays ne se limite pas à une élection ne saurait conduire à une rébellion. La puissance publique et l’autorité de l’Etat devraient s’exprimer afin de rassurer la population, les potentiels investisseurs et les travailleurs.
A.RS