Des officiers de police judiciaire des administrations ayant des compétences maritimes, ont achevé le stage sur «l’exercice des pouvoirs de police en mer : le cas de vol à main armée, piraterie maritime et trafics illicites » qui visait à leur donner l’ensemble des techniques et rudiments nécessaires à une mise en œuvre efficace des missions de police en mer. La cérémonie de clôture de ce stage organisée par l’Institut de Sécurité Maritime Interrégional (ISMI) de l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM) dans le cadre du Projet SWAIMS de la CEDEAO, financé par l’Union Européenne, s’est tenue le vendredi 25 novembre 2022 à l’ARSTM à Abidjan Yopougon. Les travaux ont duré deux mois depuis le 19 septembre 2022, en ligne et en présentiel.
Chargé de la mise en œuvre concrète de l’enquête, l’Officier de Police Judiciaire (OPJ) constitue selon le Lt Colonel ABE Aké Lazare directeur de l’ISMI, l’un des rouages indispensables de la procédure pénale. Il demeure, à ce titre, poursuit-il, l’un des principaux auxiliaires du Procureur.
“La spécificité des infractions commises en mer nécessite qu’il dispose de formation adéquate afin que les formes imposées aux divers actes d’enquête garantissent la régularité des opérations et de protéger les droits des mis en cause” a indiqué Abé Lazare. Il a expliqué que “depuis quelques décennies, l’espace maritime du golfe de Guinée, y compris les États de la CEDEAO et de la CEEAC, sont menacés par diverses activités illégales qui mettent en danger non seulement le développement économique de la région et les moyens de subsistance des communautés locales, mais aussi le commerce international.” Et de préciser que “Les principales menaces dans la région sont les activités criminelles transnationales, telles que la piraterie, les vols à main armée contre les navires, le trafic d’armes, les prises d’otages et le terrorisme qui avec la menace djihadiste un est défi plus que d’actualité ».
Pour sa part, Colonel DIENG Abdourahmane, chef de division sécurité régionale de la CEDEAO a relevé que “Le domaine maritime de la CEDEAO s’étend du nord du Sénégal, à la frontière de la Mauritanie, à la région du delta du Niger jusqu’à la frontière maritime du Nigeria.” Il comprend l’océan Atlantique avec des extensions des voies navigables intérieures riches de leur diversité : fleuves, lagunes, lacs, îles, archipels, estuaires, deltas, marais et forêts de mangroves. Onze des quinze États membres de la CEDEAO ont un littoral de 2 868 milles nautiques.
“90% des échanges extérieures des Etats de la CEDEAO se déroulent par voie maritime. D’où l’importance stratégique de la mer et ses ressources pour le développement économique et social des Etats de la CEDEAO y compris les Etats de l’hinterland” a-t-il renchéri pour situer l’importance de la sécurisation de cet espace. “Malheureusement, cet espace maritime est devenu depuis plus d’une décennie la proie de grands prédateurs sans foi ni loi, qui écument nos océans à la recherche du gain facile” a regretté le Colonel DIENG Abdourahmane.
Tout le sens du Projet SWAIMS « Appui à la Sécurité Maritime Intégrée de l’Afrique de l’Ouest », né de la volonté de la CEDEAO à mettre en place sa Stratégie Maritime Intégrée en vue d’apporter des solutions à l’ensemble de ces menaces et surtout promouvoir le développement des économies maritimes des Etats de la région.
Adam’s Régis SOUAGA et sercom ARSTM